La Mercedes-Benz CLA a décroché le titre de Voiture de l’année 2026. En se focalisant surtout sur la version électrique, à l’autonomie remarquable. Mais la gamme comprend aussi des solutions thermiques non rechargeables, comme cette CLA 200 MHEV testée ici.

La ligne est assurée, effilée, avec un couvercle de coffre se terminant par un discret becquet. La Mercedes CLA ne déroge pas aux règles d’élégance des berlines singeant les coupés 4 portes. Cette fois, c’est pour se laisser entraîner par un moteur microhybride 48 V. La CLA 200 est dotée d’une motorisation microhybride de 163 ch (120 kW) avec une aide électrique de 22 kW (30 ch). Il y a donc quand même un peu d’ions dans cette version.

4 cylindres
Malgré le souci d’harmonisation de la gamme, le moteur à combustion interne implique toutefois quelques différences entre les CLA, notamment au niveau de la calandre. Ainsi, la CLA 200 ayant besoin d’air, il y a bien une grille. Certes bien camouflée par les étoiles. Celles-ci ne sont pas lumineuses, mais chromées. Dans le même esprit, le bouclier inférieur présente des prises d'air réelles. À l’arrière, il y a bien sûr le pot d’échappement. En dépit de la finition AMG Line, il est très bien caché. Pas de sortie arrogante !

Évidemment, en ouvrant le capot, pas question d’y espérer un quelconque frunk. Ici, c’est le 4-cylindres 1499 cm³ qui occupe la place. Quant au moteur électrique, il est intégré à la boîte de vitesses : une transmission robotisée à double embrayage et 8 rapports. En étant ainsi logé dans le carter, il joue un rôle d’alternodémarreur. De quoi mettre le moteur essence en pause lors des phases en roue libre et en décélération tout en étant capable de mouvoir un peu la voiture pour les manœuvres. À chaque ralentissement, il sert à recharger la petite batterie lithium-ion de 1,3 kWh, par régénération.

Bras de transmission
Mercedes de dernière génération oblige, le sélecteur de transmission est un commodo à droite du volant. On le baisse pour la marche avant et on le lève pour la marche arrière. Il est aussi possible de le pousser ou de le tirer pour gérer manuellement les rapports par impulsions. Un truc à faire regretter les palettes bien plus simples à utiliser. Ceci dit, pour un dépassement énergique, il faut tirer ce levier vers soi en le maintenant dans cette position pour forcer le rétrogradage. À l’inverse, pousser le commodo et le laisser un petit temps va désactiver la conduite manuelle pour revenir en mode automatique. Si le moteur est en difficulté, la robotique va reprendre la main. Idem si la main droite ne quitte plus le volant après un certain temps. Dès lors, pour que la voiture ne s’occupe de rien, il faut forcer la conduite manuelle. Il y a moyen de le faire… via l’écran en réglant le mode Individual ou via une icône dans le menu rapide. Même si, en cas de situation critique, la boîte fera le nécessaire.

Hormis ce lapsus ergonomique, la CLA progresse sans véritables heurts. La transition entre les moments électrifiés est fluide et quasi imperceptible. Les 30 chevaux électriques donnent de bons coups de collier pour les démarrages et les relances (0 à 100 km/h en 8 s). C’est parfois un peu bridé du côté du rétrogradage en conduite dynamique. Le mode Sport se montre, certes, un peu plus agressif, surtout en montée de régime. Mais la voiture a un peu de mal parfois à sauter des rapports pour avoir plus de mordant en sortie de virage. Pour cela, il faudra chipoter au levier susmentionné. En jonglant avec le niveau d’aides à la conduite, la voiture acceptera quelques petits écarts de conduite lors des recherches de trajectoire en frôlant les bas-côtés. Mais pas trop quand même. Restons prudents et pensons aux jantes aussi. En tout cas, pour garder l’indispensable distance de sécurité, le régulateur actif fait bien le travail. Et si vous préférez rester dans tous les clous : les différents systèmes d’aides à la conduite en option peuvent aussi vous aider à dépasser ou à laisser la voiture faire le stationnement ou même sortir d’une place de parking (même si, une fois, elle a fait un peu n’importe quoi sur un parking avec un marquage au sol foireux).

Bonne hybridation
Néanmoins, l’assise est plus que correcte. Mercedes ne manque pas de fermeté, tout en gardant assez de confort sur route en bon état. Les chaussées dégradées et les obstacles au ras du sol envoient des coups secs dans l’habitacle. Ouch ! Surtout avec nos 19 pouces taille basse. Le réglage du châssis, très germanique, se ressent également au volant. La direction à assistance variable est souvent parfaite, sauf quand on pousse le nez à brouter le bitume. Il nous manque un peu de ressenti, celui de savoir à quel point les roues sont en souffrance. Par contre, le train avant reste incisif et prêt à quelques tentatives téméraires. Contrairement à la CLA électrique, ce sont les roues avant qui dictent le rythme ici. En bonne traction, cela suit les lignes sans enrouler le postérieur. Au quotidien, la CLA 200 se laisse conduire avec sérénité et efficacité. C’est pour ça, surtout, qu’elle a été conçue.

