Plus puissante, la citadine haute de Renault s’offre un nouveau cœur hybride de 156 ch pour affronter l’année 2026 avec sérénité. Et sobriété ? Vérifions cela entre pluie et soleil sur les routes belges.

L’heure de la maturité a sonné pour la Renault Captur. Après avoir reçu un sérieux coup de pinceau l'année dernière, la petite baroudeuse française profite désormais d’une évolution mécanique d’importance sous son capot. Finie la version de 145 ch que l’on connaissait jusqu’à la mi-2025 : place à une motorisation hybride plus généreuse, dotée d’un moteur essence revu à la hausse pour tenter d’offrir un meilleur agrément de conduite. C’est au cœur des lumières changeantes de fin d’automne que nous avons pris le volant de cette version remise au goût du jour.

L’année 2024 a marqué un tournant pour la Renault Captur avec un nouveau visage et l’intégration de l’interface OpenR Link signée Google. Cette mise à jour s’accompagne de matériaux bien plus qualitatifs au toucher, surtout au sein de cette finition esprit Alpine qui nous accompagne aujourd’hui. Surtout, Renault a gardé un des atouts pour un SUV à vocation familiale : la banquette coulissante, sur 16 cm. Et ça ! J’adhère !

Plus de chevaux
Ce qui nous intéresse particulièrement pour 2026, c’est le nouveau bloc hybride "auto-rechargeable". Jusqu’à l’été dernier, cette déclinaison se limitait à une cavalerie de 145 ch issue d’un 1,6 l atmosphérique de 94 ch. Depuis, le SUV urbain développe 156 ch. Le moteur thermique est désormais un 1.8 l à quatre cylindres développant 109 ch. La partie électrique, avec ses deux moteurs de 49 ch et 20 ch, offre 205 Nm. Elle s’appuie sur une batterie de 1,4 kWh (au lieu de 1,2 kWh). Tout cela reste associé à une boîte robotisée – révisée – à crabots.

Ce type de transmission, c’est un système emprunté à la compétition et à la moto, dépourvu de bagues de synchronisation. On y gagne en simplicité mécanique et en efficience énergétique. Le désavantage : des changements de rapports plus brutaux. Mais avant de trancher, il faut mettre cette Captur à l’épreuve du bitume.

Chut, on démarre
Une simple pression sur le bouton de démarrage et un coup de sélecteur suffisent à s’élancer… en silence. Hybride oblige, le réveil du 1.8 l ne se produit qu’une fois la voiture lancée. Et il le fait en tambourinant un peu avec un tempo omniprésent, mais pas trop désagréable. L’évolution logicielle de la boîte robotisée permet des passages de rapports nettement plus fluides. Avec ses cinq vitesses, le nouvel étagement favorise l’agrément à allure tranquille et apaise l’ambiance sonore sur autoroute.

À l’inverse, une forte sollicitation du pied droit engendre quelques envolées lyriques et des secousses. La transmission peut alors se montrer un brin indécise. Mais bon, qui fait encore ça de nos jours (à part moi par conscience professionnelle, s’entend) ? On ne rencontrera cette situation qu’en cas de dépassement énergique sur le réseau secondaire. Le reste du temps, la collaboration entre les énergies se fait presque oublier. Elle essaie aussi d’effacer les rétrogradages trop lents.

Bonne pile
Tout l’attrait de cette technologie réside dans l’exploitation judicieuse de l’électron, surtout quand il ne coûte rien. Ici, point de prise, la récupération d’énergie s’effectue uniquement au lever de pied et lors des freinages. L’alternodémarreur tient son rôle pour la roue libre alors que le moteur électrique de 36 kW est un bon allié au démarrage et en relance. Cette assistance permet de délester régulièrement le bloc thermique.

La réponse est clairement positive, tant la Captur honore son blason hybride. Même si la capacité de l’accumulateur lithium-ion est limitée en pur électrique, le système travaille d’arrache-pied. Dès lors, la consommation est très flatteuse. Sur un périple varié de 200 km incluant des portions rapides, nous avons relevé 5,0 l/100 km. En zone rurale et urbaine, ce chiffre est même descendu à 4,3 l/100 km. Le MultiSense permet de choisir différents modes de conduite en fonction de ses préférences, dont un mode Eco.

