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Le côté obscur du Mondial : quand le match se termine, la peur commence pour beaucoup de femmes

  • 29 juin 2026 11:38

Quand le match se termine, pour de nombreuses femmes la peur commence : la campagne qui révèle la face cachée du football. 

Avant chaque match de la sélection nationale, des millions de supporters anglais tapent la même question sur les moteurs de recherche : "À quelle heure commence le match ?". Un geste automatique, presque rituel, qui accompagne l’attente d’un événement sportif capable de paralyser tout un pays.

Cette année pourtant, les personnes qui cherchaient l’heure du coup d’envoi sont tombées sur une réponse inattendue : 23h37. Ce n’est pas l’heure du coup de sifflet initial du match de l’Angleterre au Mondial 2026. C’est, en réalité, le moment où l'on estime que les violences domestiques commencent à grimper après la fin d’une rencontre.

C’est à partir de ce triste constat qu’est née "The Other Kick Off", la nouvelle campagne de Women’s Aid, organisation britannique historique engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

L’autre coup d’envoi

Le titre de la campagne joue sur une nuance linguistique typiquement anglaise. "Kick off" signifie "coup d’envoi", l’expression familière "to kick off" désigne également le moment où une situation dégénère, explose en colère ou en violence.

Et c’est précisément ce double sens qui transforme un symbole de fête et de partage en une dénonciation sociale.

Pour de nombreuses femmes et de nombreux enfants, en effet, le véritable "autre coup d’envoi" ne correspond pas à l’entrée des joueurs sur le terrain, mais au retour à la maison de celui qui déverse sa frustration, sa colère ou son agressivité entre ses quatre murs. Un message qui attire l’attention sur un phénomène souvent invisible et bien trop souvent sous-estimé. Women’s Aid choisit donc de s’appuyer sur une habitude déjà ancrée : la recherche compulsive de l’horaire du match.

Ainsi, dans les gares, dans les fan zones, aux abords des pubs et sur les écrans publicitaires, apparaissent les chiffres 23:37, adoptant les codes graphiques et le langage typiques du monde du football. L'effet de surprise est immédiat. Quiconque s’attend à une information d’ordre sportif se retrouve confronté à une réalité bien différente.

Chaque affiche renvoie d'ailleurs, via un QR code, vers les services de soutien et les ressources d’aide mis à disposition par Women’s Aid pour les victimes de violences domestiques.

En outre, l’édition 2026 de la Coupe du monde suscite une inquiétude supplémentaire. Les matchs, disputés entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, se déroulent sur différents fuseaux horaires nord-américains. Par conséquent, de nombreuses rencontres de l'équipe nationale anglaise se terminent en pleine nuit au Royaume-Uni.

Selon l’association, cette situation pourrait aggraver davantage encore le problème : les épisodes de violence risquent de se produire précisément aux heures où les victimes sont le plus isolées, les voisins moins présents et les services de soutien moins accessibles.

Ce qui se cache derrière ce chiffre

L’horaire de 23h37 n’a pas été choisi au hasard. L’estimation prend en compte la durée moyenne d’un match, du temps passé à consommer de l’alcool après la rencontre et le trajet de retour à la maison. Une étude longitudinale (menée sur plusieurs années) de l’université de Lancaster a révélé que les violences domestiques augmentent de 38 % lorsque l’Angleterre perd et de 26 % lorsqu’elle gagne.

Il va de soi que le football n’est pas la cause de la violence. Les racines de ce phénomène sont bien plus profondes et s'ancrent dans les dynamiques de contrôle, d’abus et d’inégalités qui caractérisent les relations toxiques. Néanmoins, selon les chercheurs, des événements émotionnellement intenses, associés à la consommation d’alcool et aux tensions collectives, peuvent contribuer à amplifier des comportements violents déjà existants.

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