Cette Mercedes CLA microhybride profite du travail effectué pour les versions électriques. Dès lors, l’aérodynamique devrait aider la voiture à limiter sa consommation. De fait ! Il y a aussi le couple de 250 Nm disponible de 1750 à 4000 tr/min. Officiellement, selon les normes WLTP, la CLA 200 consomme 4,9 l/100 km, soit 111 g CO2/km. En l’équipant comme celle essayée, on passe à 5,3 l/100 km, soit 120 g CO2/km. Vous savez quoi ? J’ai réussi à faire mieux sur un itinéraire essentiellement à vitesse constante de 100 km/h : 4,6 l/100 km. Sur 1500 km, sur des routes variées, avec des tronçons à 130 km/h, ma moyenne a été de 5,3 l/100 km. Pile poil le WLTP du bon de commande. Bingo ! On gagne quelque chose ? Sur autoroute, on est à un peu plus de 6 l/100 km. Compte tenu de son réservoir de 43 l, un long trajet autoroutier nécessitera un plein après 650 km d’affilée.

Salon étoilé
Malgré ses 4,73 m de long, la CLA est une "petite" Mercedes. Néanmoins, les passagers arrière auront un peu de place pour les genoux si ceux à l’avant n’ont pas la carrure d’athlètes. Notez que celui qui aura la malchance de devoir s’installer au centre de la banquette sera beaucoup moins convaincu par l’habitabilité. La ligne de coupé, cette voiture "culmine" à 1,45 m seulement, impose un peu de contorsion pour entrer à bord à l’arrière. Attention à la tête ! Ouais, je sais, ça pique un peu quand on cogne. À l’avant, tout est fait pour le confort. Le soutien lombaire et la forme du fauteuil assurent un bon maintien, malgré une certaine fermeté. Mais ce qui frappe surtout, ce sont les écrans. Y compris au-dessus de la boîte à gants.

Notre modèle disposait de l’option Superscreen incluant le grand écran de 12,3 pouces pour le passager ou la passagère avant. Il peut donc s’improviser DJ, copilote ou se détendre avec des jeux et des vidéos. Lorsque la voiture est en mouvement, un filtre s’active si le conducteur (conductrice) a le malheur de tourner les yeux. L’image devient noire pour lui (elle), mais reste visible pour le passager (la passagère). Sinon, il y a l’écran central multimédia de 14 pouces et le combiné numérique de 12,3 pouces derrière le volant. Il y a aussi une possibilité d’affichage tête haute pour bien se focaliser sur la route et pas sur les exploits du passager avec Angry Birds.

Un excès de pixels qui n’empêche pas la CLA de garder quelques boutons. Même si beaucoup de choses doivent passer par le tactile, comme la climatisation ou… l’ouverture du coffre depuis l’habitacle. Les touches du volant sont moins sensibles que d’autres modèles Mercedes, et donc plus faciles à utiliser. On peut notamment utiliser celui du volume pour couper l’alerte de vitesse ISA avec un appui prolongé. Mercedes offre aussi la possibilité de clouer le bec à cette belle-mère critique et agaçante en tapotant sur l’icône de signalisation routière de l’écran. Par contre, pourquoi la projection du smartphone (sans fil) n’a pas droit à un affichage large ? Celui-ci ne couvre pas l’ensemble de l’écran central. Une sorte de signal incitant à utiliser le système MBUX du constructeur ? Il n’est pas mauvais, c’est vrai. Mais pourquoi une telle mesquinerie franchement inutile sur une telle dalle panoramique.

Luxe imparfait
Une Mercedes-Benz se doit d’offrir un certain standing. C’est la moindre des choses avec des étoiles un peu partout. Ainsi, les porte-manteaux à l’arrière, c’est bien. Tout comme la fente sur l’accoudoir central arrière pour déposer un smartphone. Mais pourquoi ne pas avoir pensé aux poignées de maintien ? D’autant que, rappelons-le, l’entrée à bord aux places arrière est assez tortueuse. De plus, le confort et le bien-être dépendront beaucoup du portefeuille, car il faudra choisir packs et options pour faire de la CLA un véritable écrin de douceur et de volupté. Pareil dans les petits oublis : le bac central entre les sièges avant n’est même pas capable d’accueillir correctement une petite bouteille d’eau ! Pinaillons encore : l’absence de crochet pour sac dans le coffre.

Sous le couvercle de la malle, il y a 405 de volume utile. Mais sa forme nécessite un peu d’inventivité pour arriver à tout caser. On peut aussi rabattre les sièges en 40/20/40. Le volume atteint alors 1050 l. Ne tentez pas de transporter la vieille machine à laver à la déchetterie. Ça ne rentrera pas. Pour cela, il faudra tracter une petite remorque. Ça tombe bien, il y a l’option attelage avec un bouton dans le coffre pour déloger la boule de sa cachette et la stabilisation par ESP. Pour les vacances, un coffre de toit n’est pas un luxe. D’autant qu’on pourra le surveiller depuis le toit translucide à opacité variable (option). Par contre, il faudra oublier les 6 l/100 km sur autoroute. Pour ne pas perdre en autonomie, le mieux est d’installer un coffre sur la boule d’attelage.

