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La colonisation du numérique : nous offrons un tiers de notre vie aux écrans

  • 17 juin 2026 16:00

Nous passons près d’un tiers de notre vie connectés, et l’enquête mondiale commanditée par NordVPN confirme que cette "colonisation du temps" par les écrans nous concerne tous. En moyenne, cela représente plusieurs décennies cumulées devant un écran sur une espérance de vie d’environ 80 à 83 ans selon les pays.

Un tiers de notre vie en ligne

L’étude réalisée en avril 2026 auprès de plus de 20 000 internautes dans 20 pays montre que les Canadiens passeraient 25 ans, 2 mois et 11 jours de leur existence en ligne, soit quasiment un tiers d’une vie. Le calcul repose sur l’espérance de vie moyenne de chaque pays et sur le temps de connexion hebdomadaire, avec plus de 50 heures de navigation, de streaming, de réseaux sociaux ou d’échanges avec des outils d’IA pour le Canada.

Chaque activité est comptée séparément, ce qui signifie qu’écouter de la musique tout en parcourant son fil Instagram ou en discutant avec un chatbot IA alimente plusieurs compteurs en parallèle, accentuant encore la part d’"existence numérique". Ce temps de connexion massif, désormais étalé de 7 h à 22 h pour une grande partie de la population canadienne, donne la mesure du basculement : la vie quotidienne se déroule désormais en grande partie à travers les écrans.

France : l’alerte sur la surexposition

En France, les chiffres disponibles confirment cette tendance à la vie connectée, avec une inquiétude particulière pour les jeunes. Des travaux récents menés autour du temps d’écran des enfants montrent qu’en 2022, presque tous les 3–11 ans étaient exposés chaque jour à au moins un écran, avec une durée qui grimpe fortement avec l’âge.

La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant parle d’un temps d’écran de l’ordre de 4 h 48 par jour en moyenne chez les 11–14 ans, hors temps scolaire, ce qui équivaut déjà, sur une vie entière, à plusieurs décennies passées assis face à un écran. Les autorités sanitaires françaises ont d’ailleurs durci leurs recommandations, allant jusqu’à soutenir l’interdiction des écrans pour les moins de 3 ans et la limitation drastique des usages jusqu’à l’adolescence.

Belgique : plus de 3 heures par jour… et bien plus chez les jeunes

En Belgique, les données de Statbel indiquent qu’un adulte passe en moyenne 3,7 heures par jour en ligne, avec des pics bien plus élevés chez les 16–24 ans. Les  jeunes Belges dépassent régulièrement les 5 heures quotidiennes de connexion, ce qui, projeté sur l’ensemble d’une existence, se traduit là aussi par une vingtaine d’années de vie vécues à travers les écrans.

Si l’on ajoute les heures de télévision, de jeux vidéo et de travail sur ordinateur, la frontière entre vie en ligne et hors ligne devient extrêmement poreuse. Les études belges insistent également sur les effets collatéraux : troubles du sommeil, sédentarité accrue et impact possible sur le bien-être mental, rappelant que ce temps d’écran est loin d’être neutre.

Suisse : un usage intensif mais plus discret

La Suisse n’est pas au cœur de l’étude détaillée sur le Canada, mais les enquêtes européennes et de l’OCDE montrent des profils similaires en termes de connexion quotidienne. Les Suisses s’inscrivent dans la moyenne haute des pays développés, avec plusieurs heures d’écran par jour, notamment via les smartphones, le streaming et les réseaux sociaux, ce qui conduit également à un cumul de plusieurs décennies en ligne sur l’ensemble d’une vie.

Les travaux comparatifs sur le temps d’écran et le bien-être soulignent que, comme ailleurs, la qualité des usages compte autant que la quantité : un temps modéré et maîtrisé est associé à un niveau de satisfaction plus élevé que la surexposition au-delà de 5 heures par jour. Pour la Suisse comme pour les autres pays, la question n’est donc pas seulement "combien d’années devant les écrans?", mais "quel type de vie numérique remplira ce tiers de notre existence?".

Canada : 25 ans de vie devant un écran

Au Canada, l’enquête NordVPN fournit l’un des instantanés les plus frappants : 25 ans, 2 mois et 11 jours passés en ligne sur une espérance de vie d’environ 83 ans. Les internautes canadiens cumulent en moyenne 50 h 58 de connexion par semaine, dont plus de 6 h à regarder des contenus en streaming, 4 h 40 sur les réseaux sociaux et près de 40 minutes consacrées chaque semaine aux chatbots d’IA.

Pour Marijus Briedis, directeur technique de NordVPN, cela marque un "changement fondamental dans l’expérience humaine", avec une colonisation progressive de notre temps par les plateformes numériques et une disparition de la frontière entre vie réelle et vie en ligne. Plus le temps passé en étant connecté augmente, plus s’étend la surface d’exposition aux risques : collecte de données personnelles, atteintes à la vie privée, tentatives d’hameçonnage ou dérives liées à la désinformation.

Partout, la même équation se dessine : en additionnant nos heures de connexion, nous offrons déjà un tiers de notre vie aux écrans – reste à décider comment reprendre la main sur ce temps.

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