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Lancia Ypsilon Ibrida à l’essai - Le chic italien polyvalent

  • 01 janv. 2026 01:30

Alors que Lancia entame son grand retour sur la scène européenne, la nouvelle Ypsilon ne se contente plus de sa robe 100 % électrique. Pour convaincre ceux qui ne sont pas encore prêts à franchir le pas de la borne de recharge, la marque turinoise dégaine sa version "Ibrida". Sous son allure de haute couture italienne, cette déclinaison cache une motorisation hybride légère pensée pour la polyvalence, sans sacrifier ce caractère latin qui fait tout son sel.

Pour commencer, disons les choses franchement : la Lancia Ypsilon Ibrida n’est pas une hybride au sens Prius du terme. C’est une microhybride MHEV avec une petite batterie de 0,432 kWh et un moteur électrique 48 V donnant quelques coups de pouce. Cette petite citadine turinoise, née sous l’ère Stellantis, partage ses dessous techniques avec la Peugeot 208. L’Italienne a toutefois des traits de personnalité au niveau du design extérieur et de l’agencement intérieur. Franchement, l’Ypsilon joue la carte de l’originalité et de l’individualité. Les passionnés reconnaîtront d’ailleurs dans le dessin des feux arrière une référence évidente à la légendaire Stratos. On fait vibrer la corde sensible comme on peut.

Sous le capot, on retrouve une mécanique familière : un 1.2 l turbo essence Puretech de 100 ch (74 kW) associé à un petit bloc électrique de 21 kW pour une puissance totale de 110 ch (81 kW). La transmission aux roues avant est gérée par une boîte robotisée à double embrayage e-DCT à 6 rapports. Un détail technique majeur mérite d’être souligné : nous sommes en présence de la version optimisée du bloc Puretech. Il n’y a plus la tristement friable courroie trempant dans l’huile, mais une chaîne de distribution à la place.

En route

Maintenant que la présentation technique est faite, il est temps de prendre le volant de l’Ypsilon Ibrida. C’est au bouton au pied de la console centrale qu’elle démarre. Le bloc thermique se réveille alors avec une certaine discrétion. Dès le démarrage, on remarque que, malgré les 46 ch de différence de puissance avec la variante électrique, l’Ypsilon Ibrida n’est pas beaucoup plus paresseuse. Pourtant, elle perd 1 seconde au 0 à 100 km/h (9,3 s au lieu de 8,2 s). Cependant, l’agrément d’une motorisation essence offre un ressenti bien distinct. La citadine ne manque pas de le rappeler. D’autant qu’elle a un sacré avantage sur sa sœur électrique : elle pèse 300 kg de moins.

Sa légèreté est une parfaite collègue à sa grâce esthétique. L’Ypsilon Ibrida est moins timorée dans les courbes. On regrette simplement une direction qui manque parfois d’un peu de consistance en configuration Standard. D’ailleurs, cette trop grande souplesse bride un peu les ardeurs quand on prend le contrôle manuel de la transmission via les palettes derrière le volant, après avoir appuyé sur le bouton M. Il vaut mieux d’abord opter pour le mode de conduite Sport. Et là, l’Italienne montre de quel bois son bon châssis se chauffe. La caisse se tient bien avec une suspension ferme à l’arrière. Il y a plus de ressort à l’avant, mais avec retenue et élégance.

Palazzo affascinante*

En parlant d’élégance, la Lancia Ypsilon est clairement la plus stylée du trio de citadines de segment B de Stellantis. Ainsi, sous la rampe de commandes de la climatisation, on trouve une petite table ronde. Ce plateau circulaire intègre intelligemment une zone de recharge par induction pour votre téléphone. Les coloris de notre modèle d’essai jouaient aussi sur le bling-bling doré. Le système S.A.L.A. est censé harmoniser l’ambiance avec les préférences du conducteur, la musique et la clim’ après avoir dit « Hey Sala ». C’est plus joli dans les tunnels et de nuit qu’en journée où l’on ne voit pas trop la différence entre les différentes ambiances lumineuses. Par contre, pour profiter de la musique, vous pouvez compter sur une bonne insonorisation de l’ensemble.

Bel effort de présentation avec les sièges en velours recyclé texturé. C’est une touche de raffinement bienvenue pour confirmer le positionnement haut de gamme revendiqué par Lancia. Car on n’est pas dans une Mini ou une Audi. Ceci dit, on n’est pas non plus dans une Peugeot, une Fiat ou une Opel. C’est chic, certes, mais cela ne cache pas certains plastiques à bord. En outre, en été, cette sellerie moelleuse garde un peu trop la chaleur. Gare à vos fesses après un parking sous le soleil !

