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Après 40 ans d'études sur la procrastination, un chercheur dévoile ses conclusions

  • 27 juin 2026 11:59

Ses travaux tordent le cou à plusieurs idées reçues, notamment à la croyance selon laquelle se mettre à travailler à la dernière minute, c'est-à-dire sous la pression, améliorerait les performances.

Déjà 40 ans que le psychologue Joseph Ferrari étudie les procrastinateurs, ceux qu'il surnomme les "procs", les pros du "on verra ça plus tard", ceux-là mêmes qui retardent volontairement les différentes tâches à accomplir. Ses travaux révèlent que 20 % de la population est "atteinte" de procrastination chronique, un taux qui dépasse celui de la dépression ou des addictions. "Ce chiffre est plus haut que la dépression, les phobies, les crises de panique, l'alcoolisme ou la dépendance aux drogues", explique l'expert.

S'appuyant sur ses recherches, Ferrari déboulonne certains mythes tenaces, qu'il partage dans le Washington Post :

  • Ni le profil ni l'époque ne peuvent être des excuses 

Le genre, l'âge ou encore la géographie n'ont aucune influence sur la procrastination. De même, accuser la technologie moderne serait injustifié : les journées de nos ancêtres agriculteurs, par exemple, étaient bien plus chargées et, pourtant, ils ne reportaient pas leurs tâches. En revanche, le statut social joue un rôle important : "Si un électricien, un plombier ou un charpentier ne travaille pas, il n'est pas payé" indique Ferrari.  Les cols blancs, quant à eux, procrastinent plus que les travailleurs manuels, leur salaire n'étant pas directement lié au temps réel de travail.

  • L'efficacité de dernière minute, encore un mirage

Travailler mieux sous la pression ? En comparant deux groupes soumis à des délais très serrés, le chercheur a prouvé que les "procs" mettent plus de temps à réaliser leurs tâches et obtiennent de moins bons résultats. Bien qu’ils soient persuadés du contraire.

  • L'auto-sabotage

"La procrastination est un sabotage de soi-même". Selon Joseph Ferrari, la procrastination est souvent le symptôme d'un manque de confiance en soi. Le manque de temps devient l'excuse idéale. Si l'on a peur d'échouer, si l'on doute de ses performances, on fabrique des obstacles extérieurs qui donneront du crédit à l'éventuel échec. La faute reviendra entièrement au calendrier. Et si, malgré tout, on réussit, alors on passe pour un génie.

Quelles solutions pour sortir du "cercle procrastinatoire" ?

Puisqu'il s'agit moins d'une mauvaise gestion du temps que d'un réel problème psychologique, l'expert recommande la thérapie comportementale et cognitive. En outre, il préconise de transformer le système social moderne en ne pointant pas du doigt le retard mais en encourageant et en récompensant l'avance. Une réduction fiscale pour les personnes qui remettent une déclaration fiscale anticipée ? Des soldes d'été qui arrivent déjà en avril ? Des points bonus pour les élèves qui remettent leurs devoirs en avance ? C'est cette dernière méthode que Joseph Ferrari, fan des incitations positives, met lui-même en pratique avec ses étudiants. "Ça me fait moins de copies à corriger à la fin du semestre." confie-t-il avec humour. 

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