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Kia Sportage hybride à l’essai – par delà les frontières

  • 29 juin 2026 13:30

SUV incontournable de la gamme Kia, la Sportage s’est refait une beauté. Avec ce restylage, l’électrification se limite à des solutions hybrides rechargeables ou non. C’est la seconde solution que j’ai pu tester. La Coréenne est-elle en mesure de garder son rôle de figure de proue ?

La Kia Sportage a une belle carrière. Au point de devenir une référence dans le segment très concurrentiel des SUV compacts. Cette mise à jour technologique et stylistique entend bien surfer sur la vague. Mais sans trop d’électricité, puisque le catalogue garde toujours du thermique sous le capot, plus ou moins aidé par la fée électricité. Pour cet essai, entre Belgique et Pays-Bas, j’ai pu prendre le volant de la solution hybride non rechargeable de 239 ch en traction. Mais il existe aussi une variante à transmission intégrale.

Coups d’œil

La nouvelle signature Sportage est évidente à l’extérieur. La calandre plus rectangulaire se rapproche du design des dernières nouveautés… électriques de la marque. Les feux de jour "Constellation" descendent jusqu’à la base du bouclier selon les préceptes actuels du "Star Map" Kia. Le SUV a donc plus de prestance. La partie postérieure est moins retravaillée avec un dessin modernisé des feux arrière et des retouches au bouclier arrière. Même s’il y a une nette rupture avec le caractère plus agressif du museau. Le SUV gagne aussi 2,5 cm, mesurant désormais 4,53 m. 

La découverte du cockpit n’en est pas vraiment une. On retrouve l’agencement typiquement Kia avec quelques figures de style de la Sportage d’avant facelift. Il y a donc toujours la rampe de commande tactile à double menu. Il faut cliquer sur le ventilateur ou la flèche de navigation pour passer d’une suite de raccourcis à l’autre (climatisation ou infodivertissement). Les deux dalles mesurent toujours 12,3 pouces. Il y a enfin la réplication de l’OS du smartphone sans câble pour Android Auto et Apple CarPlay. Il n’y a pas encore le 3e écran intercalé des dernières réalisations de la marque. Tant mieux, dirais-je ! Le volant est tout nouveau. Au dessin inédit, il se contente désormais de 2 branches. Autre subtilité de restylage, les aérateurs ont été rendus plus discrets sur la bande du tableau de bord.

Moteur

Le bouton start-stop est au pied de la console près de la molette du sélecteur de vitesse. Ce n’est donc pas le commodo des Kia EV (électriques). Il active la combinaison hybride de 239 ch et 380 Nm partagés entre un 4-cylindres 1.6 l de 180 ch et un moteur électrique de 65 ch (48 kW) et 250 Nm. La batterie lithium-ion de 1,49 kWh se contente de récupérer l’énergie par régénération. Sans jamais se vider complètement. 

Le moteur électrique n’est pas du genre à faire la sieste. Il permet de mouvoir le SUV durant les phases de manœuvre. Mais surtout, il n’hésite pas à prendre le relais à des vitesses plus importantes. Certes, l’autonomie est très limitée. Toutefois, les transitions entre les différents modes de propulsion sont naturelles. Il y a peu de vibrations lors du redémarrage des pistons.

J’ai emmené cette Kia Sportage sur divers parcours, dont un vers l’étonnant village mixte belgo-néerlandais Baerle-Duc (Baarle-Hertog) et Baarle-Nassau. Une zone d’une trentaine d’enclaves et contre-enclaves frontalières où les changements de pays se succèdent à un rythme effréné. Au point de rendre le GPS un peu fou à force d’afficher les règles de limitations de vitesse à chaque changement territorial. Ceci dit, cela ne l’a pas empêché de me guider. Belle stabilité aussi pour la navigation projetée du smartphone avec Android Auto. 

Palettes multifonctions

Par contre, à Baarle-Nassau/Hertog, on évitera le moindre accrochage pour ne pas reproduire l’incident juridique des années 50. Blague à part, la Kia Sportage dispose bien évidemment des ADAS (aides à la conduite) dernier cri. Et comme toute Kia, il est très facile de couper l’alerte de vitesse via le bouton "Mute" sur le volant. Même si, ici, il est bon de le garder actif pour ne pas s’y perdre. Ou alors, on se contente des indications de l’affichage tête haute. Pour gérer manuellement les changements de rapport en mode Sport ou la récupération d’énergie en mode Eco, il y a des palettes derrière le volant. Elles sont à la fois discrètes et à portée de main.

