Pour son facelift de "nouvelle génération", la DS 4 change de nom. Ou plutôt de prénom. La berline compacte a reçu le N° devant son numéro d’ordre, comme la nouvelle N°8 et la N°7. Est-ce que cela change vraiment grand-chose ?

Berline profilée, la DS N°4 est un réalité un gros restylage sur la plateforme de feue la DS4. Un nouveau nom et des retouches ainsi que l’arrivée d’une variante électrique. La N°4 joue toujours l’originalité esthétique, dans un profil classique. À l’avant, elle sort des crocs en prolongement des feux. Un faciès agressif alors que la Française se pare d’atour visuellement luxueux. De plus, dans cette version microhybride MHEV, le nouveau capot recouvre un 3-cylindres essence de 145 ch. Pas de quoi mordre la poussière. La calandre est désormais horizontale avec un logo DS rétroéclairé. Plusieurs petites excursions ont permis de la mettre au défi. D’autant que son châssis n’est pas équipé d’une suspension à butées hydrauliques façon Citroën.

Performances
Il est vrai qu’un 1.2 l à 3 pattes MHEV 48 V pour une voiture de 4,40 m de 1,46 tonne, cela peut sembler peu. Mais le bloc thermique de 145 ch (107 kW) a un petit joker. Le modeste moteur électrique de 21 kW (28 ch) et 55 Nm qui va donner les petits coups de pouce en accélération. De quoi passer de 0 à 100 km/h en 9,4 s. Néanmoins, on ressent quand même une certaine inertie à l’accélération ou à la relance. Et cela se fait avec un timbre montant dans les aigus à mesure que le pied droit enfonce la pédale. Une sonorité presque d’une autre époque, mais qu’en bon boomer, on sait apprécier. Certes, il y a moyen de moduler tout cela avec les palettes au volant pour commander la boîte robotisée à 6 rapports et double embrayage "humide".

Notre périple a permis de constater que la voiture avait une bonne tenue, tout en restant un peu raide parfois. De plus, il faut admettre que l’aide électrique n’était pas uniquement utile en accélération. Elle permet aussi de soulager la combustion interne. Ainsi, après 100 km d’autoroute à 120 km/h, la consommation de SP95 a été de 5,9 l/100 km avec 5 % d’utilisation du moteur électrique. En agglomération, la MHEV fonctionne bien mieux : 25 % du temps en électrique et consommation moyenne de 4,8 l/100 km. Les chiffres de consommation relevés se situaient tous entre 3,4 l/100 km et 6,7 l/100 km selon les trajets. Et un peu aussi le style de conduite et les conditions de roulage. Bref, il sera souvent possible d’être aux alentours des 6 l/100 km sur un parcours mixte, contre 5,3 l/100 km selon la norme WLTP.

Ça c’est Paris !
Notre version était dotée de la finition Étoile avec du vrai Nappa d’origine bovine. Les sièges, les contre-portes et la décoration de la planche de bord étaient en cuir brun Criollo. Un nom de couleur à double référence réputée : celle d’un cacao exceptionnel aromatique et raffiné et celle d’une race de cheval d’Amérique latine, parfois à robe baie, réputée pour leur résistance et leur… frugalité. Belles références de qualité et de finesse. Nonobstant ce choix sémantique, entrer dans une DS, cela reste une expérience. Ça "blinque de partout" comme on dit en bon belgicisme. Un décor un peu surchargé, mais avec des références au luxe à l’instar du motif des sièges en bracelet de chronographe et des boutons aux reflets diamantés.

Le confort est heureusement au rendez-vous, du moins pour les passagers avant. Plusieurs trips ont permis de vérifier que l’assise ne ruine pas le dos. Si la météo est capricieuse, les sièges et le volant sont chauffants. La voiture est équipée avec cette finition d’un grand affichage tête haute assez complet (21 pouces en taille perçue !). Pour couper l’alerte de vitesse, il y a le bouton de configuration (celui avec une voiture) sur la rangée de touches près du tunnel. Il faut y laisser son doigt appuyé quelques secondes. Parmi les aides à la conduite, il y a le dépassement automatisé. Sur autoroute, il suffit d’enclencher le clignotant en conduite sur régulateur, puis de confirmer votre envie de dépasser par la touche OK. La voiture va alors faire elle-même le changement de voie et la gestion des feux clignotants. Pareil pour revenir sur la voie d’origine. Il faut oser ! En tout cas, cela a fait flipper un passager. Qui, installé à l’arrière, était moins bien loti qu’à l’avant à cause d’un dossier droit et d’un manque de place pour les pieds.

Électronique
Le multimédia Iris System est à la page avec son écran tactile de 10 pouces, discret et intégré dans la planche de bord. Il dispose de jeux quand il faut patienter et de Chat GPT quand on veut discuter avec l’auto. La musique s’étendra dans l’espace grâce au son à la fois franc et délicat des enceintes Focal Electra de 690 watts, équipées de 14 haut-parleurs (disponibles en option). Le combiné numérique personnalisable est confié à un écran de 10,25 pouces (contre 7 pouces sur la DS4) !

