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Dacia Bigster Hybrid à l’essai – Le grand joue aux 1000 bornes

  • 03 mars 2026 08:00

Pour faire simple, imaginez un Duster qui aurait poussé de 23 cm après une séance de musculation. La filiation stylistique est évidente au premier regard. Ce SUV atteint désormais 4,57 m de long. En prime, sa hauteur est également majorée de 5 cm, Dispose-t-elle des atouts nécessaires pour convaincre les familles cherchant un véhicule rationnel ? Une chose est sûre : l’autonomie de notre modèle d’essai hybride force le respect.

Attaquons par une précision cruciale : en dépit de cette vingtaine de centimètres gagnés, la Dacia Bigster ne propose pas de configuration 7 places. En revanche, la place centrale arrière est réellement exploitable pour un adulte. Ce n’est évidemment pas un fauteuil club, mais c’est nettement plus accueillant que chez bon nombre de concurrents. Attention toutefois : si vous abaissez ce dossier pour utiliser les porte-gobelets, une ouverture béante vers le coffre apparaît. En cas de freinage d’urgence, un objet fin mal arrimé pourrait se transformer en projectile dans l’habitacle. Prudence !

Cargo

Restons au niveau de la poupe de ce « Duster XL » pour explorer l’atout majeur du Bigster : sa soute à bagages. L’ouverture est gigantesque et engloutit sans broncher une montagne d’affaires. J’ai pu tester la chose avec le barda de randonneurs croisés sur la route : tout y passe sans forcer. 

De manière plus terre à terre, les allers-retours à la déchetterie seront moins fréquents grâce à ce volume. Au moment des vacances, le superflu des enfants trouvera sa place sans devoir jouer à Tetris. Idem pour le ravitaillement mensuel au supermarché. De plus, les barres de toit modulables sont là si vous devez vraiment vider la maison… Vous êtes paré pour le grand déménagement. Dacia a même développé une application utilisant la caméra du téléphone pour optimiser le rangement.

Parlons chiffres. Sur cette mouture, le volume sous tablette s’établit à 612 l. Une fois que l’on enroule tant bien que mal le cache-bagages et que la banquette est couchée, on grimpe à 1912 l de chargement utile. On pourrait presque y dormir. Notez que notre version Hybrid 155 est la moins logeable du lot à cause de la batterie électrique. À titre de comparaison, la déclinaison Mild Hybrid 140 offre des volumes bien plus vastes de 702 l et 2002 l.

Ergonomique

Une fois installé au poste de conduite, un accessoire typique de la marque saute aux yeux : le support de téléphone intégré (sur Journey et Extreme). C’est une idée de génie qui devrait être imposée partout. Cela dit, un chargeur à induction est aussi présent au bas de la console. Le système multimédia Media Nav Live, livré de série sur notre finition Journey (ou contre 550 € sur l’entrée de gamme), gère sans souci Android Auto et Apple CarPlay. On peut aussi y installer des applications natives pour naviguer avec Here, par exemple. Sur ce point, c’est un sans-faute : Dacia couvre l’essentiel des besoins numériques. 

Seul hic agaçant : lorsque le guidage du smartphone est affiché, les commandes physiques de volume ne pilotent plus que la voix du GPS, ignorant la musique. Il faut alors pianoter sur l’écran pour ajuster le son. Un bug logiciel déjà croisé sur d’autres modèles du groupe Renault.

À propos de commandes, le constructeur n’a heureusement pas cédé à la mode du « tout tactile ». L’écran de 10,1 pouces l’est, certes, mais de vrais boutons subsistent. On trouve notamment, à gauche, une touche pour couper l’insupportable alerte de survitesse. Une double pression suffit pour rappeler vos préférences personnelles, une manip à faire à chaque démarrage. Sur cette même barrette se trouve le réglage de la hauteur des phares. C’est pratique pour tracter ou rouler chargé, mais le bouton est mal placé et mon genou a souvent baissé les feux sans le vouloir. On aurait préféré une commande plus discrète. Cela n’enlève rien à l’ergonomie générale, simple et efficace, jusqu’aux boutons de volume situés sur la tranche supérieure de l’écran.

Un peu dure

Naturellement, le positionnement tarifaire agressif de Dacia implique des compromis. Les allergiques aux plastiques durs en seront pour leurs frais. Ne cherchez pas de matériaux nobles ou de couleurs flashy. La sellerie reste dans des tons sobres : gris foncé ou gris clair ici. On trouve un peu de bleu sombre sur la finition Expression et une teinte kaki sur l’Extreme. C’est le maximum de la fantaisie ! Mais soyons honnêtes : avec des enfants ou un chien, on bénit l’absence de cuir beige salissant… Au moins, un accident de jus de fruit ne provoquera pas de crise de nerfs.

