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Hyundai Ioniq 6 N en essai découverte – Pfiou !

  • 23 mai 2026 09:00

Une piste d’aérodrome, ce n’est pas tous les jours que l’on peut y tester une voiture. C’est l’opportunité proposée par Astara, l'importateur belge de Hyundai, pour essayer la sportive électrique Ioniq 6 N en accélération, drift et virages. En finissant avec une petite promenade dans la campagne hesbignonne flamande.

Avant toute chose, sans l’expertise des pilotes Hyundai, il aurait été difficile de profiter de toute la puissance de l’Ioniq 6 N en une matinée. En effet, il faut appuyer sur les bons boutons, utiliser les palettes à bon escient et jouer dans les menus pour la mettre dans la bonne configuration pour tester son 0 à 100 km/h à littéralement couper le souffle ou la mettre en glissade, tout en drift. Je vous passe les détails, mais en jetant un coup d’œil sur le volant, on voit déjà qu’il y a deux boutons N dans le bas. En haut, il y a un poussoir bleu (Drive Mode) et un poussoir rouge (boost NGB).

Du couple !

Petite présentation de la mécanique de la World Performance Car de 2026. La Hyundai Ioniq 6 N garde le style étonnant de la berline électrique. Son ADN sportif, c’est d’abord l’aileron impressionnant sur le couvercle de la malle de coffre. Le bandeau lumineux arrière a été remplacé par un panneau sombre. Un diffuseur sous le pare-chocs doit aider la sportive à bien se maintenir. La voiture est abaissée pour être plus proche de la route. Elle a également été élargie de 6 cm. À bord, c’est évidemment toute une ambiance avec les sièges baquets, les accents de rouge, comme à l'extérieur, et le volant rempli de boutons. Et puis, elle chausse des jantes allégées avec des 20 pouces. Et plus encore : ce sont des pneus Pirelli P Zero marqués HN exclusivement développés pour ce modèle. Le freinage à 4 pistons est renforcé. Car, il faut quand même arrêter un animal sauvage de 2,2 tonnes (à vide) à la structure renforcée.

Les freins sont aussi bien nécessaires pour tenir une voiture électrique capable de rouler à 257 km/h ! Pour y arriver, la Coréenne peut compter sur une fameuse artillerie à deux moteurs électriques. De concert, ils délivrent 609 ch (448 kW) en puissance continue. 226 ch (166 kW) viennent de l’avant et 383 ch (282 kW) de l’arrière. Mais le mode Boost permet de garder 650 ch (478 kW) pendant 10 secondes (238 ch, 175 kW / 412 ch, 303 kW). Le couple est de 740 Nm, et 770 Nm en appuyant sur le bouton rouge. C’est une transmission intégrale. Et pour alimenter tout cela en électricité, l’Ioniq 6 N dispose d’une batterie de 84 kWh. Son architecture 800 V permet des charges rapides, quand les conditions s’y prêtent (10 % à 80 % en 18 minutes). En conduite sur la voie publique, pépère, l’autonomie est de 487 km.

À couper le souffle

Sur une piste militaire désaffectée (espérons-le pour longtemps encore), j’ai pu lancer la Hyundai Ioniq 6 N pour mettre à l’épreuve le N Launch Control. Après les opérations de boutonnage, la voiture est prête ! En théorie, il lui faut 3,2 s pour passer de 0 à 100 km/h. Soit moins de 45 m. Les 200 km/h sont atteints en 10,3 s, dont 10 s avec le boost. En principe, cette vitesse est atteinte après 350 m. C’est justement la distance des drapeaux pour le freinage sur la piste. La voiture est prête pour le N Launch Control avec modulation automatique du couple moteur afin de garder une adhérence optimale. En position, les deux pieds sur les pédales (à fond sur le frein avec le gauche, à fond sur l’accélérateur avec le droit). Le son simulant la rage d’un bloc essence envahit l’habitacle. 5… 4… 3… 2… 1… 

Frein libéré : le nez de la voiture se soulève et se catapulte instantanément. Le souffle est coupé pendant les premiers dixièmes de seconde. Avec l’impression d’avoir tous les fluides du corps qui vont noyer le cerveau. Le souffle haletant, il faut rester concentré. Voilà déjà les drapeaux pour le freinage. Pied gauche sur le repose-pied, on pousse au maximum les freins avec le droit. Et l’Ioniq 6 N s’arrête sans frémir. On retentera l’expérience en gérant cette fois la transmission avec la palette droite. Je faisais le changement au niveau de la zone rouge, un peu trop tôt finalement d’après l’instructeur. Il aurait fallu y pénétrer un peu. Cependant, les 200 km/h ont été presque atteints ! Et pourtant, je n’ai pas monté les 8 rapports virtuels. Le N e-Shift est une astuce logicielle, tout en étant vraiment efficace pour ce genre d’exercice. Après le départ fulgurant, ce n’était pas terminé. Au retour, il fallait faire un premier évitement à 60 km/h, sans freiner. En sortie de cônes, appui sur le bouton rouge du N Grin Boost avec le décompte des 10 secondes. Gros coup de pied pour pousser la berline. En pleine vitesse : coup de frein, évitement et arrêt complet. Bingo ! J’ai réussi à poser la voiture tip top entre les plots, tout en gardant le rythme fulgurant. Une expérience à ne jamais répéter sur la voie publique, cela s’entend.