*Palais charmant

Espace réduit

Plus prosaïquement, l’Ypsilon a deux écrans de 10,25". Celui pour l’infodivertissement, compatible Apple Car Play et Android Auto et celui derrière le volant pour les infos de conduite. L’affichage dédié à l’instrumentation gagnerait toutefois à offrir davantage de possibilités de personnalisation. À l’arrière, les jambes des passagers installés sur une assise un peu dure – mais en velours recyclé – se rappelleront en permanence que nous comme dans une "petite" berline de 4,08 m de long et 1,44 m de haut. La ligne de toit et les petites fenêtres n’arrangeant pas le sentiment d’enfermement. Pourtant, cette voiture a un coffre plutôt généreux pour sa taille : 352 l sous le couvre-bagages avec une extension à 1163 l en rabattant la banquette.

Retour sur la route

Avant de reprendre le volant, un questionnement (général) s’impose. Pourquoi proposer un démarrage clé en poche et, de série, imposer l’utilisation de la télécommande pour (dé)verrouiller le véhicule ? Il faut quand même prendre la clé en main… En milieu urbain, le système de micro-hybridation devient un partenaire de choix. Les vibrations du moteur disparaissent régulièrement pour laisser l’électricité faire le travail quelques instants. Après, la transition est parfois âpre quand le bloc se remet en route. La transmission manque parfois de douceur lors des passages de rapports ressentis par de légers à-coups.

Pas trop gourmande

En lâchant le pied droit de l’accélérateur, l’inertie de la régénération permet de ralentir sans devoir à chaque fois appuyer sur le frein. Tout cela permet de progresser en agglomération sans trop de gourmandise pétrolière. De plus, son format compact l’aide à se faufiler avec aisance dans le trafic urbain. Et à l’heure du créneau, il n’est pas trop dur de trouver espace à ses roues. Même si, autre mauvaise habitude de Stellantis, la caméra panoramique oublie parfois d’afficher une partie du panorama ! Sur autoroute, la Lancia ne manque pas de détermination. Les reprises sont correctes pour une voiture de 110 ch max. D’ailleurs, sur ce point, elle peut rouler bien plus vite que la version électrique. Et, surtout, bien plus longtemps. La consommation réelle moyenne de cette Ypsilon a été de 5,5 l/100 km. Les trajets autoroutiers ont confirmé qu’un moteur thermique moderne sait rester très sobre à vitesse stabilisée. L’autonomie réelle entre deux pistolets de pompe à essence dépasse ainsi les 700 km. En étant économe, il est possible de dépasser les 800 km.

Les tarifs 2026

Voici un aperçu des prix catalogues pour la Lancia Ypsilon Ibrida (motorisation hybride 1.2 de 100 ch avec boîte e-DCT) sur nos différents marchés. Notez que ces tarifs officiels ne tiennent pas encore compte des remises « agressives » que Stellantis a commencé à déployer en ce début d’année 2026 pour soutenir le retour de la marque. En Belgique, l’Ypsilon Ibrida s’affiche à partir de 22.700 €, tandis que la version LX (finition luxueuse) grimpe à 25.700 €. Les Luxembourgeois profitent d’un ticket d’entrée légèrement plus attractif à 21.950 € pour le modèle de base, s'élevant à 24.850 € pour la LX.

En France, le tarif a été ajusté à 24.500 € au minimum, montant qui passe à 27.800 € pour le haut de gamme. La Suisse propose désormais la citadine dès 24.900 CHF, avec une version LX culminant à 28.300 CHF. Aux Pays-Bas, la fiscalité locale (notamment la BPM sur le CO2) continue de peser lourdement : l’entrée de gamme y débute à 31.500 € et il faut débourser 35.200 € pour la finition LX.

Enfin, pour le Royaume-Uni, où la marque effectue son grand retour en conduite à droite, les tarifs débutent autour de 21.200 £ pour la version standard et atteignent environ 24.900 £ pour la finition LX bien équipée.

Verdict

Cette Lancia Ypsilon Ibrida est une proposition rafraîchissante dans un segment B souvent trop uniforme. Si elle partage ses gènes avec ses cousines françaises et allemandes, elle parvient à s’en distinguer par un toucher de route plus léger et un design qui ne laisse personne indifférent. Son moteur hybride de 110 ch, avec distribution par chaîne, offre un excellent compromis entre brio et sobriété, particulièrement pour ceux qui enchaînent les kilomètres sans vouloir dépendre des bornes électriques.

Cependant, le tableau n’est pas sans quelques ombres : l’habitabilité arrière reste comptée et certains détails ergonomiques, comme le verrouillage manuel à la clé, agacent au quotidien. Mais on lui pardonne volontiers ces lacunes tant l’ambiance intérieure "salon italien" et le confort des sièges en velours apportent un cachet unique. En résumé, c’est une citadine adaptée à ceux qui cherchent à s’offrir un morceau d’histoire automobile italienne revisité sans renoncer à la modernité d’une conduite hybride.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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