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Hyundai Inster à l’essai - le p’tit cube EV qui décloisonne la ville

  • 12 janv. 2026 14:00

Quand on s’installe au volant d’une petite voiture électrique, on stresse souvent en pensant à l’autonomie. Aussi conviviale soit-elle, l’électrocitadine semble rarement capable de sortir des villes pour la campagne. La Hyundai Inster permet pourtant d’étendre son horizon… 

Après avoir conduit cette Hyundai Inster, je reviens sur mes préjugés concernant les citadines électriques. Ce véhicule de 3,82 m de long et 1,61 m de large, affiché à moins de 30.000 € selon la version, est capable de rouler presque deux heures sur l’autoroute en été avant de chercher une borne. C’est d’ailleurs le rythme conseillé par la sécurité routière. Elle affiche donc un rayon d’action concret pour s’évader le temps d’un week-end. Sur ce terrain, elle se mesure directement à la Renault 5 de grande autonomie, mais avec une silhouette de mini SUV cubique et un tarif un peu plus doux. 

Un habitacle malin

Cette petite Coréenne assume son gabarit réduit où les quatre occupants partagent une certaine proximité. Il faut saluer l’ingéniosité des concepteurs pour gagner chaque millimètre, même si certains rangements restent étroits. La connectique USB et le port pour smartphone se trouvent du côté du passager, et une prise 230 V est nichée sous la console centrale. On trouve un emplacement pour la recharge par induction dans la partie basse. Le porte-gobelet, lui, prolonge le siège du conducteur. Pour charger le matériel de la maison, la banquette se compose de deux sièges coulissants et indépendants qui se rabattent à 50/50. Le siège passager avant peut aussi se coucher pour les objets encombrants. Finalement, le coffre de 280 l, un peu encombré par les câbles, s’adapte à la situation du moment.  

Alors que l’auto se reposait le long du trottoir en attendant la nuit, je reçois un message de deux voisines ukrainiennes en détresse à Bruxelles : leur train est annulé (étonnant, non ?). Photo de leurs bagages à l’appui, elles demandent un sauvetage à la gare. Évidemment, en basculant une partie de la banquette, je pensais les loger sans peine avec leur chariot. Manque de chance, il y avait deux chariots. En jouant un peu à Tetris avec les dossiers, nous avons réussi à emboîter les deux poussettes dans l’habitacle de cette Coréenne surprenante. Le trajet s’est transformé en service de taxi improvisé, passé à s’excuser pour les aléas de notre réseau ferroviaire. Comme quoi, la flexibilité d’une voiture, même électrique, reste un vrai secours.  

Palettes au volant

Sur la route, l’Inster s’appuie sur un moteur de 84 kW (115 ch) avec la batterie de 49 kWh (46 kWh utiles). Ce n’est pas un foudre de guerre, mais, comme l’engin pèse moins de 1,5 tonne, les relances ne sont pas paresseuses, avec un 0 à 100 km/h en 10,6 s. En ville, elle se faufile partout. Sa petite taille et sa vivacité facilitent la mobilité et le stationnement. L’accès à bord est simple grâce aux quatre portes. Les palettes au volant permettent de gérer le freinage régénératif avec une belle précision, ce qui permet de conduire presque sans toucher au frein et d’économiser la batterie. C’est fluide et bien pensé, même si sur les grands axes, on préférera laisser filer l’auto avec un peu plus d’inertie.  

En usage mixte, on dépasse les 300 km sans forcer (l’homologation WLTP annonce 355 km). Le mode Eco est d’ailleurs assez frustrant, mieux vaut rester en Standard. Le mode Sport offre un peu plus de répondant, mais le bouton "Drive Mode" ne sert vraiment qu’en hiver pour la fonction "Snow". Sur l’autoroute à 120 km/h, la consommation grimpe logiquement. Si, en ville, on descend sous les 14 kWh/100 km, on frôle les 18 kWh/100 km sur le bitume rapide par temps chaud avec la climatisation. Cela donne une autonomie autoroutière de 230 km, qui descendra probablement vers les 200 km en plein hiver. On peut donc envisager de rallier la mer ou la forêt à 175 km de distance sans trop de stress, pourvu qu’il y ait une prise à l’arrivée.  

