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Kia K4 Sportswagon – Un break sans pause

  • 19 oct. 2026 13:00

Le constructeur sud-coréen Kia n’est pas qu’obnubilé par la voiture électrique. À l’image de la nouvelle K4, remplaçante de la Cee’d, qui se décline aussi en break compact Sportswagon. Sous le capot, je profitais du moteur 1.6 l de 150 ch, haut de gamme d’un catalogue acceptant aussi un 1.0 l de 115 ch avec ou sans microhybridation. Chargeons… le coffre et testons cette Kia K4 allongée.

Kia K4 Sportswagon

La ligne de la Kia K4 Sportswagon est plutôt acérée, reprenant forcément le faciès de la berline K4. Toutefois, la ligne est plus étirée. La flèche de la chute de toit est même renforcée par la remontée de la base de la custode arrière. Ce qui donne un profil très dynamique pour celle qui remplace la Cee’d SW. La K4 SW est d’ailleurs beaucoup plus engageante au niveau du style, à l’image de ses feux de jours, de son bouclier avant et du dessin des feux arrière. Cette voiture – construite au Mexique – est également imposante avec 4,70 m de long (près de 10 cm de plus que la Cee’d SW). Pour autant, elle garde une certaine finesse avec sa ligne de toit culminant à 1,44 m.

Kia K4 Sportswagon

Sous le capot, point d’électricité. J’ai pu découvrir cette voiture avec son « gros » moteur à combustion interne : un 4-cylindres 1598 cm³ essence 1.6 T-GDi de 150 ch (110 kW) associé à une boîte robotisée à double embrayage DCT à 7 rapports. Il y a bien une solution microhybride dans le catalogue, mais avec un 3-cylindres 998 cm³ de 115 ch. Dans certains marchés, en particulier en Belgique, ces motorisations n’ont aucune chance en entreprise. Dont acte ! C’est donc vers les particuliers que se tourne Kia avec cette K4 Sportswagon. Et en choisissant le 1.6 l, on s’offre même une certaine nostalgie automobile.

Kia K4 Sportswagon

Ergonomie mi-tactile, mi-physique

Malgré ce qui pourrait passer pour de l’anachronisme aux yeux des plus progressistes, la Coréenne n’en reste pas moins une voiture moderne. Son tableau de bord est surmonté par une grande dalle intégrant le combiné numérique de 12,3", l’écran de la climatisation de 5,3" et l’écran central de 12,3". Le petit écran du milieu est peu visible à cause du volant, mais une flèche sur la dalle principale permet de le faire basculer sur l’affichage central. En même temps, on peut s’épargner cette manipulation parce que la Kia K4 a gardé de vrais boutons pour la climatisation, mais aussi pour d’autres fonctions. 

Kia K4 Sportswagon

Une rampe sous l’écran propose des commandes physiques renvoyant vers les menus principaux. Il y a une étoile pour personnaliser un bouton, comme sur le volant. Il y a aussi des boutons ailleurs sur la console ainsi que quelques-uns sur les portes pour les sièges chauffants et ventilés, et le volant chauffant. Encore une fois, rien à redire sur l’ergonomie selon Kia. Jusqu’à la coupure de l’alerte de vitesse via le bouton Mute du volant. Cela n’empêche pas l’écran central de proposer pléthores de réglages et de solutions tactiles. Il y a aussi la possibilité de surveiller la voiture à distance et de contrôler certaines de ses fonctions (dont les vitres, les portes et la climatisation) avec l’app Kia.

Kia K4 Sportswagon

Ambiance à bord

Toutefois, les matériaux sont sombres, malgré les touches de gris clair du cuir végan dans notre finition GT-Line. Le mobilier n’a pas l’audace du design extérieur. En corollaire, cela semble solide. L’aménagement reste efficace et classique avec les espaces de rangement habituels. On est bien sûr curieux de voir ce que le coffre de ce break propose. Première surprise : sous la planche du plancher, il n’y a pas de gouffre caché. À la place, il y a divers bacs de rangement qui amputent quelque peu les 604 l disponibles. Il faudra donc se contenter des 482 l que la voiture propose au niveau du seuil du hayon électrique pour la charger. 

