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Kia EV4 Long Range à l’essai - Séduire l’Europe en 5 portes

  • 10 janv. 2026 12:00

Pensée spécifiquement pour répondre aux attentes des marchés européens, la Kia EV4 Hatchback s’offre une silhouette à cinq portes réservée au Vieux Continent. Ce nouveau maillon de la famille électrique coréenne investit ainsi un segment crucial. Reste à savoir si ses prestations routières sont à la hauteur de ses ambitions. Ce nouveau numéro EV a-t-il été convaincant ?

La gamme électrique de Kia continue de s’étoffer avec l’arrivée de cette EV4. Logée entre la petite EV3 et la future EV5, elle respecte la hiérarchie numérique du constructeur. Malgré un style qui étire sa silhouette, ses 4,43 m confirment son appartenance au segment des compactes. Cette version "hatchback" à hayon, un profil très apprécié en Europe, est d’ailleurs produite en Slovaquie, contrairement à sa sœur Fastback destinée au marché mondial. Pour ce test, nous avons pris les clés de la Kia EV4 équipée de la batterie Long Range affichant une capacité utile de 78 kWh.

Esprit de famille

L’équipe du design a relevé le défi d’imposer une signature visuelle forte à l’ensemble de la famille EV. Pourtant, chaque modèle conserve sa propre personnalité grâce au travail spécifique sur les optiques LED et les lignes de carrosserie. On distingue ainsi sans peine la petite EV4 de ses sœurs. À bord, l’environnement reste familier avec la double dalle de 12,3 pouces encadrant un écran de 5,5 pouces dédié au confort thermique. Malheureusement, comme sur l’EV9, la jante du volant masque une partie des réglages de climatisation au conducteur. Il faut souvent se pencher ou solliciter son passager pour vérifier la température, un défaut d’ergonomie que Kia devrait rapidement corriger.

Il est désormais temps de s’élancer avec cette Kia EV4 et son moteur de 204 ch (150 kW) dont le couple de 283 Nm anime le train avant. Avec sa pile de 78 kWh, elle promet en théorie une autonomie WLTP de 625 km. Pourtant, au moment du départ, l’ordinateur de bord n’affiche que 514 km avec une charge complète. La moyenne de 15,2 kWh/100 km laissée par mes prédécesseurs au volant semble optimiste. Dès les premiers kilomètres sur l’autoroute, ce chiffre commence déjà à monter. Je garde le suspense sur le bilan final, mais je note déjà que la progression de l’EV4 s’effectue dans une quiétude absolue.

Panel de commandes physiques

Une fois installé au poste de conduite, l’ergonomie s’avère particulièrement soignée. On apprécie la présence d’une barre de raccourcis sous l’écran principal pour naviguer rapidement dans les menus. Juste en dessous se trouvent la molette du volume et les commandes de température, même si elles sont difficiles à lire comme mentionné plus haut. Étonnamment, la gestion des sièges et du volant chauffants s’opère via des boutons situés sur les contre-portes.

Des palettes au volant permettent toujours d’ajuster la force de récupération d’énergie au freinage. En maintenant la palette droite enfoncée durant deux secondes, la voiture active un mode automatique intelligent qui adapte le ralentissement selon le trafic et le relief. À l’usage, ce système se révèle plutôt convaincant et fluide. Néanmoins, pour conserver un ressenti constant, j’ai préféré rester en mode manuel sur le premier niveau de régénération.

La désactivation des aides à la conduite intrusives se fait simplement via la touche personnalisable sur le volant. Toutefois, la surveillance de l’attention reste vigilante et vous rappellera à l’ordre si vos yeux quittent la route trop longtemps. En l’absence d’affichage tête haute de série, le regard dévie souvent vers les écrans. Heureusement, l’alerte commence par un témoin visuel discret avant de devenir sonore. C’est une approche sécuritaire omniprésente, typique des productions asiatiques actuelles.

En douceur

La marque a mis l’accent sur le bien-être à bord, et l’EV4 ne déçoit pas sur ce point. Dans un habitacle raffiné habillé de cuir végan, la berline se montre prévenante pour ses occupants. Lors des recharges, les sièges peuvent basculer dans une position relaxante pour profiter des applications de streaming sur l’écran, comme Disney+ ou YouTube. Le système d’infodivertissement intègre bien entendu la connexion sans fil pour smartphone. Sur la route, l’amortissement est calibré pour offrir une grande souplesse en gommant efficacement les défauts du bitume. Cette Kia n’a aucune prétention sportive ; elle s’apprécie davantage avec une conduite coulée pour éviter de trop ressentir le roulis en virage.

