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Espoir pour la paralysie cérébrale infantile : comment 34 enfants ont appris à marcher grâce aux électrodes

  • 28 mai 2026 15:19

Une étude de la Fondation Santa Lucia IRCCS montre que les premiers pas autonomes peuvent réorganiser le système nerveux chez les enfants atteints de paralysie cérébrale : intervenir au cours des deux premières années peut changer le développement moteur. 

Sur le tapis roulant, il bouge les jambes lentement, tandis que de petits capteurs appliqués sur sa peau enregistrent chaque mouvement. Mattia (prénom d’emprunt) observe avec curiosité les médecins et les caméras qui le suivent pendant ses exercices. Pour lui, ces pas ne sont pas un simple exercice de kinésithérapie : ils représentent une victoire immense. Derrière sa marche, il y a le travail des chercheurs de la Fondation Santa Lucia IRCCS de Rome, engagés dans une étude qui pourrait changer la façon d’aborder la paralysie cérébrale infantile dès les tout premiers mois de vie.

La recherche est menée au sein du Laboratoire de physiologie neuromotrice, dirigé par le professeur Francesco Lacquaniti, en collaboration avec le centre de neurorééducation infantile de l’établissement romain. L’objectif était de comprendre ce qui se passe réellement dans le cerveau et dans les muscles lorsqu’un enfant fait ses premiers pas en autonomie.

Pourquoi les deux premières années sont décisives

La paralysie cérébrale infantile est une pathologie neurologique causée par une lésion précoce du système nerveux en plein développement. Elle peut compromettre la posture, l’équilibre et la capacité de mouvement, avec des degrés de gravité très variables. Dans de nombreux cas, la marche apparaît tardivement ; dans d’autres, elle ne se développe jamais sans aides ni assistance.

C’est précisément là qu’intervient cette nouvelle étude. Les chercheurs ont observé que le passage d’une marche assistée à une marche autonome ne représente pas seulement une étape de la croissance, mais une véritable phase de réorganisation neurologique. Marcher stimule en effet le système nerveux pour construire de nouveaux schémas moteurs, rendant l’activité musculaire plus complexe et mieux coordonnée.

Selon les spécialistes, il existe une fenêtre temporelle cruciale : les deux premières années de vie. Durant cette phase, le cerveau et la moelle épinière disposent encore d’une forte plasticité, un atout qui rend la neurorééducation bien plus efficace.

L’étude sur 34 enfants et les signaux enregistrés par les électrodes

Les chercheurs ont analysé la marche de 34 enfants atteints de paralysie cérébrale infantile, en la comparant à celle d’enfants du même âge au développement neurotypique. Grâce à des capteurs et des électrodes non invasifs, ils ont surveillé 18 muscles des membres inférieurs, enregistrant le comportement du système neuromusculaire dans les jours qui ont immédiatement suivi les premiers pas autonomes.

L’étude a montré qu’avant de parvenir à marcher seuls, de nombreux enfants présentaient des schémas moteurs encore primitifs, proches de ceux des nouveau-nés. En revanche, après le début de la marche autonome, de nouveaux modèles d’activation musculaire émergeaient, ainsi qu’une organisation plus aboutie des circuits spinaux.

La professeure Germana Cappellini, l’une des figures clés du projet, travaille depuis des années avec des enfants prématurés et des patients présentant des risques neurologiques. L’intuition qui a guidé l’équipe était simple mais révolutionnaire : ne pas se contenter d’étudier la marche une fois qu’elle est acquise, mais accompagner les enfants précisément au moment où ils apprennent à faire leurs premiers pas.

La nouvelle frontière de la neurorééducation infantile

Pour les spécialistes de la Fondation Santa Lucia, le résultat le plus important est d’avoir démontré que le mouvement lui-même peut contribuer à la maturation du système nerveux. Une découverte qui ouvre la voie à des programmes de rééducation précoce, personnalisés et fondés sur des données objectives. Le prochain objectif sera d’étendre ces travaux à d’autres troubles du développement moteur, en cherchant à identifier des signaux précoces dès les six premiers mois de vie. Car, dans certains cas, un tout petit pas peut véritablement changer l’avenir.

Source : Fondazione Santa Lucia

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