Le gouvernement britannique souhaite instaurer un couvre-feu nocturne sur les réseaux sociaux pour les jeunes de 16 et 17 ans. Des applications telles qu’Instagram, TikTok et YouTube seraient alors inaccessibles par défaut entre minuit et 6 h du matin, même si les utilisateurs pourraient désactiver eux-mêmes ce paramètre.
Outre ce couvre-feu numérique, Londres souhaite également que les fonctionnalités dites "addictives", telles que la lecture automatique et le défilement infini, soient désactivées par défaut. Selon le gouvernement, ces mesures combinées devraient aider les jeunes à mieux dormir, à mieux se concentrer à l’école et à passer plus de temps avec leur famille et leurs amis.
Ces propositions font suite au projet antérieur visant à interdire totalement les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans. Cette mesure, annoncée en juin, devrait entrer en vigueur au printemps 2027. Le Royaume-Uni franchit ainsi une nouvelle étape dans sa politique de sécurité en ligne, mais la multiplication des règles suscite également une certaine confusion quant à ce qui s’applique exactement à qui. Les détracteurs estiment par ailleurs que ces projets ne vont pas assez loin.
Ellen Roome, qui pense que son fils de 14 ans est décédé en 2022 à la suite d’un défi en ligne qui a dégénéré, a qualifié cette mesure d’insuffisante auprès de la BBC , car les adolescents peuvent tout simplement désactiver ces paramètres. La baronne Kidron a quant à elle fait valoir qu’il ne s’agit pas d’éloigner les enfants de la technologie, mais d’éloigner la technologie des contenus préjudiciables.
Les experts en droits de l’enfant émettent également des réserves. La professeure Sonia Livingstone, de la London School of Economics, a averti sur BBC News qu’ un couvre-feu pouvait être utile pour lutter contre les signalements nocturnes, mais qu’il risquait de devenir néfaste si les jeunes ne pouvaient plus ainsi chercher de l’aide au moment où ils en ont le plus besoin. La commissaire britannique à l’enfance, Rachel de Souza, affirme quant à elle que les jeunes ne veulent pas d’interdiction, mais bien une protection contre le défilement sans fin.
Le gouvernement affirme qu’il s’attache également à garantir une utilisation sûre des chatbots basés sur l’IA pour les mineurs, notamment par le biais de pauses obligatoires. Selon le ministre chargé des technologies, Kanishka Narayan, cette approche fera du Royaume-Uni "l’un des pays les plus stricts au monde" en matière de réglementation technologique. Dans le même temps, Londres refuse pour l’instant de s’attaquer aux VPN, car ceux-ci ont également des utilisations légitimes.
Les nouvelles règles devraient être soumises au Parlement d’ici fin 2026 et s’inscrire dans le cadre de l’interdiction générale pour les moins de 16 ans qui entrera en vigueur en 2027.