Kia K4 Sportswagon

Une petite soirée d’anniversaire montrera les limites quand il s’agit de transporter les caisses du matériel pour la sono. Pas question de les superposer. En soi, la Kia K4 Sportswagon offre 1439 litres en rabattant les sièges 60/40, sans bouton dans le coffre pour le faire, en tenant compte des espaces de rangement sous le plancher. 1317 l si on n’en tient pas compte (ou que l’on a une version microhybride de 115 ch, la batterie occupant alors cet espace). Notez qu’il y a un espace prévu pour ranger le couvre-bagages sous la paroi, des crochets et des œillets d’arrimage.

Kia K4 Sportswagon

Bivalente

Au poste de conduite, il est possible d’adopter une position de conduite basse pour bien se distinguer d’un SUV. Histoire de se rappeler d’une autre époque. Celle où l’on avait un gros levier sélecteur pour la boîte automatique. Eh bien, Kia vous a entendus : il est bien là. Avec sa grosse poignée noire et son bouton chromé pour l’enclenchement. Un petit air suranné qui sied à cette voiture oscillant clairement entre hier et aujourd’hui. 

Kia K4 Sportswagon

Rassurez-vous, il y a des prises USB-C à l’avant et à l’arrière. Et l’affichage central peut basculer en Apple CarPlay ou Android Auto, sur toute la largeur. Les boutons sous la rampe permettent de basculer directement vers les fonctions du système intégré, notamment pour la radio. À l’arrière, l’empattement de 2720 mm laisse de la place pour les jambes. Le toit évite de chatouiller systématiquement le crâne des adultes. Et quand il est ouvrant (en option), il apporte lumière et sensation d’espace. L’accoudoir central peut se muer en trappe à skis. Pour accéder à bord ou s’extraire de cette voiture, les poignées de maintien n’ont pas été oubliées. Kia, mammy vous dit merci.

Kia K4 Sportswagon

En route

Prendre le volant de la Kia K4 Sportswagon, c’est retrouver la saveur du thermique. Avec aussi ses petits aléas. Ainsi, le couple de 250 Nm demande la bonne plage de régime pour être sublimé. Il y a des palettes au volant pour aider le break à la relance. D’autant que la boîte est un peu paresseuse à rythme soutenu. De plus, son châssis semble davantage réglé pour assurer de longs relais confortablement que pour accepter des freinages appuyés. Néanmoins, ses montées en régime linéaires assurent une conduite sereine et plaisante. Et je ne peux pas dire que je me suis senti grugé ou en insécurité. Toutefois, c’est sur les voies autoroutières et sur un style de conduite pas trop nerveux que la Kia va montrer son vrai caractère. Celui d’un break docile et capable d’absorber les irrégularités avec franchise et douceur, où les suspensions sont capables de soulager les pneus 18 pouces. 

Kia K4 Sportswagon

Le sentiment au poste de conduite est clairement celui de la quiétude, quelque peu perturbé par les souffles du moteur de 150 ch en accélération. L’affichage tête haute (option) et le régulateur de vitesse adaptatif permettent de fixer l’horizon et les abords sans stress. Le tout dans une ambiance musicale assurée par les 8 haut-parleurs répartis dans l’habitacle. De quoi partir en vacances en famille avec un véhicule de 1614 kg plus près de la route et plus ancré au bitume qu’un SUV. Cela influe aussi sur la consommation. Sans hybridation, notre K4 Sportswagon a une consommation WLTP officielle de 6,7 l/100 km (153 g CO2/km). Durant notre essai, ses besoins en pétrole E10 ont plutôt dépassé les 7 litres, avec une moyenne de 7,4 l/100 km sur un parcours avec de nombreux tronçons à 120 km/h. En conduite calme hors agglomération, il est possible de rester sous les 7 l/100 km et même d’espérer 6,5 l/100 km en étant très anticipatif. En conduite plus dynamique, les 8 l/100 km se pointeront à l’horizon. De même en ville dans un trafic dense. 

