Elles s’appellent Solterra (l’aïeule revisitée), Uncharted et e-Outback. Ce sont les nouvelles Subaru 100 % électriques. Trois nouveaux modèles, EV donc, qui relancent une marque qui a eu besoin d’un peu de temps pour entamer sa transition. La fin du Boxer va-t-elle tuer l’âme des Pléiades ?

Ne vous y trompez pas, la plateforme e-Subaru Global Platform de ces 3 modèles cache en fait l’architecture e-TNGA de Toyota développée conjointement. Dès lors, les Uncharted, Solterra et e-Outback sont-elles des clones des bz4x, CH-R+ et bz4x Touring ? Pas tout à fait. C’est moins évident pour la Solterra, mais les deux autres modèles ont des attributs propres à la marque aux Pléiades. Laquelle a veillé à garantir une certaine assurance pour ses modèles sur terrains délicats, en particulier l’e-Outback.

Tout le tableau de bord et la console – identiques pour les 3 modèles – sont calqués sur Toyota. Au poste de conduite, l’ergonomie est structurée avec un combiné en position haute dans le champ de vision. Et au pied de la console, il y a le double chargeur à induction. Seul hic : il manque une boîte à gants. Il n’y a pas non plus de raccourcis permanents sur l’écran tactile pour basculer de la projection du smartphone vers le menu constructeur. Même si le panneau pour la climatisation reste toujours accessible.

Solterra (à partir de 47.995 € en Belgique)
Ce SUV de 4,69 m, qui vient d’être revu, est sans doute le plus proche de son cousin. La Subaru Solterra a toutefois son propre style avec une calandre pleine autour d’un visage arborant une signature lumineuse spécifique. Elle a gardé les morceaux d’aile d’une autre teinte. À l’arrière, les feux ne traversent pas tout le hayon. Pour le reste, ce sera le jeu des 7 erreurs. Ne cherchez pas vraiment à l’intérieur, à part les logos et les inserts, c’est kif-kif bourriquot.

Aucun intérêt alors pour cette Solterra restylée ? Pas du tout. Certes, mécaniquement, la voiture dispose de la puissance maximale de 343 ch associée aux 4 roues motrices. C’est la seule offre moteur chez Subaru. Et donc avec la "grande" batterie NMC de 73,1 kWh pouvant atteindre 508 km d’autonomie WLTP. Tout cela est bien mieux que la phase 1 lancée en 2022. Cette fois, on peut vraiment envisager de belles balades à son volant. D’autant qu’il y a la patte Subaru. En effet, la marque de Tokyo a peaufiné le châssis avec ses propres réglages de suspension. Elles ont été légèrement retravaillées, tout comme la direction assistée, pour coller à sa philosophie. Sa garde au sol est aussi supérieure de 4 mm pour sortir du bitume.

Difficile de vérifier l’autonomie réelle de cette voiture dans les conditions d’un bref essai découverte, à faible allure dans la campagne autour d’un château. Toutefois, il faut noter qu’elle reçoit la charge AC 22 kW de série et qu’en DC, ce sera 150 kW maximum, mais avec – nous promet-on – une courbe de charge plutôt plate. En tout cas, c’est prévu de passer de 10 % à 80 % en 30 minutes. Le confort est bon. De plus, Subaru a fait le choix de ne pas proposer de One Pedal. Il y a moyen de régler le niveau de régénération, mais l’action de freiner nécessitera toujours un appui sur la pédale de gauche. Moi, j’aime bien ! En accélération, 343 ch (252 kW) répartis entre les deux essieux, c’est évidemment efficace.

