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J’ai testé la conduite autonome FSD de Tesla

  • 19 juin 2026 09:00

Lors du ZE Experience Event organisé par Link2Fleet, j’ai pu faire un petit tour avec une Tesla en mode autonome FSD (Full Self-Driving) dans la banlieue de Louvain (Leuven) en Belgique, où le système est désormais homologué sous supervision continue du conducteur. Retour d’expérience avec interventions humaines nécessaires.

C’est avec une certaine appréhension que j’accepte de tester la conduite – ou plutôt la non-conduite – autonome FSD de Tesla. Mon expérience de journaliste automobile m’a appris plusieurs choses : les systèmes d’aides à la conduite sont encore perfectibles (notamment la lecture de la signalisation routière) et les Tesla essayées auparavant n’étaient pas franchement les meilleures en matière de conduite semi-autonome, du moins à mes yeux. Soit !

Pour sortir du parking du Brabanthal de Louvain, le collaborateur de Tesla m’accompagnant m’indique qu’il vaut mieux garder le contrôle manuel dans ce dédale. J’appuierai plus tard sur le bouton du FSD sur le volant. Avant de démarrer, j’ai d'abord tapoté sur le panneau de limitation de vitesse apparu sur l’écran central depuis les dernières mises à jour OTA pour couper l’alerte de vitesse ISA. Un parcours est envoyé dans le navigateur depuis l’iPhone du collaborateur Tesla. Je n’aurais donc pas le choix des armes…

Distance de sécurité

Une fois sur une avenue droite, après la sortie du parking, j’appuie sur le fameux bouton. Je lâche le volant, les mains prêtes à reprendre le contrôle et je laisse le pied droit près de l’accélérateur. Premier carrefour à priorité de droite, la Tesla semble vérifier que tout est OK. Feu rouge pour tourner à gauche. La voiture choisit la bonne bande, mais aurait peut-être dû mettre le clignotant un peu plus tôt. Elle s’arrête dans la file, un peu loin. J’appuie doucement sur l’accélérateur pour la faire avancer. Là, c’est mieux. Et le FSD est toujours actif.

Démarrage au bon moment au feu vert et manœuvre impeccable pour rester sur bonne voie de circulation. Même le dépassement, c’est une route 2x2, se passe bien. Il faudra tourner à droite. Et là, du coin de l’œil, je vois un cycliste très concentré sur ses performances. 9 chances sur 10 qu’il grille le « Cédez le passage » de sa piste. Bingo ! Et Tesla, aussi, l’avait senti. Chapeau. Franchement, je ne sais pas comment le logiciel a pu comprendre cette situation classique de refus de priorité. On continue : priorité de droite avec, cette fois, des véhicules à qui l’on devra laisser le passage. Notre véhicule laisse passer l’Opel, mais se relance avec beaucoup de franchise, frôlant presque l’aile arrière de l’Allemande. Et le vélo cargo ? Ouf ! Il tourne à droite en restant sur sa piste…

Tout continue sans trop de problèmes sur quelques centaines de mètres. Je reste évidemment attentif. Une zone 30. Tesla ne l’a pas vue. Il faut freiner pour atteindre la bonne vitesse. La voiture n’est pas contente. Elle me demande de dire, via l’assistance vocale, pourquoi je suis intervenu. Cela fait partie de la stratégie d’apprentissage m’explique mon copilote humain. Il faut réactiver le FSD. Nous voilà dans un environnement urbain. Elle laisse passer les piétons qui traversent et gère correctement ce type d’environnement.

Attention à l’amende

Nouvelle zone 30. Cette fois, elle la détecte. Par contre, elle va accélérer un peu trop en amont de la fin de zone, si bien que je me retrouve à 40 km/h bien avant la fin de zone 30. Je force la voiture à ralentir un peu. Bref, la Tesla a fait une infraction. Mais ce serait pour ma pomme si… Le retour à 50 km/h s’entrevoit. Une fois de plus, elle accélère un peu trop tôt. Comme je l’aurais moi-même fait, je l’avoue. Il ne restait même pas 100 m dans la zone 30. Sur la route du retour, il y a un tourne à droite à côté d’un feu rouge. La Tesla s’arrête sur cette voie alors qu’elle pouvait continuer son chemin. J’appuie sur l’accélérateur pour la forcer à avancer. Elle n’est pas contente. L’écran se met à clignoter en rouge, le volant fait de petites saccades. De petits caprices auxquels je ne cède pas.

Retour en mode autonome. Avant de revenir au parking, il y a encore un carrefour un peu tordu. Et comme il est 17h, il y a beaucoup de trafic. La Tesla ne prend aucun risque. Elle veut s’élancer, hésite et puis se ravise. À un moment, en conduite manuelle, je me serais élancé. Pas elle. Dans le rétroviseur, il y a déjà 3 voitures derrière nous. Une gentille Renault n’encombre pas la file qui se forme face à elle et nous laisse la place pour tourner à gauche. Merci monsieur. Bon, c’est moi qui fais le signe, pendant que le FSD a bien compris la situation et passe. 

Le bilan

Certes, c’est bluffant. Et plus impressionnant que les systèmes de conduite semi-autonome sur autoroute. Oui, le FSD fonctionne. Toutefois, sur un parcours de 5 km, j’ai dû intervenir 4 fois. Et la Tesla a été trop timorée au carrefour délicat. Il me tarde de pouvoir mettre le FSD à l’épreuve sur un parcours que j’aurais choisi, avec quelques pièges nettement plus vicieux et dangereux. Mais globalement, la voiture en mode autonome roule anticipativement, sans excès de prudence. Toutefois, reste une variable importante : la personne assise à la place du « conducteur ». Pour que le FSD ne soit pas dangereux, il faut impérativement garder les mains près du volant et le pied droit près des pédales. Pour réagir rapidement. Le système va se manifester, voire annuler la conduite autonome, si la personne au volant manque à ses devoirs de vigilance. Ce qui ne fut pas le cas ici, à croire la voiture. En effet, elle donne un bilan d’attention en fin de parcours. Le mien était vert et « High ». Pourvu que tous les utilisateurs du FSD de Tesla en fassent autant !

Texte et photo : © Olivier Duquesne

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