Côté aspects pratiques, la Kia EV4 déçoit un peu par son volume de chargement. L’absence de coffre à l’avant oblige à stocker les câbles sous le plancher arrière. C’est peu commode lorsque le coffre de 435 litres est déjà rempli pour un départ en vacances. La capacité peut toutefois grimper à 1415 l une fois la banquette rabattue. En inspectant les places arrière, on note la présence d’une prise 230 V au sol. De plus, la fonction V2L permet d’alimenter des appareils électriques externes via le port de charge.

En route

Pour les manœuvres délicates, il est possible de déplacer la voiture depuis l’extérieur grâce à la clé. Il suffit de verrouiller deux fois le véhicule, puis d’utiliser le bouton de maintien pour la faire avancer ou reculer. Une fois au volant, la sélection du rapport se fait sur le commodo à droite. La direction, très légère par défaut, devient plus ferme en mode Sport, même si le ressenti semble toujours un peu artificiel. Ceci dit, plusieurs modes de conduite sont disponibles, dont une configuration "MyDrive" pour personnaliser les réglages à sa guise.

Pendant cet essai réalisé entre 5 °C et 16 °C, le rayon d’action est resté rassurant. Nous avons relevé une consommation moyenne globale de 18 kWh/100 km, montant à 20,4 kWh/100 km sur autoroute par temps froid. Dans ces conditions, on peut tabler sur environ 300 km d’autonomie autoroutière sans aucune inquiétude. La pompe à chaleur, livrée dès le second niveau de finition, limite l’impact de la climatisation sur la batterie. L’autonomie réelle mixte tourne ainsi autour des 500 km, ce qui est très cohérent avec la capacité de la pile.

Sur une borne rapide, l’architecture 400 V limite la puissance de crête à 135 kW. Durant notre test, nous avons pu atteindre 129 kW sur une borne de forte puissance. Passer de 10 à 80 % de charge demande environ 30 minutes, ce qui reste dans la bonne moyenne du segment. Pour optimiser les performances en hiver, un système de préconditionnement manuel de la batterie est accessible depuis l’écran.

Prix

Pour cette année 2026, l’entrée de gamme de la Kia EV4 équipée de la batterie de 58,3 kWh s’affiche à 39.500 € en Belgique. Pour accéder à la version Long Range comme celle testée, le ticket d’entrée est de 44.600 €, tandis que notre finition Business Plus richement dotée grimpe à 50.100 €. Avec les options comme la peinture ivoire, les jantes de 19 pouces et le pack technologique, notre exemplaire frôle même les 54.800 €.

Au Grand-Duché de Luxembourg, la version Long Range débute à 43.200 €, tandis qu’une configuration équivalente à notre essai se négocie autour de 53.100 €. En France, la gamme commence à 38.900 € pour la petite batterie, alors que la finition Earth avec la grande pile et les options indispensables atteint environ 49.900 €. En Suisse, les tarifs démarrent à 37.100 CHF, mais une version bien équipée comme la nôtre dépasse les 55.000 CHF. Aux Pays-Bas, le prix de départ se situe autour de 40.200 €, alors qu’au Royaume-Uni, il faut compter environ 34.500 £ pour le modèle de base.

Verdict

Derrière son allure audacieuse, la Kia EV4 se révèle être une compagne de route polyvalente et très sereine. Bien que sa technologie de bord en 400 V limite ses vitesses de recharge par rapport à une EV6, elle compense par une efficience réelle et un confort de suspension remarquable qui invite au voyage. C’est une voiture équilibrée qui met en avant le savoir-faire acquis par le constructeur dans le domaine de l’électrique ces dernières années.

Toutefois, pour profiter pleinement de son habitacle chaleureux et de ses technologies embarquées, la facture dépasse rapidement les 50.000 €. À ce tarif, on bénéficie d’une finition soignée et d’une ergonomie globalement bien pensée, malgré quelques petits défauts de jeunesse. Elle s'impose comme un choix rationnel et original pour les familles prêtes à franchir le pas de la mobilité électrique avec une berline au format contenu.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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