Uncharted (à partir de 36.995 € en Belgique)
Robe effilée pour la Subaru Uncharted. Ce SUV coupé de 4,54 m hérite du même tableau de bord que la Solterra. C’est le seul modèle disponible avec deux roues motrices. Une traction en porte-à-faux avec la philosophie de la symétrie propre à Subaru. Mais les lois du marché… En tout cas, elle a une garde au sol de 21 cm pour affronter les mauvais revêtements, les chemins secs et les parkings défoncés. Cette déclinaison à deux roues motrices peut être liée à une batterie de 57,7 kWh (445 km WLTP) avec 167 ch ou celle de 77 kWh (585 km WLTP) avec 224 ch. Cette dernière pile est également réservée à la variante à transmission intégrale (470 km WLTP). Laquelle, avec ses 338 ch, peut tracter un attelage de 1500 kg. On retrouve Subaru !

L’Uncharted est clairement le modèle du trio le plus taillé pour la route. De quoi séduire un nouveau public ? Quoi qu’il en soit, le savoir-faire de Subaru en matière de liaison au sol se ressent au volant. Comme ses deux compagnons, la sélection du sens de marche se fait via une molette entre les sièges. L’efficacité des suspensions est aidée par de bons sièges. La voiture de moins de 2 tonnes est simple à mener, avec un juste compromis entre dynamisme et confort. La sécurité électronique est assurée par un système de caméra stéréo qui a déjà fait ses preuves, l’Eyesight. Dès lors, on s’y sent en sécurité. Même si la position du volant conditionnera une bonne visibilité ou non du combiné.

E-Outback (à partir de 51.995 € en Belgique)
Voici la plus baroudeuse des trois. Ce SUV break de 4,85 m de long a gardé un look typiquement Subaru. Difficile d’y reconnaître le bz4x Touring dont il partage les éléments techniques. C’est tout à la fois le plus familial (coffre de 633 l sous le couvre-bagages) et le plus aventurier du trio. Son toucher de route est un peu moins soyeux. Pourtant, il arrive à tenir le cap sur la route, avec une bonne maîtrise des mouvements de caisse. Et puis, avec 381 ch (280 kW) obtenus grâce à ses deux moteurs de 167 kW, cette Subaru ne manque pas de ressort malgré ses 2 tonnes. Elle est même plus puissante que feue (la regrettée) Impreza WRX. Sa batterie de 74,7 kWh assure jusqu’à 523 km d’autonomie WLTP.

Après l’essai routier et quelques pavés bien défoncés, abordés en toute sérénité, l’e-Outback a été emmené sur un vrai terrain de 4x4 pour tester ses capacités. La transmission est gérée par la présence d’un moteur pour chaque essieu. Pas besoin de tapoter plusieurs fois sur l’écran de 14 pouces pour activer le mode "4x4". Tout se gère avec des boutons, dont le fameux X-Mode qui va gérer au mieux la motricité. La Japonaise aborde ses pentes sans sourciller. Le conducteur n’a presque rien à faire. Tant en montée qu’en descente, l’électronique gère la motricité et le freinage. Tout au plus est-il possible de régler la vitesse max avec le curseur à côté du bouton X-Mode. Ce qui implique malgré tout de lâcher le volant à double méplat. En gros : pas de problème. Avec des pneus route estivaux, SVP. Mais le terrain était sec et dur. Ceci dit, chapeau quand même.

Verdict
Subaru ressort du bois. La pause de ces dernières années a été mise à profit pour peaufiner une offre électrique cohérente. Issue d’un partenariat constructif et collaboratif avec Toyota. L’Uncharted voudra conquérir de nouveaux terrains. La Solterra cherchera à convaincre par son logo et un tempérament légèrement différent, pour ne pas rouler en Toyota. Alors que l’e-Outback a de vrais arguments plus en phase avec l’histoire de Subaru. Le style est reconnaissable et le break SUV peut vraiment se permettre des virées loin du macadam. Un X-Mode que Subaru propose aussi aux deux autres modèles électriques dotés des 4 roues motrices. En plus, lui adosser une boule d’attelage permettra de se rappeler que les Subaru ont toujours été des reines de caravane. Il me tarde en tout cas de les garder quelques jours pour mieux faire connaissance et tester leur autonomie réelle.

Texte et photos : © Olivier Duquesne

