En France, l’Assemblée nationale a approuvé un texte visant à réduire rapidement la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés.
Le projet de loi "visant à protéger l’alimentation du peuple français des contaminations au cadmium", présenté par les députés du groupe écologiste Benoît Biteau et Clémentine Autain, a été adopté en première lecture en France (et contre l’avis du gouvernement)
Naturellement présent dans l’environnement, ce métal est aussi, et surtout, contenu dans les engrais fabriqués à partir de roches phosphatées que les agriculteurs utilisent pour augmenter les rendements. Une fois répandu dans les champs, le métal est absorbé par les plantes et contamine les aliments puis l’organisme.
Une victoire historique donc, pour l’environnement et pour la santé publique, mais aussi contre l’extrême droite et certains représentants de la droite républicaine qui ont voté contre le texte. La loi a en effet été soutenue par toutes les forces de gauche, ainsi que par les groupes centristes Horizons, MoDem et Renaissance.
Ce que prévoit le projet de loi
L’exécutif avait récemment présenté un projet réglementaire beaucoup moins ambitieux. La proposition du gouvernement prévoit, de fait, une limite de 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg seulement d’ici 2038. Un calendrier qui, selon les promoteurs de la loi, retarderait de près de vingt ans la mise en œuvre des premières recommandations formulées par l’Anses en 2019.
Pour devenir définitive, la proposition doit maintenant être examinée par le Sénat, où le calendrier législatif est particulièrement chargé. En attendant, une étape importante a déjà été franchie dans le débat européen sur la sécurité alimentaire et l’impact des engrais, à un moment où l’attention grandit à l’égard des contaminants environnementaux susceptibles de s’accumuler dans les sols agricoles et dans les denrées destinées à la consommation humaine.
Sources : Assemblée nationale / Vert