Kia K4 Sportswagon

Les prix

Sur les marchés européens, la gamme de la Kia K4 Sportswagon débute généralement aux alentours des 30.000 € (29.990 € en Belgique) avec le petit 3-cylindres 1.0 l turbo de 115 ch à boîte manuelle (en finition d’accès). Bien qu'il constitue une porte d'entrée intéressante, ne vous attendez pas au même agrément de conduite qu’avec le bloc 1.6 l de notre essai. Une alternative intermédiaire s'offre toutefois avec la déclinaison 1.0 l à microhybridation (MHEV), dont les tarifs oscillent entre 32.000 € et 35.000 € environ, selon le niveau d'équipement et le choix de la transmission (manuelle ou robotisée DCT7). Pour profiter de la souplesse du 4-cylindres 1.6 l de 150 ch, il faut obligatoirement monter en gamme vers des finitions supérieures, faisant grimper le ticket d'entrée autour des 38.500 €. Le sommet de l'offre est quant à lui incarné par la finition GT-Line, qui propose même une déclinaison de 180 ch dépassant la barre des 41.000 € (hors taxes spécifiques ou malus selon les pays). Pour notre part, nous avions entre les mains la version GT-Line de 150 ch, agrémentée de quelques packs optionnels.

Kia K4 Sportswagon

En Belgique, la voiture de notre essai coûte 40.290 € de base (octobre 2026). Il faut toutefois ajouter la bonne teinte de carrosserie Morning Haze à 800 €. Il y a aussi le pack « Premium Seat » à 900 € obligatoire pour la sellerie en cuir végan noir et blanc avec en prime les sièges chauffants et ventilés à l’avant et chauffants à l’arrière. Le pack Tech avec l’affichage tête haute et la caméra de recul à 360° ajoute encore 1700 € à l’addition. Quant au toit ouvrant, il est ajouté pour 900 €. En soi, on a là une Kia K4 Sportswagon GT-Line 150 ch full option à 44.790 €. Au Grand-Duché de Luxembourg, le prix final affiche 43.309 € par la grâce de la TVA (39.151 € sans les packs). 

Kia K4 Sportswagon

En France, Kia ne propose pas la K4. Invendable à cause du malus ! Mais cela pourrait changer avec l'arrivée prochaine d'une variante hybride, présentée en berline au Mondial de l'automobile à Paris à la mi-octobre. En Suisse, l’importateur peut se contenter des 1.6 l de 150 ch et 180 ch. Notre version GT-Line de 150 ch n’y existe pas (il faut prendre la 1.6 T-GDi à 180 ch). À la place, on peut se tourner vers la Power de 150 ch à partir de 34.950 CHF. Sinon, en GT-Line 180 ch se négocie à 46.800 CHF. Et pour 800 CHF de plus, les Alpes danseront avec un système audio Harman Kardon.

Kia K4 Sportswagon

Le verdict

Je me suis bien amusé au volant de la Kia K4 Sportswagon. Sans doute aussi parce que je suis un boomer qui a commencé à conduire à la fin des années 80. Et que ce break a un petit parfum de nostalgie avant que l’électricité ne finisse par faire disparaître les blocs à combustion interne sous le capot. Avec cette voiture, Kia prouve aussi que le break compact traditionnel a encore de solides arguments à faire valoir, surtout lorsqu'il arbore un coup de crayon audacieux. En faisant le choix du bloc thermique 1.6 T-GDi de 150 ch, on évite aussi de perdre du volume de chargement avec la batterie. Raté : Kia y a mis des bacs de rangement à la place. Pratiques, oui, mais quand il faut déménager, c’est moins sympa. 

Kia K4 Sportswagon

Ce break compact au design actuel à l’extérieur peut donner de bons coups de rein, malgré une boîte automatisée un peu paresseuse. Cette voiture coréenne s'adresse avant tout aux familles et aux particuliers en quête d'un véhicule thermique simple et confortable en roulant entre 600 km et 750 km entre deux pompes. L’absence d’une vraie hybridation le met d’emblée pourtant hors jeu dans certains pays, comme la France. Dommage ! D’autant que la K4 SW est dotée d'une technologie à jour avec l'intelligence d'une bonne ergonomie physique. Son prix peut vite grimper en optant pour la finition GT-Line, mais il y aura peu d’options à ajouter. La rassurante garantie de 7 ans peut aussi justifier l'investissement pour ceux qui fuient la mode des SUV électrique. Par contre, tant que cela ne se sera pas calmé au Moyen-Orient, le budget carburant restera handicapant.

Kia K4 Sportswagon

Texte et photos : © Olivier Duquesne

Kia K4 Sportswagon
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