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Aux États-Unis, des salles de sport atypiques comme rempart contre l'addiction

  • 02 août 2026 12:03

Aux États-Unis, un modèle alternatif refait surface pour prévenir les rechutes chez les personnes dépendantes. Actuellement en plein essor, ce concept s'appuie sur des espaces sociaux s'articulant autour du sport, du café, de la musique ou encore de la méditation. 

À sa sortie de cure de désintoxication, Kylie Corbitt (37 ans) s'est heurtée à une réalité brutale. L'isolement s'est fait une place dans sa vie autant que son ancien entourage consommateur. Ne se retrouvant pas dans les Alcooliques Anonymes, elle a décidé de rejoindre le Phoenix, une salle de sport gratuite exigeant un engagement clair : une sobriété d'au moins 48 heures avant chaque séance. 

Grâce au CrossFit et à l'escalade, la trentenaire a pu reconstruire une routine sobre et saine, fondée sur la solidarité. "On ne passe pas nos journées à parler d'addiction, on parle de retrouver la santé", explique-t-elle au New York Times, précisant que cet espace particulièrement accueillant lui a permis de se "sentir à nouveau humaine", de nouer des relations et de s'engager aujourd'hui comme bénévole.

En plus des traitements traditionnels 

En complément des soins médicaux classiques, ces structures sans alcool ni drogue répondent au besoin critique de recréer du lien social pour lutter contre la solitude et l'ennui, deux facteurs majeurs de rechute. Comme l'indique le docteur John Kelly, directeur du Recovery Research Institute, ce concept connaît depuis quelques années un essor fulgurant. Les centres Recovery Café (avec café et repas chauds gratuits) sont passés de 21 établissements en 2020 à 92 en 2025, tandis que les inscriptions au Phoenix ont bondi de 20 000 à plus de 433 000 sur la même période. 

Selon l'organisation Phoenix, 83 % de ses nouveaux membres restent sobres après trois mois, rapporte le média Slate. Même si ces lieux reposent avant tout sur la motivation personnelle et la confiance (pas question de dépistages ici), une étude préliminaire du Dr Kelly révèle que les pratiquants connaissent une nette diminution des problèmes liés à la dépendance : soucis financiers, relationnels ou troubles comportementaux. 

Dina Gonsalves-Perez, l'une des membres de l'équipe du Phoenix, elle-même en rétablissement pour addiction à l'héroïne, résume parfaitement la philosophie de ces espaces atypiques et ouverts : "La guérison n'est pas imposée, mais vous n'êtes jamais seul."

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