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Kia EV9 AWD GT-Line à l’essai – Géante coréenne électrisante

  • 31 janv. 2026 20:00

La Kia EV9 AWD GT-Line se présente comme la synthèse idéale pour les familles nombreuses en quête d’un salon roulant capable d’affronter toutes les saisons, malgré son architecture 100 % électrique. Ce palace de caractère et de belle prestance ne passe pas inaperçu. Nous avons testé cette version à transmission intégrale de l’EV9 pour voir si cette grande Coréenne est aussi à l’aise sur nos routes européennes que dans les grands espaces.   

Affichant des cotes généreuses de 5,01 m sur 1,98 m, la Kia EV9 impose d’emblée son gabarit dans le paysage urbain. Une fois installé aux commandes, on découvre un habitacle où le soin du détail s’allie à un volume intérieur exceptionnel. Mention spéciale pour les sièges de cette version à 6 places avec 3 rangées de sièges en faux cuir végan tout confort, surtout pour les deux premiers rangs.

Ces assises se muent en véritables transats avec repose-mollets, parfaits pour transformer l’attente aux bornes en moment de détente. La promesse d’un voyage au long cours pourra être tenue sans l’ombre d’un stress. Car Kia n’est pas un bleu en matière d’autonomie et de recharge. L’EV9 le démontre avec brio grâce à une véritable flexibilité sur la route. Explications…

Pas sobre

Sous son allure de vaisseau, la bête cache une batterie de 99,8 kWh dont l’architecture 800 V autorise des ravitaillements éclairs. Les câbles peuvent trouver place dans le frunk sous le capot. Ce qui facilite la tâche duant les vacances ou au retour du supermarché équipé de bornes. 

Durant notre essai, la puissance de charge a flirté avec les 175 kW, garantissant des arrêts en station d’une durée tout à fait digeste. Car, à cause de ses 2,64 tonnes, ce SUV a souvent besoin de bonnes doses d’ions. À l’usage, l’appétit de cette Coréenne est resté calé sur une moyenne de 25,1 kWh/100 km.

Sur les rubans autoroutiers, on peut tabler sur 300 km d’autonomie en plein hiver et environ 360 km par temps clément. Cette endurance permet d’envisager des étapes de deux heures avant de devoir chercher une prise. En adoptant la prudence de Sioux sur les routes moins rapides, l’autonomie peut dépasser les 500 km (505 km en cycle mixte selon la norme WLTP). 

Un peu compliqué

En configuration famille nombreuse, le volume de chargement reste généreux avec 333 litres. Le bât blesse cependant lorsqu’il s’agit de soustraire vos effets personnels à la vue des passants avec les six sièges en place. La manœuvre pour installer le couvre-bagages s’avère inutilement complexe, exigeant de manipuler des caches latéraux et de piocher sous le plancher. Pour cela, il faut rabattre – électriquement – la 3e rangée avant de récupérer le couvre-bagages sous le plancher du coffre, mais après avoir retiré les caches sur les côtés.

Une fois ce puzzle résolu, la toile de protection peut enfin être déployée, même si un espace non caché subsiste encore derrière la deuxième rangée. En rabattant ceux-là, la charge utile du vaisseau peut alors atteindre 2393 l. Cette impossibilité d’occulter totalement la soute à bagages en configuration 6 places demeure le principal point noir de la modularité. 

Pour le reste, il faudra prendre le temps d’apprivoiser les boutons pour régler les sièges, les plier, les chauffer ou les ventiler : il y en a toute une panoplie. Si la modularité demande un temps d’adaptation, l’aisance à bord est indiscutable grâce à un empattement de 3100 mm. 

Kia a eu le bon goût de conserver des commandes physiques sous l’écran principal de 12,3 pouces, même si le petit afficheur dédié à la climatisation reste masqué à mon regard par la jante du volant. Ce pavé de 5,3 pouces semble vouloir jouer à cache-cache. Pour le reste, les fonctionnalités technologiques, comme l’alerte de vitesse ISA, demandent parfois quelques manipulations. Certes, il est possible de couper cette alerte en laissant le doigt 5 secondes sur bouton Mute du volant [à condition de le savoir – maintenant vous savez, merci qui ?]. 

Parce que, le réflexe est d’utiliser le bouton Étoile personnalisable. On peut le programmer pour accéder au menu général d’aides à la conduite, mais pas pour couper la parole à ISA. En effet, cette étoile impose d’encore tapoter sur l’écran principal pour désactiver ce bazar. Non pas que je veuille dépasser les limitations de vitesse, mais tout simplement parce que ce système reste encore perfectible avec trop de fausses alertes. Peu importe la marque.

Vivacité

Ne vous y trompez pas : la puissance cumulée de 387 ch (283 kW) des deux moteurs de 192 ch / 141 kW (un à l’avant, un à l’arrière) transforme ce colosse en sprinteur capable de franchir les 100 km/h en seulement 5,3 s. D’autant que son couple développe 700 Nm (GT-Line). 

Sur route publique, on se contentera surtout de savourer ses relances franches pour s’insérer dans le trafic, tout en jonglant avec les palettes de régénération. Le mode Eco étouffe la générosité de la motorisation. En configuration Sport, la Kia EV9 change de tempérament, offrant un toucher de route plus ferme et des réactions bien plus vives.

Poussé dans ses retranchements sur chaussée humide, le véhicule peut surprendre par sa vivacité et son inertie, demandant une main ferme pour garder le cap. L’électronique veille au grain, mais les lois de la physique rappellent qu’on mène une machine de plus de 2,5 tonnes. Notez qu’en bas du volant, il y a le bouton pour les modes de conduite, mais aussi celui pour gérer la transmission intégrale en cas de terrain difficile. Malgré sa garde au sol de 17,7 cm, elle n’ambitionne toutefois pas de détrôner les vrais franchisseurs.  

La facture

En 2026, l’accès au luxe coréen demande un investissement certain. En Belgique, la gamme débute à 64.500 € pour la petite batterie, tandis que notre modèle d’essai AWD GT-Line s’affiche désormais à 88.900 €. Au Grand-Duché de Luxembourg, le tarif de notre exemplaire se fixe à 76.500 € une fois les aides gouvernementales déduites. 

En France, il faut compter environ 89.000 € pour une configuration équivalente à celle de notre essai. Nos voisins suisses devront signer une quittance de 92.500 CHF pour cette version haut de gamme toutes options. 

Aux Pays-Bas, le prix est porté à 84.000 €, alors qu’au Royaume-Uni, l’étiquette affiche 79.500 £.  

Verdict

Impériale, la Kia EV9 AWD s’impose comme une voyageuse au long cours, capable de transporter toute la tribu dans un confort que peu de concurrentes peuvent offrir à ce niveau de prix. Sa technologie de bord et son architecture 800 V compensent un appétit d’ions assez prononcé, faisant d’elle une alliée fidèle pour les départs en vacances. C’est une voiture imposante qui privilégie pourtant la sérénité et le bien-être.

Certes, son encombrement et quelques détails d’ergonomie pourraient agacer en milieu urbain dense, mais ses prestations routières et sa finition soignée font rapidement oublier ces griefs. Elle incarne une vision moderne du haut de gamme électrique, un peu moins ostentatoire que certains blasons historiques. À condition d’avoir le garage assez grand et le portefeuille en conséquence, la Kia EV9 reste l’une des propositions électriques les plus cohérentes du moment.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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