La Citroën C4 profite de sa mise à jour pour intégrer une motorisation hybride inédite. Ce système possède ses propres spécificités en matière d’hybridation. J’ai pris le volant de cette version "hybride" de 145 ch pour un test routier approfondi.
Dans la gamme C4, Citroën a introduit une alternative « hybride » au sein de son offre thermique. Le constructeur français a opté pour un dispositif intermédiaire, situé entre l’hybridation légère et le système autorechargeable classique. Le moteur électrique développe une puissance de 28 ch et se trouve intégré directement à la transmission robotisée à 6 rapports.
Ce bloc vient épauler le 3-cylindres 1.2 l essence de 136 ch (100 kW). Pourquoi émettre des réserves sur cette appellation d’hybride ? Car, bien que le moteur électrique ne soit pas une simple aide comme sur une MHEV, il ne peut déplacer la voiture aussi souvent ou aussi longtemps qu’une HEV traditionnelle.
Combien de litres ?
Ce compromis technique parvient-il réellement à faire baisser la consommation ? Les nombreux kilomètres parcourus durant notre essai ont permis de dégager plusieurs enseignements. À certains moments, le silence de fonctionnement confirme que l’énergie électrique entraîne seule les roues. De même, on perçoit par instants le réveil du 3-cylindres, signe qu’il se trouvait auparavant au repos. Lors d’un parcours rural d’une soixantaine de kilomètres, l’assistance électrique a fonctionné durant 22 % du trajet, avec une consommation moyenne d’essence de 5,7 l/100 km.
Concrètement, le système s’active au lâcher de pédale, pour un soutien ponctuel ou lors de manœuvres à très basse vitesse. Sur les voies rapides, il est tout à fait possible de stabiliser la consommation autour de 5,5 l/100 km. En intégrant des trajets urbains, on peut espérer une moyenne réelle sous la barre des 6 l/100 km par temps automnal. Officiellement, la norme WLTP annonce 4,7 l/100 km.
Confortable
Les atouts majeurs de cette Citroën demeurent le moelleux des sièges « Advance Comfort » et sa faculté à gommer les irrégularités de la chaussée. Ses suspensions dotées de butées hydrauliques absorbent les défauts du bitume avec une aisance remarquable. Plus légère que la version électrique, cette C4 semble d’ailleurs encore plus douée pour survoler les routes dégradées. On note toutefois une légère prise de roulis en virage. Son comportement reste cependant sécurisant partout où je l’ai testée, que ce soit à la campagne, en ville ou sur autoroute.
L’espace intérieur se révèle généreux avec une disposition des commandes intuitive. Seul l’occupant de la place centrale arrière éprouvera, comme souvent, des difficultés à s’installer confortablement. Le volume de coffre de 380 l paraît un peu juste pour une vocation familiale.
On regrettera aussi que l’instrumentation numérique soit techniquement dépassée. Cette option est pourtant indispensable pour bénéficier de l’affichage tête haute. L’écran central ne semble pas non plus de toute dernière génération. Pourtant, il intègre une commande vocale gérée par ChatGPT. Cette intelligence artificielle peut exécuter de nombreuses tâches, dont beaucoup restent heureusement accessibles via des touches physiques. Citroën a en effet eu le bon goût de ne pas céder à la tendance du tout tactile.
Hors norme
À l’extérieur, ce restylage abandonne les lignes en X pour une signature lumineuse inédite et des feux arrière horizontaux. La C4 conserve son profil atypique, entre la berline, le coupé et le véhicule surélevé, sans pour autant devenir un SUV. On retrouve également l’aileron scindant la lunette arrière, ce qui pénalise légèrement la rétrovision. Une caméra de recul est présente pour aider à voir derrière soi. Cependant, Stellantis éprouve toujours des difficultés à fournir une vision panoramique fluide et nette en permanence. Des bandes grises apparaissent parfois sur l’écran à la place de l’image de la route. C’est peu pratique et oblige à compter sur ses propres yeux ainsi que sur les radars.
Heureusement, la partie mécanique vient valider l’intérêt de ce rajeunissement. Le sprint du 0 à 100 km/h est abattu en 8 s. Elle dispose donc d’une belle réserve de puissance pour s’élancer. Sur les autoroutes allemandes, elle pourrait même atteindre 210 km/h. Cette hybridation offre ainsi un regain de tonicité à la C4, tout en évitant l’excès de gourmandise. N’est-ce pas là l’essentiel pour une hybride ?
Les prix
Pour l’année 2026, les tarifs ont évolué pour suivre le marché européen. En Belgique, la gamme hybride débute avec la version de 110 ch aux alentours de 28.500 €, mais la motorisation de 145 ch qui nous occupe s’affiche désormais à partir de 30.600 €. Pour un modèle haut de gamme Max avec options, le budget grimpe vers les 37.400 €.
Au Luxembourg, les tarifs sont très proches avec une mise à prix pour la C4 Hybrid 145 Max aux environs de 31.100 € hors options. En France, il faut désormais compter environ 35.300 € pour la finition Max, tandis que notre exemplaire d’essai tout équipé avoisine les 37.500 €.
En Suisse, la Citroën C4 Hybrid 145 Max se négocie autour de 34.600 CHF, montant qui grimpe à 38.100 CHF pour une version équipée du pack hiver complet. Aux Pays-Bas, cette version Max est à environ 38.600 €, et les options peuvent porter la facture finale à plus de 40.800 €. Enfin, au Royaume-Uni, cette motorisation hybride de 145 ch est proposée à un tarif débutant aux alentours de 28.900 £, atteignant les 33.500 £ pour les finitions les plus luxueuses.
Verdict
Cette Citroën C4 hybride réussit le pari de la douceur sans sacrifier les performances. Son système de propulsion original offre un agrément de conduite réel, particulièrement en milieu urbain et périurbain où l'apport électrique se fait sentir par sa fluidité. On apprécie surtout son confort souverain, fidèle à l'ADN de la marque, qui en fait l'une des berlines les plus prévenantes de son segment pour le dos des passagers.
Malgré tout, quelques ombres au tableau subsistent, notamment une technologie embarquée qui commence à dater face à une concurrence plus moderne et un volume de chargement qui limite ses ambitions de grande voyageuse pour toute la famille. Elle reste néanmoins un choix pertinent pour ceux qui cherchent une voiture au design singulier, capable de consommer avec modération tout en offrant un punch surprenant lors des dépassements.
(Texte et photos : © Olivier Duquesne)
Olivier Duquesne















