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90 % de la production mondiale de safran dépend de l’Iran

  • 18 avr. 2026 14:30

La poursuite de la guerre en Iran pourrait mettre en danger l'approvisionnement de cette épice au niveau mondial  

Il faut environ 150 000 fleurs de crocus et plus de 600 heures de travail manuel pour produire un kilo de safran séché. Un processus long et laborieux, qu’il est impossible d’accélérer, d’automatiser ou de délocaliser facilement, et qui se heurte aujourd’hui à un problème géopolitique de première importance : l’Iran produit entre 85 et 90 % du safran mondial, concentrant dans une seule zone géographique — le Khorasan, au nord-est du pays — la quasi-totalité de l’offre globale d’une des épices les plus précieuses et les plus chères au monde. 

À l’échelle mondiale, la production tourne autour de 300 000 kilos par an et selon les données de la Banque mondiale, les importations dépassent 90 000 kilos par an pour une valeur proche de 20 millions de dollars. Une part importante arrive directement d’Iran.

Depuis l’arrêt des vols le 28 février, l’arrivée de l’épice en Europe se fait elle aussi plus lente. Mahsa Mehrnam qui importe du safran transformé dans les plantations familiales au Khorasan — explique que les approvisionnements ont été organisés à l’avance : "Nous sommes couverts pendant environ six mois pour le safran, et nous avons des stocks de caviar, issu d’esturgeons de la mer Caspienne élevés dans nos propres fermes. Mais si le conflit s’étend, les conséquences économiques seront énormes, pour tout le monde"

La véritable phase critique ne concerne pas les prochains mois, mais la campagne de récolte qui s’ouvrira à l’automne. Si le conflit devait se prolonger, début 2027 les importateurs pourraient ne plus être en mesure de participer aux enchères en Iran ni de contractualiser les expéditions.

Trouver des fournisseurs alternatifs n’a rien d’évident. Des pays comme l’Afghanistan, le Maroc et l’Inde contribuent à la production mondiale, mais avec des volumes insuffisants pour compenser d’éventuelles baisses de l’offre iranienne. L’Espagne, premier exportateur mondial en valeur, achète en grande partie du safran iranien qu’elle retravaille avant de le revendre sur les marchés internationaux : ce n’est pas une alternative, c’est un maillon de la même filière.
 

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