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Kia PV5 à l’essai – directement dans le coup

  • 07 mai 2026 08:00

Un retour de Kia dans le monde de l’utilitaire léger. Et une première en Europe. C’est ainsi qu’il faut voir la Kia PV5 (Cargo). Disponible d’emblée en version familiale Passenger, ce véhicule électrique n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe. On sent une vraie maîtrise du sujet avec en prime un titre de "International Van of the Year 2026" (IVOTY). Essai en balade routière à son bord.

La Kia PV5 Passenger est un peu le combi de la marque pour familles nombreuses. Fruit d’un travail technologique avec Hyundai, la Kia PV5 a pourtant sa propre identité et une autre vocation. Malins les Coréens ! Il faut éviter que les marques sœurs se marchent sur les plates-bandes. Ainsi, la plateforme dédiée au PV5 par Kia, PBV (Platform Beyond Vehicle) a été imaginée avec une approche ultra-modulaire. Cela veut dire des carrosseries interchangeables pour une camionnette de livraison, un taxi, une voiture adaptée aux personnes à mobilité réduite ou un van pour la famille à 5 ou 7.

Pour cet essai, j’avais une version à 5 places (la 7 places arrive en concessions fin 2026). Ce véhicule parallélépipède rectangle au style hors normes a des dimensions plutôt compactes pour ce segment. Il est un poil plus court que la Kia EV6 et, même en largeur, plus petit que le SUV Sorento et encore plus petit que l’EV9. Il n’y a que la hauteur qui culmine vraiment : 1899 mm. Soit 1 mm sous la toise des parkings souterrains à 1,90 m. J’avoue, je n’ai pas tenté l’expérience.

Juste assez

Le moteur de la Kia PV5 n’entraîne que les roues avant avec 120 kW (163 ch). Ce n’est pas énorme pour 2,15 tonnes, on est d’accord. Le couple disponible immédiatement délivre 250 Nm. On n’est pas dans la catégorie de la livraison expresse avec un 0 à 100 km/h en 10,6 s ! Sa vitesse de pointe est limitée à 135 km/h, soit moins que la vitesse maximale autorisée sur autoroute en Pologne, par exemple (140 km/h). En Belgique, ceci dit, à 120 km/h, on a encore un peu de jus pour terminer un dépassement en jouant avec la tolérance technique.

Malgré la position de conduite, le comportement n’est pas tout à fait celui d’une camionnette. Ni celui d’une voiture. En effet, il reste la nécessité de devoir faire d’amples mouvements de bras avec le volant pour les virages serrés. Malgré la petite fenêtre qui s’affiche sur le combiné numérique, il manque un petit miroir vers le bas sur les rétroviseurs. Il est vraiment difficile de détecter les petits obstacles. D’autant que les montants de pare-brise ne sont pas non plus très collaboratifs de ce point de vue. Des oscillations peuvent se sentir sur certains revêtements en fin de carrière prolongée. Toutefois, cette PV5 sait plutôt bien se tenir. Le centre de gravité bas évite d’être penché à chaque virage.

Bon point aussi pour l’ergonomie surfant entre les boutons physiques et le tactile sur la dalle en format 16:9 de 12,9 pouces. Notez qu’il n’y a pas la rampe de commandes haptiques typiques des Kia dans cette PV5. Ni d’affichage tête haute. Le cluster de 7,5 pouces derrière le volant fait cependant l’affaire. Les commandes tombent bien pour le conducteur. Simple et efficace. Juste un petit chagrin : le manque d’accoudoirs rétractables. Il n’y en a qu’un pour le conducteur (à droite). Et rien pour les autres. Il faudra se contenter du coussin de portière. À l’arrière, il y a bien l’accoudoir escamotable en place centrale arrière. Mais à trois, ce sera le coude le long du corps ou sur le genou des deux autres passagers… 

Attention aux profiteurs

Malgré tout, la qualité des matériaux fait le pont entre l’utilitaire et le SUV familial. Les tons utilisés apaisent l’aspect des plastiques, parfois moussés. La sellerie est bien agréable, surtout quand la durée du trajet se prolonge. La Kia PV5 ne manque pas non plus d’espaces de rangement, y compris sous le plancher du coffre. Petit bonus pour les deux bacs sous les sièges avant. Dommage que les sièges arrière ne soient pas coulissants. Par contre, transporter des bagages en PV5 sera très facile.

