Aujourd’hui, le 16 mai, se tient en Italie la première Journée nationale contre le body shaming, avec un slogan clair et direct : “La honte est dans les yeux de celui qui insulte”. Une campagne née pour rappeler que le corps ne peut pas et ne doit pas devenir un instrument d’insulte, et que la violence psychologique a des effets bien réels sur la vie des gens.
S’en prendre au corps pour insulter quelqu’un est destructeur, car le corps représente une part fondamentale de l’identité. Taille, poids, couleur de peau : chaque caractéristique visible est immédiatement associée à la personne tout entière. Dans un monde où l’image compte plus que le fond, le "paraître" prend souvent le pas sur "l’être".
Martina, 17 ans, raconte : “Au début, je riais quand on se moquait de mon poids, puis j’ai commencé à détester ce que je voyais dans le miroir.” Et les histoires comme la sienne sont loin d’être rares : chaque jour, des adolescents et jeunes adultes subissent des remarques qui laissent des blessures invisibles mais profondes.
Le phénomène et la loi
Le “body shaming” est un phénomène qui dépasse largement la simple blague ou le petit trait d’humour : c’est une violence psychologique. Il frappe l’estime de soi, la santé mentale et les relations sociales. Le terme, entré dans le dictionnaire italien Treccani en 2018, désigne littéralement le fait de faire honte à quelqu’un en raison de son corps.
En 2025, le Sénat italien a instauré la Journée nationale contre la dénigration de l’apparence physique. La date choisie, le 16 mai, et la couleur symbole, le fuchsia, représentent l’énergie, la vitalité et l’estime de soi. Cristina Semenzato, première signataire de la loi, a dédié cette Journée à Paolo Mendico, l’élève de 14 ans victime de body shaming qui s’est donné la mort, rappelant à quel point les insultes peuvent avoir des conséquences tragiques.
La campagne et le message visuel
Les affiches de la campagne montrent une photo volontairement imparfaite de Mme Semenzato, déformée et en dehors des canons de beauté traditionnels. L’image remet en cause la quête obsessionnelle de la perfection esthétique, et rappelle que chaque corps a sa dignité et sa valeur.
Federico, 22 ans, témoigne : “Au travail, tout le monde plaisante sur mon poids. Parfois, je me sens paralysé, comme si je n’étais jamais à la hauteur.” La Journée nationale veut précisément mettre en lumière et donner de la voix à des expériences comme la sienne et sensibiliser la société au poids réel de commentaires en apparence anodins.
Se regarder autrement dans le miroir
Cette Journée propose un changement de perspective : le corps n’est pas une cible. Derrière chaque corps, il y a une personne avec ses émotions, son histoire, ses fragilités. Le reconnaître est la première étape vers une culture plus empathique, loin des jugements et des insultes gratuites.
Elle ne doit pas rester un événement isolé : elle doit nous rappeler, au quotidien, qu’aucun corps ne mérite d’être pointé du doigt, et que l’acceptation et le respect passent d’abord par le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres.
