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Navigation – Quand le GPS perd la langue

  • 16 août 2026 09:30

Au détour d’une indication, la navigation décide parfois de rebaptiser des villes et des lieux. Au point de désarçonner l’automobiliste local ou un peu polyglotte. Entre noms de villes mal prononcés ou de vaines tentatives de les franciser, les instructions routières peuvent devenir ridicules.

Les Belges s’amusent souvent des tentatives des GPS à prononcer en français les noms de villes flamandes ou bruxelloises. "Jean" pour Gent (Gand), "Charbèke" pour Schaerbeek, "Nédèreoveurimbèk" pour Neder-over-Heembeek. Le pire, c’est que même des villes francophones ont droit à leur réinterprétation. Ainsi, Hannut devient "Annute". Heureusement que la terminaison de cette commune wallonne n’a pas pris une lettre voisine du T. Cela finirait en histoire de Q. Même en France, il y des surprises. Un système de navigation m’a envoyé à "Roubèze" au lieu de Roubaix. Je cherche encore le Z, j’avoue.

À l’étranger, cela peut même devenir vraiment folklorique. Direction "Mouncheunngladbak" (Mönchengladbach) ! En Allemagne, les longs noms de rue sont apparemment un supplice pour le module vocal francophone. Même en connaissant la langue de Goethe, on est vite perdu. Cependant, il fallait bien trouver un compromis. Car, prononcer les lieux dans la langue locale serait aussi désarçonnant pour un conducteur ne la maîtrisant pas, même un tout petit peu. En Pologne notamment. Là où la plupart des touristes vont dire "Vroclav" pour Wrocław, le Polonais, lui, sait que cela se prononce "Vrotsouaf". Quant à Łódź, il faut normalement dire "Woueutch" et pas "Lodz" ou "Leutch". Et c’est là qu’est l’os.

Des solutions ?

Il y a bien eu des tentatives, au début de l’ère des GPS, de faire basculer la voix vers celle de la langue locale pour signaler les localités et les rues. Changement de voix et de ton, mais prononciation parfaite. Sauf qu’avec "Reillesseul", le Français ne sait pas que cela correspond au mot "Rijessèle" (Rijsel sur la signalisation), à savoir Lille. La belle galère pour les non-polyglottes qui ne pouvaient associer le nom cité à ceux affichés sur la signalisation routière. A contrario, quand on est un peu bi-, tri- ou quadrilingue, c’est tout aussi désarçonnant, voire contrariant, d’entendre des prononciations aléatoires. Surtout pour des villes dans son propre pays. C’est encore plus déroutant quand la localité est censée être dans la même langue que les indications d’itinéraire.

On peut imaginer que les algorithmes des systèmes de navigation sont basés sur des règles de phonétique, avec ou sans aide de l’IA. Raison économique ou technique ? Pourtant, il serait judicieux de faire vérifier les prononciations ou de tenir compte des remarques des utilisateurs. Et puis, pourquoi ne pas proposer des langues secondaires pour les indications routières dans les menus ? Ainsi, parlant français, anglais et un peu néerlandais, allemand et italien, je pourrai sélectionner ces langues pour avoir des indications moins propices à la déconcentration, tout en ayant les indications d'itinéraire dans ma langue maternelle. Pour les autres langues, je choisirais de suivre le GPS « façon francophone ». Un réglage que je ferai pour mon prochain voyage en Pologne. Parce que le polonais, c’est vraiment trop compliqué !

Texte et photo : © Olivier Duquesne

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