Les prix
Vous avez du temps et un diplôme de doctorant ? Parce que la configuration de votre CLA favorite, cela va prendre quelques minutes. Entre le choix de la ligne (Business, Progressive ou AMG Line), les sempiternels packs d’équipements (Premium, Premium Plus) et les options individuelles, comme le fameux Superscreen ou le toit panoramique, la facture s'alourdit aussi vite qu'une accélération sous boost électrique. Si le tarif d'appel de cette CLA débute aux alentours des 45.000 €, il ne faut pas se leurrer. Pour profiter du "salon étoilé" décrit plus haut, notre modèle d'essai CLA 200 microhybride dépasse allègrement les 60.000 €, voire 70.000 € selon les marchés. Un tarif pour le moins élitiste pour une berline compacte, aussi sculpturale soit-elle.

En Belgique, notre Mercedes-Benz CLA 200 AMG Line débute à 46.585 €. Mais il faut ajouter le pack Premium plus pour, entre autres, les services connectés, l’ouverture/fermeture clé en poche et l’affichage tête haute (4961 € - pour de vrai !), il y aussi le pack AMG Line Premium Plus avec les jantes de 19 pouces, la sonorité sport (oui, c’est vrai), l’excellent système audio Surround Burmester, les phares dynamiques et les sièges sport (3993 €). N’oublions pas le pack d’assistance à la conduite avec l’aide actif au changement de voie (1815 €) et le pack de stationnement (605 €). Le toit panoramique Sky Control à opacité variable (1270 €), la carrosserie noire métallisée (920 €), le dispositif d’attelage (1198 €) alourdissent encore la note. Attendez, ce n’est pas fini. Le cuir noir est vendu à 1634 €, les airbags latéraux arrière pour mieux protéger vos enfants ou vos amis (151 €) et le superscreen MBUX à 1210 € (tout ça pour jouer à de bêtes jeux). Avec tout ça, on arrive à 64.300 €. En gros, 17.745 € d’option. Plus qu’une Dacia Sandero bien équipée pour un autre membre du ménage ! Et encore, on n’a pas tout coché dans la liste…

Cette personnalisation à outrance, cela fonctionne aussi au Luxembourg. On commence à 43.320 €, on finit à 62.624 €. En France, la Mercedes CLA 200 débute à 48.350 €. Ensuite, pour retrouver un modèle AMG-Line similaire à celui de ce test en noir cosmo métallisé, on passe à autre calibre : 70.400 € ! Sans les malus poids et CO2 qui s'ajouteront à l'addition. En Suisse, la CLA débute à 54.800 CHF. Quand j’ai voulu configurer une CLA 200 AMG Line, le site suisse a sorti le drapeau blanc. Était-il en mode PLS de gêne ? À la grosse louche, on doit arriver à 80.000 CHF, sans trop de supplément fiscal. Aux Pays-Bas, le prix d’appel est de 48.000 €. C’est déjà 55.324 € pour la CLA 200 AMG. Après le passage à la configuration, on atteint 71.644 €, la taxe BPM de 6166 € incluse. Au Royaume-Uni, cela démarre à 38.715 £. En la dotant comme sur nos images, le montant total est de 52.880 £, donc soumis à la taxe de luxe.

Mon verdict
Cette Mercedes CLA 200 AMG-Line se mérite lors de la validation du virement. Cet achat sera synonyme de berline aux allures de coupé à la sobriété assumée par sa microhybridation et son aérodynamique. C’est aussi une voiture plaisante à mener. D’autant qu’on est assis assez bas. Ce qui détonne quelque peu par rapport au profil habituel des automobiles actuelles. Même si elle n’est pas électrique, cette CLA ne lésine pas sur la technologie. Surtout si on a eu la main lourde sur les packs et les options. Les quelques mesquineries d’équipement s’effacent face au ressenti à son volant. À condition d'y mettre le prix et d'avoir la souplesse nécessaire pour s'installer à l'arrière.

La Mercedes CLA 200 prouve qu'elle n'a pas besoin d'être 100 % électrique pour briller. Sa motorisation microhybride est un exemple de douceur et de sobriété, couplée à un châssis dynamique qui donne le sourire. Rouleuse et fermement confortable, cette Voiture de l’année 2026 (COTY) est une vitrine technologique bluffante. Dommage que la recherche de l'épure absolue (ligne de toit, disparition des palettes, un peu trop de tactile) finisse par nuire à la praticité et à l'ergonomie. Mais bon, il y a une étoile sur le klaxon. Et cela se ressent à bord de cette berline aux allures de coupé que j’ai apprécié mener vers une plage française de la mer du Nord pour observer l’éclipse, mais aussi au quotidien et sur les routes de Belgique et des Hauts-de-France.

Texte et photos : © Olivier Duquesne

