Les recherches auront duré près de 30 ans. Les PROTAC (proteolysis-targeting chimeras) arrivent enfin sur le marché des médicaments. Contrairement aux traitements traditionnels qui bloquent l'activité des protéines pathogènes, ces molécules les détruisent définitivement.
Si les médicaments classiques sont comparables à des défenseurs tentant de gêner un attaquant sur le terrain de football, les PROTAC, eux, agissent à la manière d'un arbitre. Ils peuvent expulser le joueur, c'est-à-dire la protéine responsable de la maladie, hors du rectangle vert.
En fait, les PROTAC profitent du système de recyclage naturel des cellules. Ils se fixent à la fois sur la protéine ciblée (à l'origine de la maladie) et sur une enzyme marqueuse, laquelle peut "étiqueter" la protéine indésirable pour qu'elle soit détruite par le protéasome, un broyeur moléculaire. Ce mécanisme permet de cibler des milliers de protéines jusqu'ici jugées inaccessibles aux traitements classiques, une seule molécule de PROTAC pouvant répéter l'opération des dizaines de fois.
Élaborée en 1998 par Craig Crews et Raymond Deshaies, cette approche s’est matérialisée avec le vepdegestrant, un traitement contre le cancer du sein résistant. Actuellement en cours d'évaluation face à d'autres types de cancers ainsi qu'à des maladies neurodégénératives, auto-immunes et inflammatoires, les PROTAC pourraient devenir, selon New Scientist, l'une des avancées thérapeutiques majeures de ces dernières décennies.
