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Fiat Grande Panda électrique à l’essai – Un retour volté

  • 02 janv. 2026 08:30

La célèbre citadine turinoise revient sur le devant de la scène, mais cette fois-ci affublée du patronyme Grande Panda. Pour cette prise en main, nous avons en effet jeté notre dévolu sur la déclinaison à batterie de la Fiat Grande Panda. Une voiture électrique qui se veut abordable et prioritairement vouée à la jungle urbaine.

Il règne un parfum de nostalgie autour de cette Fiat Grande Panda qui rappelle son aïeule. Les formes cubiques sont bien là, même si le gabarit a enflé, une croissance inévitable en ce XXIe siècle. On retrouve aussi des clins d’œil au passé, comme les jantes blanches qui équipent notre série Red. Pourquoi l’appeler "Grande" ? Simplement parce que la génération précédente figure toujours au catalogue, rebaptisée Pandina sur certains marchés, et ce, encore pour un petit temps. Revenons à notre nouveauté, la plus imposante de la fratrie. Elle vit avec son temps en proposant trois motorisations : essence, hybride et électrique. Pour l’heure, c’est la version "zéro émission" que j’ai pu emmener sur nos routes d’essai.

Autoroute honnie

Le constat est immédiat dès que l’on quitte les remparts de la cité : la Grande Panda s’essouffle. Avec ses 113 ch et 122 Nm de couple, la mécanique peine à offrir de vigoureuses relances à la petite Italienne. La fiche technique ne ment pas : le 0 à 100 km/h réclame 11 s et la vitesse plafonne à 132 km/h. C’est certes mieux que la Panda originale de 1980, et heureusement ! Cela n’empêche pourtant pas la batterie de 43,8 kWh utiles de fondre à vue d’œil à 120 km/h, voire dès 110 km/h. La consommation grimpe alors au-delà des 22 kWh/100 km. 

Impossible, dans ces conditions, d’envisager sereinement plus de 150 km d’une traite. Lors d’un trajet vers Liège pour un match de hockey sur glace, il a fallu miser sur une recharge au parking du complexe pour garantir le retour. Manqué : l’espace était envahi par de grosses berlines et des SUV imposants. Il faudra se résigner à une nuit plus courte avec un arrêt recharge impératif sur l’autoroute…

Une fois branchée sur une borne rapide, la Fiat fait de son mieux avec une puissance de pointe annoncée à 100 kW via la prise Combo CCS arrière. Sur le papier, le ratio entre la vitesse de charge et la capacité de la pile est honnête. Mais dans la réalité, on plafonne souvent bien plus bas, autour de 60 kW. La patience reste donc de mise. 

Pour la recharge lente, Fiat a eu une illumination : un câble en spirale directement intégré dans la calandre. C’est une idée tout bonnement géniale. Le revers de la médaille, c’est que ce système bride la charge à 7 kW. Il existe bien une option pour un chargeur embarqué de 11 kW, mais cela oblige à utiliser un câble classique qui encombrera le coffre. Pire, sur certains marchés, choisir les 11 kW transforme le génial câble rétractable en option payante (vous suivez toujours ?).

Ouille !

C’est en milieu urbain que la Grande Panda retrouve des couleurs. L’appétit en électrons diminue et l’autonomie flirte davantage avec les 320 km du cycle WLTP. D’après mes estimations et l’ordinateur de bord avare en données, comptez plutôt sur 300 km en ville l’été et environ 240 km l’hiver. Autant dire que par températures négatives, le train sera une meilleure option. De retour dans la capitale, à Bruxelles, la citadine se montre docile. Cependant, dans une ville où le 30 km/h est roi, le régulateur de vitesse déclare forfait. Il refuse tout service sous la barre des 40 km/h. Une logique qui m’échappe.

À bord, le mobilier épuré de la Fiat Grande Panda flatte plutôt la rétine. Néanmoins, les plastiques noirs laqués risquent de mal vieillir face aux rayures du quotidien. Le liseré jaune, clin d’œil à la piste du Lingotto sur le toit de l’usine turinoise, apporte une touche sympa. Attention toutefois aux finitions : en glissant mes doigts derrière le volant, je me suis écorché sur un raccord de plastique mal ébavuré. Un ajustement hasardeux impardonnable. C’est regrettable, car le tissu habillant la planche de bord offre un contact chaleureux. On note aussi la présence d’un matériau bleu original, conçu à partir de briques alimentaires recyclées.