Presque au maximum

Côté recharge, la Hyundai Inster culmine à 85 kW. On pourrait craindre que ce soit lent, mais, dans les faits, les bornes rapides ont souvent délivré plus de 75 kW durant mon essai estival. C’est correct, même si la puissance chute après 80 %. En une demi-heure, on récupère de quoi faire 175 km d’autoroute. Les 20 % restants demandent par contre 45 minutes de plus. Pendant ce temps, le siège conducteur s’incline en couchette pour profiter du toit ouvrant. Pour les pique-niques, le système V2L permet de brancher un percolateur ou un ordinateur directement sur la prise de charge à l’avant. Pratique pour travailler ou prendre un café au milieu des champs.  

L’Inster se comporte sainement en virage, malgré une direction un peu muette. Le poids des batteries stabilise l’ensemble et limite le roulis. À l’intérieur, les écrans sont clairs et n’ont rien à envier aux segments supérieurs. L’ergonomie est soignée : la clim, les sièges chauffants et les aides au stationnement gardent de vrais boutons physiques. On n’a quasiment pas besoin de toucher l’écran de 10,25 pouces, sauf pour la navigation. Notez qu’il faut toujours un câble pour projeter son smartphone. L’ambiance reste chaleureuse, notamment grâce à un éclairage LED personnalisable. Quant à la pompe à chaleur, elle est disponible sur les finitions supérieures.

La taille de l’épargne

En Belgique, la Hyundai Inster Standard Range (42 kWh, 97 ch) débute aux alentours de 24.850 €. Pour la version Long Range de 49 kWh (115 ch), comptez environ 27.600 €. Le modèle haut de gamme « Edge » toutes options, que j’ai testé, grimpe désormais jusqu’à 33.300 € (Belgique, février 2026). Au Grand-Duché de Luxembourg, la version « Core » de 42 kWh s'affiche à 23.690 €, et la variante 49 kWh débute vers 26.400 €. Toutefois, grâce au maintien du Klimabonus de 6.000 €, les résidents luxembourgeois peuvent l'acquérir à un prix défiant toute concurrence dès 17.690 €.

En France, après les derniers ajustements des aides gouvernementales, le ticket d'entrée se situe vers 25.350 €, tandis qu'une version richement dotée avec les packs sécurité et hiver revient à environ 32.900 €. En Suisse, l’entrée de gamme s’affiche à 24.500 CHF et atteint 35.500 CHF pour la finition luxueuse Vertex. Aux Pays-Bas, les tarifs sont fixés à 24.495 € et 27.495 € selon la batterie choisie. Enfin, au Royaume-Uni, il faut prévoir environ 23.250 £ pour le modèle de base et 25.060 £ pour la version à grande autonomie de 49 kWh.

Le verdict

La Hyundai Inster est une bonne surprise pour qui cherche une voiture capable de (presque) tout faire sans pour autant conduire un salon roulant de deux tonnes. Elle prouve que le format citadin n’est pas incompatible avec une certaine polyvalence, grâce à une gestion électrique sérieuse et un aménagement intérieur qui privilégie l’astuce au luxe superflu. Ce n’est pas une routière au long cours, mais c’est une compagne de route honnête, capable de dépanner des amies à la gare ou de s’offrir une balade loin des bornes de quartier sans sueurs froides. 

Cette petite Hyundai apporte une touche de pragmatisme avec ses boutons physiques, ses sièges qui coulissent et sa bouille cubique. Bref, elle peut être un premier pas vers la voiture électrique quand on n’est pas un gros rouleur, mais qu’on veut s’autoriser quelques escapades.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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