L'Italie est confrontée à un problème. Dans la "botte", une grande partie des jeunes scolarisés souffre aujourd'hui de surpoids. Les autorités souhaitent améliorer à nouveau la condition physique et la santé des enfants. Finies les pizzas et les pâtes ?
En Italie, ce pays qui a longtemps été considéré comme le modèle de la cuisine méditerranéenne, une génération d’enfants grandit avec de graves problèmes de surpoids. La BBC raconte l’histoire de Salvatore, un adolescent de 17 ans pesant 170 kilos, et montre à quel point le problème est désormais ancré dans les familles, les écoles et les établissements de santé.
L'Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d'alarme
Ce qui avait commencé comme une réussite internationale autour de l’huile d’olive, des légumes et des légumineuses s’est, selon les médecins, transformé en une réalité quotidienne faite de pizzas, de pâtes, de pommes de terre, de viande et de pain. C’est dans le sud de l’Italie que la situation est la plus grave : dans certaines régions de Campanie, plus de 40 % des enfants âgés de huit et neuf ans sont en surpoids. L’OMS avait déjà signalé que l’Italie figurait toujours parmi les pays européens affichant les taux les plus élevés de surpoids chez les enfants.
À Naples, les médecins en constatent les conséquences chaque jour. Le pédiatre Roberto Berni Canani explique qu’il traite même des tout-petits qui pèsent déjà plusieurs dizaines de kilos, alors que les parents ne se rendent souvent pas compte que le poids est au cœur du problème. À l’école aussi, les anciennes habitudes persistent souvent : un enfant potelé est encore régulièrement considéré, d’un point de vue culturel, comme en bonne santé, surtout lorsque les grands-parents et les parents lui témoignent leur affection à travers la nourriture.
Le secteur de la santé tente de briser ce schéma par le biais de campagnes d’information, d’ateliers sur la nutrition et de nouveaux traitements. Dans la région de Campanie, plus de 17 000 élèves participent à des cours sur l’alimentation saine, tandis que des chercheurs mettent également en place des programmes expérimentaux avec des régimes strictement contrôlés pour les cas de surpoids sévère. En 2025, l’Italie a reconnu l’obésité comme une maladie chronique et évolutive, et non plus comme une simple question de mauvais choix.
Trop de tentations
Pourtant, le fossé entre la science et la pratique reste important. De nombreux jeunes savent désormais très bien ce qui est sain, mais affirment que les tentations sont omniprésentes : à la maison, dans la rue et même sur les pizzas recouvertes de frites, de saucisses et de snacks frits. Il en résulte un contraste saisissant : dans le berceau du régime méditerranéen, c’est précisément ce mode de vie qui tend à disparaître de plus en plus.