Les ingénieurs ont réussi à caser une seconde boîte à gants, très utile. Elle accueille les objets que l’on souhaite dérober aux regards indiscrets. En revanche, l’absence de couvercle sur les rangements centraux rappelle le statut de l’Italienne. De plus, la connexion du smartphone pour la navigation impose l’usage d’un câble USB-C, qui sert aussi à la recharge. C’est le prix à payer pour maintenir un tarif serré.

Bien qu’elle porte le préfixe "Grande", la Panda demeure une auto compacte. Le coffre engloutit tout de même 361 l de bagages grâce à une belle profondeur sous tablette. Si l’on rabat la banquette, le volume s’envole pour atteindre 1315 l, un record dans la catégorie. Seul bémol, le seuil de chargement élevé et la marche importante compliqueront la manipulation des objets lourds.

Juste milieu

Sur la balance, ce millésime affiche 1525 kg. Une masse contenue pour un véhicule électrique. Si cela implique quelques sacrifices sur le confort, la dotation sécuritaire reste complète. L’essentiel est présent, y compris un bouton magique permettant, par un appui long, de faire taire l’alerte de survitesse. La navigation, elle, dépendra de votre téléphone via le système UConnect. L’ergonomie au volant est classique : régulateur à main gauche, multimédia à main droite.

L’agencement mêle intelligemment commandes tactiles et boutons physiques. C’est simple et ça fonctionne. La sélection de la marche se fait via un commutateur, tandis qu’un bouton gère la régénération. Le choix du mode de conduite passe par l’écran : Eco (qui bride trop l’auto sur voie rapide), Comfort (le meilleur compromis) et Sport (qui vide la batterie pour un gain de dynamisme marginal).

C’est sur le réseau secondaire et en ville que la Fiat Grande Panda révèle son potentiel. Le comportement routier est sain et rassurant. La direction offre une bonne précision et le roulis est maîtrisé malgré la silhouette haute. Le démarrage au feu vert est assez vif pour s’extirper du flot. En revanche, prudence lors des dépassements sur route : mieux vaut parfois patienter derrière un tracteur que de tenter le diable. Avec sa garde au sol généreuse, la Turinoise ne craint pas les chemins creux. Conçue pour des pays aux réseaux routiers parfois plus dégradés que le nôtre, elle offre un châssis conciliant, efficace sur asphalte et tolérant sur la terre.

Le juste prix

L’argument massue de cette Fiat Grande Panda électrique demeure sa tarification. Elle permet d’accéder à l’électromobilité sans se ruiner complètement. Fiat a eu la sagesse de limiter la complexité des options. Début 2026, pour le marché belge, la finition Red demande désormais 24.150 €, tandis que la version Prima grimpe à 27.150 €. Si l’on ajoute le chargeur 11 kW et le kit câble indispensable, notre modèle d’essai avoisine les 24.600 €. La personnalisation par la couleur fera franchir la barre symbolique des 25.000 €.

Chez nos voisins luxembourgeois, la fiscalité plus douce place la version Red à 23.250 € hors options. En France, les tarifs ont légèrement évolué pour s’établir à 25.100 € en concession, bien que l’achat en ligne permette de redescendre vers 23.600 €. Pour la Suisse, la Grande Panda Elettrica Red s’affiche à 25.150 CHF, avec l’avantage d’avoir la charge 11 kW incluse de série. 

Aux Pays-Bas, il faudra compter 26.150 € pour ce même modèle. Enfin, outre-Manche, nos amis britanniques devront signer un chèque d’au moins 21.500 £ pour s’offrir la belle Italienne.

Verdict

La Fiat Grande Panda réussit son pari de modernisation sans trahir l’esprit pratique et jovial qui a fait le succès de sa lignée. Elle se pose en compagne urbaine idéale, dotée d’une bouille craquante et d’un confort de suspension capable d’absorber les pires nids-de-poule. Son câble de recharge intégré à la calandre est une véritable trouvaille qui facilite la vie quotidienne, prouvant que l’innovation ne réside pas toujours dans la complexité technologique, mais parfois dans le simple bon sens.

Cependant, le tableau n’est pas exempt de griefs. Son autonomie limitée et sa consommation excessive sur autoroute la cantonnent strictement à un usage local ou périurbain. De plus, quelques économies de bouts de chandelle sur la finition intérieure et une politique d’options de recharge un peu confuse viennent ternir l’expérience. Elle reste une proposition attachante et financièrement placée, à condition de l’utiliser pour ce qu’elle est : une vraie citadine, et non une routière.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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