Avant de lancer la Kia en conduite dynamique, j’ai adopté le rythme découverte entre village, frontières et campagne. La plupart du temps j’ai roulé avec la régénération en position intermédiaire (2 sur 3). Cela me donne assez d’inertie au lever de pied, sans déranger la batterie dans sa quête d’énergie. J’ai changé cela vers plus ou moins de "frein moteur" en fonction des besoins. C’est plus par confort que par optimisation que j’ai utilisé cette solution. En effet, la Kia Sportage a montré une belle sobriété générale : entre 5,4 l/100 km et 5,9 l/100 km sur mes balades belgo-néerlandais. À un rythme moins touristique, essentiellement autoroutier à 120 km/h et citadin, j’en étais à 6,4 l/100 km. 

Cela montait un peu plus en mode Sport, activable via un bouton en bas à gauche sur la branche du volant, où le moteur essence ne se coupe jamais. En cravachant le SUV, on peut facilement grimper à plus de 8 l/100 km. D’autant qu’ici, les palettes permettent de changer manuellement de rapport. Et donc aller chercher des montées en régime. La consommation dépendra beaucoup du style de conduite, malgré l’aide électrique. Anticipation et stabilité seront synonymes de 6 à 7 l/100 km. Par contre, un pied droit énervé fera monter bien vite sa soif d’octane.

Gentleman driver

Docile et confortable au trot, la Sportage peut facilement passer au galop. L’exercice ne lui fait pas peur. Et le conducteur saura vite quand calmer ses ardeurs par sa prise de roulis ou le sous-virage, voire un bip-bip. Certaines alertes pèchent par manque de discrétion et désactivation à l’écran, comme celle s’activant à chaque signalisation de limitation de vitesse. Il faut alors passer par le menu ADAS. Un menu que l’on peut rendre accessible plus aisément avec l’une des deux étoiles de personnalisation : soit sur le volant, soit sur la rampe tactile. Gommette de bon point pour l’assistant de maintien de voie qui travaille efficacement sans brider le "pilotage" à la corde des virages. Bref, elle adopte un comportement neutre légèrement dynamisé avec prise de roulis contrôlée. 

L’agrément de conduite est notamment lié à la boîte automatique à convertisseur de couple à 6 rapports. Cela lisse les changements de vitesse. De plus, Kia a ajouté des matériaux insonorisants et installé un nouvel amortisseur sur le berceau avant pour mieux filtrer les bruits de roulement et les vibrations. Les dos d’âne se grimpent aisément et les mauvais revêtements vont plus gêner la motricité que le confort à bord. En effet, malgré les 19 pouces de la finition GT-Line, le SUV reste serein sur les pavés.

Soutien de famille

La nouvelle Kia Sportage est compatible avec une clé numérique via Smartphone dans sa finition GT-Line. Un accès qui peut se partager entre 7 personnes ! Certes, le SUV compact ne transportera que 5 personnes, dont 4 avec un vrai confort. La banquette est vraiment accueillante, aidée par les 1,87 m en largeur et 1,65 m en hauteur. Les passagers avant sont également bien reçus. La canicule durant notre test a été plus facile à appréhender avec les sièges ventilés. Pour l’hiver, ils sont bien sûr chauffants, tout comme le volant. Tout cela se gère via des boutons entre les sièges. Attention : c’est en option. Par contre, le chargeur à induction est trop directement exposé aux rayons du soleil traversant le toit ouvrant. Surchauffe garantie. Sauf si vous avez pris soin de fermer le couvercle.

La Kia Sportage affiche quelques plastiques durs, mais globalement, la finition est flatteuse. En tout cas, elle ne manque pas de prises USB-C. D’autant plus que ce modèle est connecté, y compris pour un contrôle à distance via l’app My Kia. Il est aussi possible de le déplacer en utilisant la clé comme télécommande. Très utile pour la sortir ou la rentrer dans une place étriquée. Cette fonction s’effectue bien évidemment à très faible vitesse en étant à proximité du véhicule pour le contrôler tout autant du doigt que du regard. 

