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À 15 ans, cette Nigériane transforme des déchets agricoles en serviettes hygiéniques biodégradables

  • 28 juin 2026 09:11

À 15 ans, la lycéenne nigériane Raheema Auwal-Panti décroche une place en finale de l’Earth Prize 2026 grâce à PantiPads, des serviettes hygiéniques biodégradables fabriquées à partir de déchets agricoles pour lutter contre la pollution et la précarité menstruelle. 

Le changement peut naître d’une observation attentive de sa propre terre et des difficultés quotidiennes de milliers de femmes. À Minna, capitale de l’État du Niger au Nigeria, Raheema Auwal-Panti a décidé de s’engager personnellement pour combattre la pollution plastique et la précarité menstruelle. Consciente du fait que les protections hygiéniques traditionnelles à usage unique contiennent jusqu’à 90 % de plastique et mettent entre 500 et 800 ans à se décomposer, la jeune étudiante a imaginé une solution écologique et accessible.

En 2025, elle a lancé le projet PantiPads, axé sur la production de serviettes hygiéniques entièrement biodégradables. Cette initiative d’éco-conception et d’émancipation sociale a permis à la jeune Nigériane de se hisser parmi les 35 finalistes mondiaux de l’Earth Prize 2026, le prix décerné par la fondation suisse Earth Foundation.

Du problème écologique du manioc à la naissance du prototype

L’intuition de Raheema repose sur la valorisation des biomasses et des résidus de la transformation agricole, en particulier du manioc. La fermentation de ce dernier pour la production du garri (la farine locale) génère des déchets susceptibles de contaminer les sols et les nappes phréatiques du nord du Nigeria. La jeune femme récolte, nettoie et sèche les épluchures de manioc, les feuilles de bananier et les spathes de maïs, transformant ces fibres naturelles en une couche de cellulose hautement absorbante et sans danger pour le corps.

Ce procédé permet non seulement de réduire drastiquement les coûts de production, rendant le produit accessible aux très nombreuses adolescentes africaines qui chaque mois manquent plusieurs jours d’école faute de protections hygiéniques, mais il offre aussi une alternative sûre, exempte d’agents chimiques industriels, pour les zones les plus sensibles de l’anatomie féminine.

Une filière locale et un mouvement pour la dignité des femmes

L’objectif de Raheema Auwal-Panti est désormais de passer à la production industrielle de son brevet. Bien qu’elle soit encore scolarisée, la jeune fille tisse un réseau étroit de collaborations avec les producteurs locaux et le monde de l’entreprise afin de s’approprier les processus opérationnels et les normes de certification nécessaires avant d’ouvrir sa propre usine autonome.

À travers de vastes campagnes de sensibilisation dans les écoles et des interventions sur des plateformes de jeunesse internationales, la lycéenne plaide pour un changement politique radical, exhortant les gouvernements africains à adopter des lois pour abandonner les matériaux synthétiques au profit des solutions compostables. Pour Raheema, PantiPads ne se résume pas à un simple produit commercial : c’est un véritable mouvement culturel, conçu pour briser le tabou social autour des règles et prouver que les réponses aux grandes crises environnementales se trouvent déjà au cœur de la nature qui nous entoure.

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