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L’Italie s’effondre dans la Rainbow Map européenne : les droits LGBTQIA+ en net recul

  • 21 mai 2026 10:39

L’Italie recule encore sur les droits LGBTQIA+ : le nouveau rapport “Rainbow Map 2026” d’ILGA-Europe dresse le portrait d’un pays de plus en plus isolé sur la scène européenne.

Avec un score globale d’à peine 24 % en matière de droits civiques et de protections des personnes LGBTQIA+, l’Italie chute à la 36e place du classement européen. Le pays se situe désormais très loin de la moyenne européenne et assez proche de pays comme la Hongrie et la Pologne, souvent critiqués pour leurs politiques discriminatoires.

Mais le constat le plus alarmant est ailleurs : au cours des dix dernières années, l’Italie a perdu plus de 16 points, enregistrant l’un des pires reculs de toute l’Europe. Tandis que des pays comme l’Espagne, Malte ou même la Grèce continuent d’élargir droits et protections, la Botte semble faire machine arrière. 

Selon ILGA-Europe, ce résultat s’explique non seulement par ce qui fait défaut (mariage pour tous, pleine reconnaissance des familles homoparentales, lois efficaces contre les crimes de haine) mais aussi par le démantèlement progressif de certaines protections existantes et par un climat politique de plus en plus hostile envers la communauté LGBTQIA+.

Parmi les points les plus critiques signalés par le rapport, on retrouve :

  • les obstacles dressés devant les familles arc-en-ciel (les familles homoparentales) ;
  • le blocage de la transcription des actes de naissance des enfants de couples de même sexe ;
  • les restrictions qui frappent les personnes transgenres et non binaires.

La loi sur la gestation pour autrui (GPA), transformée en “délit universel” par la loi 169/2024, se trouve également dans le viseur. Une mesure qui, selon de nombreuses associations, constitue un cas presque unique en Europe et risque d’isoler davantage encore, tant sur les plans juridique et social, les familles concernées.

Et, au tableau qui s’assombrit, s’ajoute l’absence de législation spécifique contre les crimes de haine motivés par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Un vide juridique qui laisse des millions de personnes plus exposées aux discriminations, aux violences et aux discours de haine.

La situation des personnes transgenres et non binaires est également particulièrement préoccupante. Le rapport dénonce des restrictions bureaucratiques, des obstacles aux parcours d’affirmation de genre et des campagnes politiques et médiatiques jugées stigmatisantes. Par ailleurs, l’Italie ne prévoit toujours pas de loi fondée sur l’autodétermination pour le changement d’état civil.

Dans le même temps, alors même que l’Italie fait marche arrière, la Commission européenne a décidé de demander aux États membres d’interdire les prétendues "thérapies de conversion", des pratiques pseudo-scientifiques qui prétendent modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre et que l’ONU considère comme des traitements cruels et dégradants.

Bruxelles n’introduira toutefois pas d’interdiction européenne contraignante : la Commission se contentera de recommander aux États membres de légiférer eux-mêmes, affirmant ne pas disposer de compétences suffisantes pour imposer une interdiction à l’échelle de l’UE.

“Le mensonge, c’est de penser que les personnes LGBTQIA+ auraient quelque chose à corriger”, a déclaré la commissaire européenne à l’Égalité Hadja Lahbib. Selon les données européennes, une personne LGBTQIA+ sur quatre aurait subi des pratiques de conversion, une proportion qui grimpe à près d’une sur deux parmi les personnes transgenres.

À ce jour, seuls huit pays européens ont explicitement interdit ces pratiques.

Et ainsi, tandis qu’une partie de l’Europe tente au moins de renforcer les protections, l’Italie continue de glisser vers ce que de nombreuses associations qualifient désormais de véritable "zone grise" en matière de droits civiques.

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