Ces plastiques rigides inspirent d’ailleurs la solidité à bord de la Dacia Bigster, à l’image du ressenti sur la route. Le châssis encaisse bien les chocs, même s’il laisse remonter quelques trépidations sur le bitume dégradé. La suspension offre cependant un débattement généreux. Cela permet de s’aventurer sans crainte sur des chemins forestiers défoncés ou des pistes caillouteuses. 

Si les sièges sont un peu fermes, ils permettent tout de même d’envisager de longs voyages sans fatigue excessive. Surtout que l’appétit de l’engin est mesuré. En rejoignant les lieux du shooting photo, j’ai relevé 6 l/100 km en conduisant sans ménagement par forte chaleur. En adoptant un rythme plus coulé, la moyenne descend à 5,5 l/100 km, voire sous la barre des 5 litres. Grâce au réservoir de 50 litres et à l’apport électrique, on peut tabler sur 1000 km d’autonomie en conduite souple et au moins 900 km sans jouer les pilotes de rallye.

La cavalerie combinée de la Dacia Bigster Hybrid 155 culmine à… 158 ch. Cette puissance vient du mariage entre un 4-cylindres 1.8 l de 109 ch et un moteur électrique de 49 ch, épaulé par une batterie de 1,4 kWh qui se recharge en roulant. La boîte automatique fait le job. Si le bloc thermique était moins bruyant, les passages de rapports se feraient presque oublier. Las ! Ne soyons pas trop sévères. L’ensemble est cohérent pour cette traction. 

Malgré son gabarit, le Bigster décolle honnêtement au feu vert et relance suffisamment bien après les travaux sur autoroute. Ce n’est toutefois pas une sportive. La direction manque un peu d’autorité pour cela. Même constat pour le freinage, qui privilégie la douceur. Attention au roulis : si vous transportez une bibliothèque Gersby du géant suédois, arrimez-la bien, car elle glissera au premier rond-point. La voiture prend du gîte.

Défi prix

L’argument massue de Dacia reste évidemment la facture finale. Pour ce début 2026, en Belgique, le ticket d’entrée pour la finition Essential (140 ch, sans GPS) se négocie désormais autour de 24.800 €. N’oublions pas la version GPL : pour rouler au gaz, comptez environ 26.800 €, mais vous perdez la roue de secours au profit du réservoir de gaz. Notre version d’essai Hybrid 155 démarre vers 29.900 €. En ajoutant les options de notre modèle (toit ouvrant, packs divers, peinture et jantes), une version Journey toute équipée tourne autour de 34.900 €.

Chez nos voisins en France, la Dacia Bigster de base demande un chèque de 25.300 € en finition Essential. Pour s’offrir notre modèle d’essai hybride Journey avec ses options, il faut compter environ 35.800 €. Au Grand-Duché de Luxembourg, l’offre débute plus bas, vers 23.900 €, tandis que notre modèle d’essai tout équipé grimpe à environ 33.200 €. En Suisse, l’addition commence à 28.300 CHF et notre configuration illustrée atteint les 35.800 CHF. 

Aux Pays-Bas, fiscalité oblige, le prix de base GPL est plus salé, débutant à 31.500 €, pour culminer à plus de 41.600 € pour notre version hybride. Enfin, au Royaume-Uni, la gamme démarre aux alentours de 23.500 £ pour atteindre 31.000 £ pour un modèle hybride haut de gamme. Certes, les accessoires et la finition Extreme peuvent encore alourdir la note, mais le rapport prix-prestations reste imbattable sur le marché actuel.

Verdict

La Dacia Bigster réussit son pari : offrir un véritable espace familial sans faire exploser le budget du ménage. Il conserve l’ADN pragmatique de la marque tout en proposant une polyvalence accrue grâce à son coffre géant et son habitabilité arrière soignée. Certes, il ne faudra pas être trop regardant sur certains détails de finition ou sur l’insonorisation lors des fortes accélérations, mais l’essentiel est là. C’est un outil de transport robuste, pensé pour la vraie vie, capable d’encaisser les aléas du quotidien, comme les départs en vacances chargés.

Sur la route, la motorisation hybride 155 ch (158 ch en vrai) du Bigster se montre convaincante par sa sobriété impériale, offrant une autonomie digne d’une routière Diesel d’antan, le tout avec la douceur de l’assistance électrique en ville. Si le comportement privilégie clairement le confort à la dynamique, c’est en parfaite adéquation avec la vocation de l’engin. En somme, la Dacia Bigster hybride est une proposition honnête et cohérente qui en donne beaucoup pour son argent, s’imposant comme le choix de la raison par excellence.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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