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Footballeurs et simulation : mais pourquoi "gâcher le spectacle" ?

  • 07 juil. 2026 09:11

Fan de foot et neurochirurgien américain, Richard Menger profite de la 23e Coupe du monde, qui a lieu au Mexique, au Canada et aux États-Unis, pour analyser un phénomène que beaucoup jugent "exaspérant" : la simulation de blessures. 

Dans une tribune pour Forbes, ce passionné du ballon rond déplore le comportement théâtral de sportifs d'élite qui n'hésitent pas à s'écrouler au moindre contact. "C'est un élément récurrent qui vient gâcher le spectacle : l'épidémie de simulations de blessures", indique le scientifique.

Alors qu'une étude de 2014 montre que cette pratique agace 83 % des supporters (la décrivant comme une "source d'agacement majeure"), le médecin dénonce le ridicule de ces joueurs agonisant au sol… pour se relever et sprinter à nouveau quelques secondes plus tard. "Ce ne sont pas des blessures. C'est de l'art de la performance, de la tricherie déguisée en compétition", assène-t-il.

Une stratégie qui nuit au sport

Bien qu'interdite par la FIFA et passible d'un carton jaune, la simulation reste ultra-majoritaire. En 2010, une étude révélait d'ailleurs que seulement 7 % des "blessures" chez les footballeurs hommes étaient réelles. Dans un sport aux scores serrés, le gain tactique l'emporte bien trop souvent sur le fair-play : il est alors question d'obtenir un coup franc, de provoquer la faute et le carton, de casser le rythme ou encore de gagner du temps.

Pourtant, les conséquences de ces performances théâtrales vont bien au-delà du jeu. "Ce n'est pas une mise en scène anodine. Cela fait perdre du temps à l'arbitre, perturbe le déroulement du match et, ce qui est le plus frustrant du point de vue d'un médecin, sape la crédibilité lorsque de véritables blessures surviennent", affirme le neurochirurgien.

Le contraste avec le rugby

Mais pourquoi cette culture est-elle si fermement ancrée au football alors qu'elle est absente au rugby, sport où le taux de blessures est pourtant 2,7 fois plus élevé ? Au rugby, s'il y a bien une règle morale qui prévaut, c'est celle d'affronter, de se relever et de continuer le match.

Face à l'ampleur du phénomène, la vidéo et les avertissements de la FIFA demeurent insuffisants aux yeux de Richard Menger. "Les blessures réelles méritent le respect et des soins médicaux appropriés. Celles simulées font perdre du temps à tout le monde et sapent la confiance." Selon le spécialiste, pour que la compétition soit réussie, le football doit absolument retrouver son authenticité.

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