Adieu aux historiques botticelle (calèches touristiques) à Rome : 15 cochers acceptent de se convertir en taxi grâce à un accord avec la municipalité.
Les rues du centre historique de Rome s'apprêtent à vivre une révolution attendue depuis des décennies. La tradition séculaire des calèches tirées par des chevaux, désormais incompatible avec les rythmes de la métropole moderne, touche à sa fin. Le changement climatique et les étés de plus en plus torrides ont rendu intenable le maintien des équidés sur l'asphalte brûlant.
Au fil des années, le nombre de licences actives a progressivement chuté, passant de trente-huit à seulement seize exploitants. Aujourd'hui, grâce à de complexes négociations syndicales et institutionnelles, quinze de ces caléchiers auraient formellement accepté d'abandonner les botticelle. Une décision qui marque un tournant fondamental pour la protection des animaux et la modernisation des services touristiques romains, comme l'indique le quotidien Il Messaggero.
Soutien financier et rôle des constructeurs
Le succès de l'opération coordonnée par le Capitole repose sur une stratégie qui associe reconversion professionnelle et incitation financière concrète. Il ne s'agit pas seulement de proposer aux chauffeurs une conversion de leur permis en licence de taxi, mais aussi de leur apporter un soutien logistique pour l'achat de leur véhicule de service.
Menée par le maire Roberto Gualtieri et la garante du bien-être animal Patrizia Prestipino, la municipalité a noué des liens étroits avec un constructeur automobile japonais. Ce partenariat vise à encadrer les coûts d'achat des voitures grâce à des primes et des avantages ciblés. Cela permettra aux anciens cochers de démarrer leur nouvelle activité dans le transport public sans avoir à supporter tout le poids financier de l'investissement initial.
Le refus du dernier chauffeur et la pression des associations
Malgré l'avis favorable de la quasi-totalité de la profession, la transition définitive vers une mobilité éthique se heurte à un obstacle inattendu. D'après les informations disponibles, un seul exploitant refuse d'adhérer à l'accord, ce qui lui vaut le surnom de "cocher irréductible". Cette position isolée risque de freiner la fin définitive d'une pratique contestée.
Les principales organisations de défense des animaux, dont la LAV et l'OIPA, ont exprimé leur satisfaction face au cap franchi. Elles demandent toutefois à la municipalité de lancer immédiatement les démarches administratives pour les quinze cochers volontaires, sans attendre le feu vert du dernier chauffeur. Éviter que les chevaux n'affrontent les prochaines vagues de chaleur est la priorité absolue des associations, qui dénoncent depuis des années les dangers liés aux efforts physiques immenses imposés aux équidés sous le soleil de la capitale.
Source : LAV / OIPA
