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Le syndrome des ovaires polykystiques change de nom : un tournant qui ravive l’espoir de millions de femmes

  • 17 mai 2026 12:30

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) change officiellement de nom et devient la "Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien" (SMOP). Une décision historique, qui vise à dépasser une définition jugée réductrice et trompeuse.

Après plus d’une décennie de consultations à l’échelle mondiale, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une affection qui touche une femme sur huit, a été rebaptisé. Ce trouble hormonal, qui concernerait quelque 170 millions de femmes dans le monde, sera désormais connu sous le nom de Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP).

Ce changement de nom historique a été publié dans The Lancet et annoncé au Congrès européen d’endocrinologie à Prague, marquant l’aboutissement de 14 ans de collaboration entre des sociétés internationales et des groupes de patientes sur six continents.

Selon plusieurs spécialistes, dont l’endocrinologue Pr Helena Teede, directrice du Monash Centre for Health Research and Implementation à Melbourne, le caractère trompeur du terme "polykystique" dans le SOPK a trop longtemps contribué à des retards de diagnostics et à une prise en charge médicale inadéquate.

Adieu "ovaires polykystiques"

Pendant des années, on a parlé de "syndrome des ovaires polykystiques". Mais ce nom, comme l’affirment aujourd’hui les scientifiques, médecins et patientes, ne reflétait qu’une infime partie du problème. Et souvent de manière erronée. Désormais, le tournant historique qui voit le passage du SOPK au SMOP, Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome ("Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien"), marque un changement loin d’être purement formel, visant à améliorer le diagnostic, les soins et la sensibilisation.

Pendant des décennies, le syndrome a en effet été associé presque exclusivement à la présence de "kystes ovariens", alors que nous savons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas du véritable nœud de la maladie. Le SMOP est une affection endocrinienne et métabolique complexe, qui touche les hormones, le métabolisme, le poids corporel, la santé mentale, la peau et le système reproducteur.

L’ancien nom, expliquent les experts, a contribué à alimenter la confusion, à retarder les diagnostics et à conduire à des traitements inadaptés. Beaucoup de femmes se sont senties ignorées, peu écoutées ou renvoyées à des explications superficielles, alors qu’elles vivaient avec des symptômes chroniques et des répercussions profondes sur leur qualité de vie.

Parallèlement, une autre étude menée par la même équipe de chercheurs confirme précisément ce que de nombreuses patientes dénoncent depuis des années : la présence de kystes ovariens n’est pas l’élément central du syndrome. D’où la nécessité de dépasser une définition désormais jugée trompeuse.

La transition vers la nouvelle appellation durera trois ans et sera accompagnée d’une campagne internationale d’information à destination des médecins, des pouvoirs publics et des chercheurs. L’objectif est d’intégrer officiellement cette nouvelle définition dans les recommandations internationales d’ici 2028.

Derrière cette décision se cache aussi une dimension culturelle et sociale. Selon les promoteurs, certains termes liés à la sphère reproductive peuvent renforcer la stigmatisation et la discrimination, surtout dans certains contextes mondiaux. Le nouveau nom a donc été pensé pour être plus rigoureux sur le plan scientifique, mais aussi moins stigmatisant.

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