L'administration Trump interdit l'importation de nouveaux robots humanoïdes chinois. "Un risque inacceptable pour notre sécurité nationale", affirme-t-on.
Cette semaine, l’administration de Donald Trump a annoncé une interdiction d’importation visant les nouveaux robots humanoïdes fabriqués à l’étranger. Les États-Unis visent ainsi directement la Chine. La Commission fédérale des communications a en effet inscrit ces appareils sur la "Covered List", un registre des marchandises présentant un risque pour la sécurité nationale américaine. L’interdiction s’applique également aux "chiens robots" à quatre pattes ainsi qu’aux onduleurs étrangers, composants essentiels des centres de données et des panneaux solaires.
Selon la FCC, ces robots connectés au réseau pourraient en effet être piratés, utilisés à des fins d’espionnage, voire détournés à distance par des gouvernements étrangers. Les onduleurs présenteraient également des vulnérabilités : des entreprises étrangères pourraient ainsi perturber les réseaux électriques, voler des données ou provoquer des coupures de courant. Le président de la FCC, Brendan Carr, a qualifié cette mesure d’étape logique dans la "sécurisation des chaînes d’approvisionnement critiques". Les modèles existants, déjà homologués, pourront toutefois être vendus et utilisés ; seuls les nouveaux modèles sont concernés par l’interdiction. Une procédure de dérogation sera mise en place par le Pentagone et le Département de la sécurité intérieure.
La Chine mécontente
Pékin a réagi vivement. Le ministère chinois des Affaires étrangères a parlé "d’abus politique des arguments de sécurité et de protectionnisme" qui porte préjudice aux entreprises et aux consommateurs américains. "La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits des entreprises chinoises", a déclaré la porte-parole Mao Ning à BBC World. Auparavant, la Chine avait déjà menacé de riposter en cas de nouvelles sanctions.
Guerre commerciale avec la Chine
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une offensive technologique plus large menée par Washington. Les États-Unis bloquent déjà l’exportation de puces de pointe vers la Chine, ont imposé des droits de douane élevés sur les voitures électriques chinoises et menacent les entreprises chinoises spécialisées dans l’IA de sanctions pour vol présumé de propriété intellectuelle.
Les analystes soulignent un objectif stratégique : les États-Unis ne veulent en effet pas revivre ce qui s’est produit l’année dernière lorsque la Chine a restreint les exportations de métaux rares, ce qui a mis à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les détracteurs craignent que cette escalade n’empoisonne davantage la course à la technologie et ne ralentisse l’innovation – des deux côtés du Pacifique.
