De plus en plus de voyageurs confient leurs vacances à l’intelligence artificielle, séduits par sa rapidité et par la promesse d’itinéraires personnalisés en quelques secondes. Mais derrière cette efficacité apparente, les risques sont bien réels : fausses adresses, erreurs administratives, recommandations fantômes ou itinéraires dangereux peuvent transformer un séjour en vraie galère.
Le premier problème de ces assistants virtuels porte un nom bien connu : l’hallucination. Quand l’IA ne sait pas répondre, elle peut inventer une information avec aplomb, sans signaler son incertitude, ce qui est particulièrement trompeur dans le domaine du voyage. Une étude citée par l’article, menée par l’agence britannique SEO Travel, a montré que cent itinéraires générés par ChatGPT comportaient presque tous au moins une erreur, et qu’un quart d’entre eux recommandaient des restaurants ou attractions définitivement fermés.
Des erreurs qui coûtent cher
Les déconvenues ne se limitent pas à une mauvaise adresse ou à une balade inutile. Dans certains cas, l’erreur touche aux formalités de voyage, avec des conséquences financières immédiates. L’article cite notamment le cas de Mery Caldass, qui dit avoir cru l’IA lorsqu’elle lui a indiqué qu’aucun visa n’était nécessaire pour Porto Rico, alors qu’une autorisation électronique de voyage était obligatoire.
Quand le voyage tourne au blocage
Les conséquences peuvent aller jusqu’à empêcher un départ. Un voyageur raconte par exemple avoir été bloquée à l’aéroport après avoir suivi les indications de l’IA concernant un visa aux îles Fidji, ce qui lui aurait fait perdre 700 euros. Ce type de mésaventure montre qu’un conseil donné avec assurance n’est pas forcément un conseil fiable, surtout lorsqu’il s’agit de démarches officielles ou de règles d’entrée sur un territoire.
La randonnée, terrain à risque
Le risque devient encore plus sérieux en pleine nature. Dans le parc national des Cévennes, des agents voient de plus en plus de randonneurs arriver avec des itinéraires générés par l’IA, parfois irréalistes, avec des distances trop longues, des dénivelés sous-estimés et des zones de bivouac interdites. Le parc a même rappelé qu’une intelligence artificielle ne “marche” pas sur les sentiers et qu’elle ne peut pas remplacer l’adaptation à la météo, au niveau physique ou aux contraintes du terrain.
Un outil utile, pas un arbitre
Au final, l’IA peut être utile pour trouver de l’inspiration, dégrossir un projet de voyage ou comparer des idées, mais elle ne devrait jamais avoir le dernier mot. Pour réserver, vérifier un visa, évaluer un itinéraire ou comprendre les règles locales, la vérification humaine et les sources officielles restent indispensables. Le bon usage de l’IA en voyage, c’est celui d’un assistant, pas d’un guide absolu.