Il y a en outre une application sur smartphone pour contrôler la voiture à distance (consommation, fermeture des portes). Avec la fonction cartographie, il est aussi possible de la retrouver sur un parking. Même si en l’occurrence, après un bon "12 uurt’je" aux Pays-Bas, la mémoire d’une amie a été plus efficace que mon nez sur l’écran pour la repérer sur un parking. Et en cas de nécessité, on peut également enclencher le klaxon à distance du genre « pas touche ». Cette application est idéale aussi pour obtenir des rapports de conduite et être tenu au courant du calendrier des entretiens.

Rangements
Les équipes de DS ont pensé à placer le chargeur à induction sous la console. Il fait partie d’une zone avec porte-gobelets, prise USB-C et prise 12 V que l’on peut fermer avec un volet. Un petit support en diagonale entre cet espace et le commutateur de transmission permet d’y laisser son portefeuille. Les bacs et espaces de rangement ont droit à un revêtement feutré pour éviter les bruits parasites de vos objets. Dommage que la team Stellantis n’a pas apporté autant d’attention à la boîte à gants, pas assez grande (fichue boîte à fusibles). Pareil pour le coffre. Son volume est confortable pour une voiture de ce gabarit : 430 l (390 l pour les versions électriques et hybrides rechargeables). En rabattant la banquette 1/3-2/3, on peut arriver à 1240 l avec un plancher non plat (1190 l). Mais il manque un élément qu’on attendrait d’une voiture dite "premium" : au moins un crochet pour y accrocher un sac. De plus, la forme du hayon limite le transport de grands objets.

La finition de la DS N°4 est bonne avec un effort de qualité et d’assemblage. Il y a toujours ces exceptions françaises avec, par exemple, la commande des vitres placées très haut sur la bande de décoration des portières. DS n’abandonne pas non plus les motifs en losange. Les fonctions principales de la climatisation sont confiées à des boutons physiques. Bon point d’ergonomie. La couleur de carrosserie "Vol de nuit" de série est une invitation au voyage à la Saint-Exupéry. En tout cas, on pourrait sans peine se lancer dans un voyage au long cours. La consommation reste contenue et, avec le réservoir de 52 l pour cette MHEV, l’autonomie peut atteindre les 800 km sur autoroute. Avec l’essence à 2 €, cela revient à 100 € de carburant pour parcourir cette distance. Dès lors, vous n’aurez aucun regret à promener vos hôtes dans votre palais roulant.

Entrez donc, ô Madame, à bord de ce carrosse,
Que ses doux miroirs vous ouvrent son univers ;
Éclatant, son luxe brillant d'engin véloce,
Charmant comme l'Iris de vos yeux grands ouverts.

Les tarifs
La DS N°4 MHEV est l’entrée de gamme du modèle sur la plupart des marchés (à défaut de solution 100 % thermique), à moins de 40.000 €. De base, en finition Pallas, sans options, ni hayon électrique, ni chargeur à induction, elle coûte 36.874 € en avril 2026 en Belgique. Nous avions la finition Étoile cuir Nappa avec les packs d’options Tech Absolu (affichage tête haute, caméra de recul) et Confort Absolu (toit ouvrant, sono Focal Electra, ouverture du hayon sans les mains). Prix total : 46.570 €. Les autres finitions disponibles, moins chères, sont Performance Line, Jules Verne et Étoile Alcantara. À titre de comparaison, en Belgique, la DS N°4 PHEV de base coûte 44.362 € et la version électrique E-Tense : 45.040 € au moins. Il existe aussi une motorisation Diesel de 130 ch à partir de 38.362 €.

Au Grand-Duché de Luxembourg, la même voiture que l’essai est affichée à 45.027 €. En France, il faut compter 45.540 € pour une configuration similaire. En Suisse, il faudra débourser 44.100 CHF. Aux Pays-Bas, en raison de la fiscalité, le Diesel et la MHEV ne sont pas proposés. Il faudra se tourner vers la version hybride rechargeable PHEV de 245 ch facturée à 50.840 € avec la même finition et les options similaires.

En résumé
La DS N°4, fruit d'un profond restylage de la DS 4, s'affirme comme une berline compacte au style audacieux. Sa luxueuse finition Étoile Nappa fait même la part belle au véritable cuir aux détails raffinés. Sous le capot, la motorisation microhybride (MHEV) de 145 ch offre des performances honnêtes et une consommation maîtrisée (environ 6 l/100 km en parcours mixte). Cependant, le bloc 3 cylindres se montre un peu bruyant et linéaire lors des relances. Si le confort aux places avant est bon, l'habitacle avoue ses limites à l'arrière avec un espace étriqué pour les passagers. Il pèche aussi par des lacunes d'ergonomie, comme une boîte à gants étriquée et l'absence de petites attentions pratiques dans un coffre par ailleurs plutôt volumineux (430 l).

Côté technologie, la compacte française honore son blason premium avec le système multimédia Iris. Celui-ci intègre ChatGPT, un nouveau combiné numérique de 10,25 pouces, un affichage tête haute immersif et de nombreuses aides à la conduite avancées (dont le dépassement automatisé). Ce carrosse baroque très connecté fait ainsi le choix d'assumer pleinement son positionnement. Il invite au voyage avec une expérience sensorielle et visuelle riche et originale. Une berline compacte à 5 portes destinée à ceux qui accordent plus d'importance à l'ambiance intérieure et au confort de croisière qu'au dynamisme pur ou à la modularité.

Texte et photos : © Olivier Duquesne

