Dans son troisième rapport sur la transformation démographique au sein de l'Union européenne, la Commission européenne prévient que la population de l'UE va diminuer et vieillir. Elle souligne toutefois que cette évolution offre également des opportunités si les pays savent y répondre à temps.
Les principaux défis concernent le marché du travail, les soins de santé, les finances publiques et les inégalités régionales, tandis que le fait de vivre plus longtemps et en meilleure santé ouvre également de nouvelles perspectives en matière d’innovation et de croissance économique.
"La population européenne évolue, et les politiques européennes doivent s’adapter à cette évolution. Nous vivons plus longtemps et en meilleure santé que jamais auparavant, ce qui constitue l’une de nos plus grandes réalisations", a déclaré la commissaire Dubravka Šuica lors de la présentation du rapport. "Mais les changements démographiques redessinent nos sociétés, nos économies et nos marchés du travail, et nous devons agir dès maintenant pour faire de cette transformation une opportunité."
"Ce rapport fournit les données nécessaires pour aider les États membres à se préparer pour l’avenir. La démographie n’est plus une question isolée : elle doit faire partie intégrante de toute décision politique importante. En investissant dans les compétences, les soins, les talents, la productivité et la cohésion régionale, nous pouvons renforcer la compétitivité, la résilience et le bien-être de l’Europe pour les décennies à venir."
L’UE compte aujourd’hui environ 450,6 millions d’habitants, mais ce chiffre devrait baisser pour atteindre environ 445 millions en 2050 et 398,8 millions en 2100. Dans le même temps, l’espérance de vie augmente : en 2024, elle s’élevait à 81,5 ans, et d’ici 2050, près d’un tiers de la population de l’UE aura 65 ans ou plus.
Selon le rapport, ce changement démographique entraîne des pénuries de main-d’œuvre et une pression accrue sur les systèmes de soins et de retraite. Il existe également d’importants groupes sous-exploités sur le marché du travail, tels que les femmes, les jeunes ni scolarisés ni employés, et les travailleurs âgés qui pourraient rester actifs plus longtemps.
La Commission considère que les efforts en matière de compétences, de soins, de logement, de développement régional et de productivité sont essentiels pour faire face à ces conséquences. Une immigration de main-d’œuvre ciblée peut également contribuer à réduire les pénuries, même si la reconversion professionnelle des personnes au sein même de l’UE reste la priorité.
La part de l’UE dans la population mondiale passera de 5,4 % actuellement à 3,4 % en 2100. La Chine connaîtra également un fort recul : de 17,2 % à 6,2 % à la fin de ce siècle. L’Inde et les États-Unis resteront relativement stables. L’Afrique représentera quant à elle 37,6 % de la population mondiale.