Autre chose à ne pas essayer non plus sur les ronds-points et le parking du boulot ou du supermarché : le N Drift Optimizer. Il y a d’ailleurs une double confirmation nécessaire pour pouvoir couper l’ESP et le contrôle de traction et jongler avec le menu drift. Un peu casse-tête, mais nécessaire. Une fois qu’on a déterminé le type de drift en fonction de l’angle souhaité et le niveau de grip, on lance la voiture à la vitesse souhaitée (25 km/h ici). On garde la vitesse en appuyant sur les deux palettes en même temps. Et quand arrivent les cônes du virage, on les lâche. Coup de gaz et la Hyundai chasse de folie. Les coups de volant pour contre-braquer et contrôler l’engin s’enchaînent avec le regard qui fixe les points de sortie. Chaud, chaud, chaud. Et dangereux si laissé à des inconscients. Sans parler du budget pneu. Mon œil a été choqué par la gomme… Enfin, ce qu’il en restait après quelques séances.

Sur la route

Je n’ai guère eu le temps de rouler sur la voie publique. Ceci dit, en mode de conduite normale, l’Ioniq 6 N est plutôt confortable. Et silencieuse. Elle est très docile aussi. Un vrai petit poney tout tranquille. Si on s’ennuie, on peut passer en mode Sport, pour en faire un cheval relativement soft par rapport à ce qu’on a fait sur la piste d’aviation en configuration pur-sang enragé. En préférant un animal dompté, le bouton N en bas à droite du volant permet malgré tout d’activer le N Active Sound + pour faire vibrer à bon tempo le marteau et l’enclume des oreilles. C’est un peu plus amusant. Et puis, il y a les palettes, lesquelles peuvent même simuler un frein moteur ! L’Ioniq 6 N serait-elle une électrique frustrée de ne pas être thermique ?

Il y a encore plus de technologies N, comme celle pour optimiser la batterie tant en préconditionnement avant la recharge qu’en refroidissement en usage intensif. Il y a aussi la N Pedal à 3 niveaux pour gérer le transfert. Ainsi que le N Road Sense qui détecte automatiquement les suites de virage. Comment ? En voyant les panneaux A1c ou A1d des Codes de la route belge et français (1.03 et 1.04 en Suisse) indiquant une succession de virages, la voiture va suggérer de passer en mode N pour une meilleure mise en appui. Il y a également le N Torque Distribution pour la répartition du couple entre les essieux. Attendez, ce n’est pas fini. La N Brake Regen. offre jusqu’à 0,6 G de freinage régénératif pour éviter la surchauffe des disques (0,35 G sur route ouverte avec ABS). Et puis, en vraie voiture d’ingénieur.e.s, il y a le TPMS Custom Mode pour définir la pression cible des pneus selon les préférences du conducteur surdiplômé en conditions de piste. Il ne faudra pas oublier de remettre la pression à niveau avant de reprendre la route.

Verdict

Pour un peu moins de 80.000 € (76.995 € en Belgique), on a une voiture électrique dopée aux kW et aux technos N pour distiller des sensations fortes. Il faudra avoir l’intelligence et le civisme de prévoir des budgets pour des sorties sur circuit. Car il est évident, compte tenu de sa tenue en virage lors des tests d’évitement, que l’Ioniq 6 N ne va pas lâcher prise sur la piste. Elle pourra même faire quelques tours à fond de balle avant de devoir trouver une prise pour recharger la pile de 84 kWh.

Sur la voie publique, elle sera un compagnon de route ostensiblement sportif, mais sage quand il le faut. Quand il faudra un bon coup de reins pour un dépassement, le bouton rouge va transformer la berline en missile. Les passagers devront avoir les nerfs solides et le cœur bien accroché. N'oublions pas que cette Hyundai Ioniq 6 N est une véritable familiale de 4,93 m, avec une banquette arrière à 3 places, un coffre (401 l) et même un petit frunk à l’avant (14,5 l). Il y a bien sûr l’alerte de dépassement de vitesse, la radio et le régulateur de vitesse pour calmer ses ardeurs au quotidien… Hâte de voir ce que cela pourrait donner !

P.S. : Le château que vous voyez sur les images, c’est le Kasteel van Ordingen de Saint-Trond (Belgique)

Texte et photos : © Olivier Duquesne

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