Pour une grande partie de la population européenne, les vacances restent difficiles à financer. La hausse du coût du logement, des transports et de l’alimentation, combinée à l’érosion du pouvoir d’achat, contraint de nombreux citoyens à renoncer à un séjour loin de chez eux ou à privilégier des vacances dans leur propre pays.
L’été est traditionnellement associé aux voyages et au repos, mais partir en vacances demeure un privilège pour de nombreux Européens. Selon un article publié par Euronews, près de trois citoyens de l’Union européenne sur dix, âgés de 16 ans ou plus, n’avaient pas les moyens de s’offrir une semaine de vacances en 2025. La situation s’est légèrement dégradée en un an, avec une hausse de 0,5 point de la proportion de personnes concernées. Elle s’est toutefois améliorée sur une période plus longue : en dix ans, cette part a reculé de 7,7 points. Ces chiffres témoignent donc d’un progrès global, mais aussi de la persistance de fortes inégalités entre les pays et les catégories sociales.
Les taux les plus élevés de personnes incapables de financer une semaine de vacances ont été enregistrés en Roumanie, en Grèce, en Bulgarie et en Hongrie. Ces pays figurent également parmi ceux où la privation matérielle et sociale sévère touche le plus fortement les jeunes. À l’inverse, le Luxembourg, la Suède et les Pays-Bas affichent les proportions les plus faibles.
Partir en vacances, un luxe pour de nombreux Européens
Pour expliquer cette situation, Euronews met en avant la hausse des dépenses essentielles. Les loyers, les factures d’énergie, les prix alimentaires et les coûts de transport absorbent une part croissante des revenus. Pour les ménages modestes, les vacances deviennent alors une dépense secondaire, un luxe souvent sacrifié lorsque le budget est déjà sous pression.
La question dépasse cependant le simple cadre financier. Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, rappelle que le repos et les moments passés en famille ou entre amis sont importants pour la santé physique et mentale. Elle considère que le fait de pouvoir s’offrir des vacances devrait faire partie des conditions normales d’une vie professionnelle décente, et non devenir un luxe réservé à une minorité.
Face à ces difficultés, les Européens voyagent davantage dans leur propre pays. En 2024, environ sept voyages touristiques sur dix se sont déroulés à l’intérieur des frontières nationales. Cette proportion atteignait 90% en Roumanie, 88% en Espagne et 85% en France, au Portugal et en Grèce. La Belgique se distingue toutefois par une forte mobilité internationale : 62% des voyages de ses résidents s’effectuaient à l’étranger. Même dans ce cas, les séjours restent généralement courts : quatre nuits en moyenne au sein de l’Union européenne, contre huit nuits pour les voyages hors de l’UE.
Nous sommes donc face à un paradoxe : voyager est devenu plus accessible qu’auparavant, mais pas encore abordable pour tous. Les vacances restent un marqueur des inégalités de revenus et de la fragilité du pouvoir d’achat en Europe.