Cette version 5 places dispose d’un seuil de chargement bas et d’un coffre avec un volume de chargement sous le couvre-bagages de 1330 litres ! C’est plus que certains SUV en rabattant les sièges. Et, évidemment, on peut rabattre la banquette (en 2 parties) en les repliant totalement (ou pas). Dès lors, le volume peut atteindre 3615 l. Attention : avec un tel véhicule, vos contacts risquent de se souvenir de vous… lors de leur déménagement. Laissez des gants de travail dans la cabine, on ne sait jamais.

En cas d’aide à un ami, il faudra sans doute encoder sa nouvelle adresse dans le GPS. Il y a la possibilité de le faire via la projection du téléphone Android Auto ou Apple CarPlay et gérer la batterie en activant manuellement le préconditionnement. Pour cela, le bouton personnalisable du volant permet d’aller directement au menu batterie. Sinon, le GPS intégré peut se charger de calculer l’itinéraire avec les pauses recharge. Et il est même possible d’ajouter un crochet d’attelage (jusqu’à 1500 kg) si vous voulez être un super héros des potes du dimanche.

Confort SUV ?

Hormis lors de vos missions bénévoles (ou pas d’ailleurs), la Kia PV5 saura transporter votre famille agréablement. Il y a pas mal de place pour les passagers arrière, même en position centrale (38 cm de large contre 48 cm pour les assises latérales). Il manque toutefois les crochets Isofix pour cette place du milieu. Dommage, c’est au détriment des normes de sécurité préconisées pour le transport des enfants de moins de 1,50 m. Cependant, le plancher tout plat est vraiment appréciable. L’ouverture coulissante des portes facilite l’accès. 

Par contre, c’est moins vrai pour le hayon. Son ouverture demande une belle amplitude à l’arrière. Inutile de dire que si quelqu’un s’approche un peu trop de son postérieur en rue ou que le mur est trop près, ce sera difficile d’accéder au coffre. Avec, en plus, le risque de faire un petit coup sur la carrosserie. C’est là la limite du concept de grand cube. 

On est bien mieux installé à 5 (et bientôt à 7) que dans un SUV. Mais il faut accepter quelques concessions, malgré un confort de haut rang. Au moins Kia a eu l’intelligence de ne pas trop étirer l’engin. Les créneaux restent envisageables, car finalement, ce van ne dépasse pas les 4,70 m ! Beaucoup de SUV sont plus longs et plus larges. Même au supermarché, c’est sympa pour l’installer sur le parking. Un peu moins quand même quand son immense porte de hayon bloque toute la circulation.

Autonomie

Imaginons que le passage au magasin était pour faire le plein de vivres avant un départ en vacances. Franchement, vous pouvez y aller avec les provisions, vu le volume utile. Reste qu’une batterie de 71,2 kWh dont 67 kWh sont utiles, c’est un peu court (jeune homme). Et là, il faut espérer un bon travail des ingénieurs pour l’aérodynamique. Bingo : Cx de 0,29 ! Tout d’abord grâce à sa motorisation électrique. En effet, sa plateforme E-GMP.S permet d'avoir un dessous de caisse parfaitement lisse. La calandre est fermée. Et le pare-brise ainsi que les montants ont été courbés pour mieux fendre l’air.

Dès lors, cette Kia peut revendiquer une autonomie WLTP maximale de 412 km, et 347 km en cycle mixte réel avec une consommation moyenne constructeur de 19,3 kWh/100 km. Lors de mes périples, j’ai pu rester à 20 kWh/100 km. Quand la batterie est à 100 % au départ, il a donc fallu penser à borner après 280 km quand la capacité est à 10 %. Sur autoroute à 120 km/h, cela monte souvent à plus de 24 kWh/100 km. Et là, entre 90 % et 10 % de charge, l’arrêt électricité se fait au bout de 240 km. En zone urbaine, l’autonomie réelle peut vraiment atteindre les 412 km, au printemps. 