La petite batterie étant installée sous la banquette, elle n’entrave pas le volume du coffre. La Kia Sportage GT-Line offre jusqu’à 587 l sous le couvre-bagages en fonction de la position du plancher ajustable à deux niveaux. Sur le niveau supérieur, il permet un espace plat en rabattant la banquette 40/20/40. En voulant tirer le maximum de volume utile, on peut disposer de 1776 l jusqu’au toit. Les espaces de rangement à bord sont suffisamment nombreux pour caser ses affaires du quotidien. Malheureusement, le box central n’est pas réfrigéré et il est trop juste pour y stocker une bouteille de 1 litre.

Les prix

Cette déclinaison hybride HEV se situe à mi-chemin tarifaire entre celle à essence microhybridée et l’hybride rechargeable PHEV. En essence MHEV de 150 ch à boîte manuelle, le prix tourne autour des 35.000 € sur le marché européen. Elle a toutefois quasiment disparu du catalogue français à cause du malus et n’est pas proposée aux Pays-Bas (la taxe BPM la rend invendable). La version hybride rechargeable de 288 ch se négocie aux alentours des 45.000 €. Quant à notre motorisation HEV, les prix dépendent un peu plus de la fiscalité avec une fourchette entre 38.000 € et 44.000 € selon le pays. Mais c’est avec la finition qui se contente d’un combiné numérique de 4,2 pouces derrière le volant.

Notre modèle d’essai Kia Sportage 1.6 T-GDi HEV GT-Line à jantes 19 pouces et double écran 12,3 pouces coûte 46.890 € en Belgique. Toutefois, il faut ajouter la couleur Lunar Silver avec toit noir Black Pearl (1450 €), le pack Panorama avec le toit ouvrant, l’affichage tête haute et (c’est mesquin) l’éclairage du coffre (1600 €) et le pack Premium avec les sièges ventilés et chauffants en sellerie en cuir végan et Alcantara ainsi que la sono Harman Kardon (1700 €). La douloureuse passe ainsi à 51.640 €, avec la garantie Kia de 7 ans (bien lire le contrat). Au Luxembourg, la même voiture est vendue, par la grâce de la TVA, à 49.933 €.

En France, il faut se tourner vers la HEV GT-Line Premium en bicolore Gris perle avec le pack techno pour trouver globalement le même modèle que sur les images, mais sur des jantes de 18 pouces et avec un peu moins d’équipement. Son prix : 51.100 €. En Suisse, la motorisation HEV en GT-Line est obligatoirement associée à la transmission intégrale. La voiture a d’office l’affichage tête haute, l’audio Premium et les sièges et volant chauffants. Toutefois, avec le toit ouvrant panoramique à 1500 CHF, on est déjà à 58.890 CHF, hors rabais. 

Aux Pays-Bas, par le jeu des taxes, l’hybride rechargeable est au même prix que la non rechargeable. Soit ! Le modèle essayé ici doit être en GTPlus-Line pour avoir les 19 pouces et la plupart des options décrites, dont le toit panoramique. Le prix est alors de 54.190 € (52.995 € plus 1195 € pour la teinte bicolore). Enfin, au Royaume-Uni, c’est la finition GT-Line S de 42.595 £ avec 825 £ pour la carrosserie bicolore Lunar Silver / Black Roof, 1136 £ pour les 19 pouces et 592 £ pour l’éclairage LED de l’habitacle et du coffre, soit 45.148 £.

Verdict

En hybride classique, la nouvelle Kia Sportage restylée ne va pas bousculer les habitudes. En roulant normalement, elle peut assurer des relais de plus de 700 km d’une traite sur autoroute. En ville, son moteur électrique va limiter les dégâts. C’est hors agglomération que son hybridation fait des merveilles. On peut même réduire la consommation à moins de 6 l/100 km, soit 850 km de balades tranquilles entre deux stations-service. Mais ce SUV de 239 ch, dont 180 ch sont issus de son 4-cylindres turbo essence, n’est pas qu’un argument anti-EV. C’est aussi une voiture conçue pour la vie quotidienne d’une famille lambda. Elle est confortable et polyvalente.

Le conducteur peut tenter quelques sorties de virage vives grâce au couple instantané du moteur électrique et à son châssis (0 à 100 km/h en 7,9 s). Dans la mesure où cela reste malgré tout un SUV avec ses limites. Sur autoroute, le voyage sera serein, surtout en réglant correctement les aides à la conduite. Les passagers trouveront une voiture conçue autour du confort pragmatique et de l’habitabilité. Toutefois, il faudra chercher les finitions supérieures pour profiter au mieux de ce que Kia a à offrir. Ce qui fera forcément augmenter le budget final. 

Texte et photos : © Olivier Duquesne

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