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La Toscane ouvre la voie à la congélation gratuite des ovocytes (mais une loi nationale fait défaut)

  • 18 juil. 2026 09:03

Congeler ses ovocytes par choix, et non par nécessité médicale. Et le faire sans avoir à dépenser des milliers d’euros. En Toscane, on tente le pari avec une proposition de loi tout juste déposée, qui vise à rendre le social freezing accessible à (presque) toutes.

Aujourd’hui, en Italie, congeler ses ovocytes peut coûter extrêmement cher : un cycle de cryoconservation oscille en moyenne entre 5 000 et 7 000 euros, avec de rares exceptions plus basses dans certaines régions (2 000 à 3 000 euros). À cela s’ajoutent les frais annuels de conservation, de 100 à 300 euros, qui varie selon les structures publiques conventionnées et les centres privés. Ainsi, pour de nombreuses femmes, choisir de repousser sa maternité est tout simplement impossible, non pas pour des raisons biologiques, mais économiques.

La proposition de loi toscane tente de renverser la donne en prévoyant une aide financière pouvant aller jusqu’à 3 000 euros pour les femmes âgées de 25 à 39 ans, résidant dans la région depuis au moins un an et avec un revenu de référence ISEE inférieur à 30 000 euros. Un coup de pouce concret, versé via le système de santé régional, qui ne pourra être demandé qu’une seule fois dans une vie et qui donnera la priorité aux revenus les plus modestes.

Le texte n’en est qu’au début de son parcours législatif et devra passer par la commission santé avant d’arriver devant le Conseil régional. Mais le signal politique est clair : intervenir sur un droit, celui de décider si et quand devenir mère, qui, dans les faits, n'est aujourd’hui pas réellement garanti pour toutes.

Derrière cette proposition se cache un autre enjeu, beaucoup moins médiatisé mais central : la baisse de la natalité. Les données de l’Istat font état d’un nouveau minimum historique, avec seulement 1,14 enfant par femme. Pourtant, le désir de maternité n’a pas disparu. Selon certaines estimations régionales, environ 80 % des femmes de 25 à 34 ans souhaiteraient devenir mères. Le problème, c’est qu’elles ne peuvent souvent pas se le permettre, ou pas dans de bonnes conditions.

C’est là que le social freezing entre en jeu comme un outil supplémentaire, et la Toscane n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs régions ont pris cette direction, des Pouilles au Latium, jusqu’à la Lombardie et l’Émilie-Romagne. Le paysage demeure néanmoins fragmenté et, surtout, il manque encore un cadre législatif national capable de faire de ce droit une mesure véritablement structurelle.

D'autant qu'un autre point de blocage, plus profond, persiste : la loi 40 de 2004, qui régit encore aujourd’hui la procréation médicalement assistée (PMA) en Italie. Un texte que beaucoup jugent dépassé, et qui continue d’exclure les femmes célibataires et les couples homosexuels de plusieurs parcours de soin. La proposition toscane intervient seulement sur la conservation des ovocytes, non sur l’accès aux techniques de fécondation, qui reste soumis à cette loi nationale.

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