Retirez 20 % d’autonomie dans les frimas de l’hiver. Et encore, la pompe à chaleur n’est pas de série sur la finition de base. Je n’ose pas imaginer le rayon d’action de la version d’entrée de gamme avec la "petite" batterie de 51,5 kWh et 122 ch. Si, je vous la donne : 295 km WLTP, 225 km en cycle mixte et 160 km sur autoroute. Revenons à notre version de 163 ch avec 67 kWh utiles (71,2 kWh bruts). La charge rapide peut grimper à 150 kW (architecture 400 V). Sans surprise, à la borne, c’est plutôt des pics à 100 kW et une charge jusqu’à 80 % en 30 minutes. Dix minutes de plus, et on dépasse quand même les 90 %. Bien ! Sur une borne en courant alternatif (AC), c’est 11 kW. Pas besoin de plus de toute façon.

La facture

Alors, que va en penser le budget familial ? Avec la petite batterie et 122 ch, et pas tout le confort, c’est au minimum 38.000 €. Pour la version Essential à grande batterie de 163 ch, c’est au moins 42.000 €. Sans pompe à chaleur disponible à partir de la finition Plus. Par contre, il y a bien la garantie constructeur de 7 ans et 150.000 km.

Mais pour cet essai, nous avions carrément la variante Elite. De quoi s’offrir les sièges électriques, chauffants et la sellerie en cuir végan. Sans oublier les portes coulissantes électriques, les pneus 4 saisons (16 pouces), l’infodivertissement complet et la teinte Frost Blue. Bilan des courses en Belgique : 49.350 €. La même voiture au Grand-Duché de Luxembourg revient à 47.719 €.

En France, il est possible de profiter de la Prime Coup de Pouce pour ce modèle, mais pas du bonus écologique. Son prix catalogue débute à 39.550 € avec la petite batterie et 43.550 € avec la "grande" batterie. Kia France ne propose pas la finition Elite. Pour retrouver un modèle similaire, mais sans cuir végan, avec la finition Plus, il faut se délester de 48.900 €. 

En Suisse, il y a bien la PV5 Passenger Elite, à 48.950 CHF. Par contre, il faut ajouter 900 francs pour la pompe à chaleur. Avec les packs et options, retrouver le modèle de notre essai coûte 52.160 € (sans pneus 4 saisons). Aux Pays-Bas, c’est 47.795 € pour l’Elite 71,2 kWh et même 50.245 € pour l’Elite Executive mieux doté. Outre-Manche, pas de finition Elite, le modèle Plus bien équipé est à partir de 36.730 £. 

Le verdict

Les familles nombreuses, ou ceux qui ont l’âme généreuse en matière de transport d’amis, ne peuvent plus se contenter d’un SUV. Les offres en grand monospace électrique (des camionnettes familiales quoi) commencent à se développer. Kia s’y engouffre avec succès grâce à la PV5 Passenger. Pas trop grand, look hors du commun et espace intérieur digne d’un palais : cette "voiture" a de quoi ravir les amateurs de voyage en colonie. Certes, la batterie de 71,2 kWh va montrer ses limites lors des grandes transhumances. Mais, la charge n’est pas trop paresseuse. Du moins à température clémente.

Il y a un vrai sentiment de bien-être à bord. Certes, il y a la concession du gabarit (pas trop excessif), de la hauteur vraiment à la limite des 1,90 m et de cette porte de hayon qui prend la place d’une citadine une fois ouverte. En dehors de ces défauts, la Kia PV5 Passenger répond aux attentes avec du confort et beaucoup de place et de coffre. Il n’y a pas de frunk à l’avant, mais, compte tenu de tout ce qu’il y a comme volume dans la cabine et les cachettes sous le plancher, on ne lui en veut pas pour le câble.

Texte et photos : © Olivier Duquesne

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