Fermeté sereine
Un essai complet se doit aussi d’aborder le comportement dynamique de la bête. J’ai noté une certaine raideur des suspensions, accentuée par les grandes roues de 19 pouces. Ce sont sans doute les passagers arrière qui sentent le plus les petits coups quand le filtrage atteint ses limites sur certaines imperfections. Pour le conducteur, ce typage se traduit par une fermeté bienvenue.

L’équilibre en courbe est sain et autorise même quelques velléités sportives. La précision de la direction s’accorde bien avec un système de freinage très réactif. Certains devront apprendre à doser le pied pour éviter de mordre le volant. La visibilité périphérique en manœuvre profite d’un petit fenestron judicieux au pied du montant avant.

Un raccourci placé à gauche de la colonne de direction permet d’accéder directement à ses préférences de sécurité. C’est l’outil idéal pour faire taire les alertes de survitesse parfois trop zélées. C’est aussi là que se trouve le bouton pour préserver la batterie et ne rouler qu’avec l’essence.

Renault a eu le bon goût de conserver des boutons physiques pour les fonctions vitales. L’agencement est intuitif, jusqu’au fameux satellite de commande audio qui tombe sous la main droite. Sur l’écran central, des raccourcis permettent de basculer facilement entre la projection du smartphone Android Auto ou Apple CarPlay et les différents menus du véhicule, dont celui de la radio. Une fluidité que l’on ne retrouve pas forcément chez toute la concurrence.

Un bémol subsiste toutefois concernant la gestion du volume sonore avec Android Auto, un bug persistant lors de notre essai, que l’on retrouve dans d’autres modèles Renault et Dacia. Le système refuse parfois de régler autre chose que le guidage vocal au lieu de la musique. Il faut alors passer par l’écran vertical de 10 pouces pour diminuer ou augmenter le son de la radio…

Du coffre
On se sent bien dans l’habitacle, même si l’espace au second rang peut sembler juste pour des adultes. La banquette coulissante sert surtout à jongler entre les passagers et les bagages. Le coffre a une capacité de 348 l avec la banquette reculée. On peut toutefois l’étendre à 480 l en l’avançant ou même 1458 l en la rabattant. Mention spéciale pour la présence d’une roue de secours galette optionnelle sous le plancher. Avec une Captur essence, sans batterie ni moteur électrique, le coffre est plus généreux encore : 484 l, 616 l et 1596 l.

Les prix
Pour s'offrir la Renault Captur en 2026, les tarifs varient sensiblement selon les marchés. En Belgique, la gamme démarre à 22.300 € pour la version de base, alors que l’E-Tech Full Hybrid de 156 ch débute à 29.200 € en finition Techno. Pour l’exclusive finition esprit Alpine, le tarif catalogue grimpe à 32.650 €. Au Grand-Duché de Luxembourg, l’entrée de gamme s’affiche également dès 22.300 €, tandis que la variante hybride en Techno s’échange contre 25.650 € et l’esprit Alpine contre 32.200 €.

En France, il faut compter environ 25.500 € pour débuter, mais la version esprit Alpine hybride atteint 35.750 €. Les Suisses devront débourser au moins 27.600 CHF, le prix passant à 32.100 CHF pour la Techno hybride et 33.900 CHF pour l’esprit Alpine. Aux Pays-Bas, c’est plus cher : l’entrée de gamme Evolution TCe 115 est à 31.809 €, la Techno hybride à 35.730 € et l’esprit Alpine hybride à 38.190 €. Enfin, au Royaume-Uni, la Captur débute à 22.495 £, la version Techno hybride se situant à 26.995 £ et l’esprit Alpine aux alentours de 29.000 £.

Verdict
À l’issue de cet essai, la Renault Captur s’affirme comme un produit abouti. En abandonnant l’hybride rechargeable au profit de cette nouvelle solution Full Hybrid de 156 ch, elle gagne en polyvalence et en simplicité d’usage. Son efficacité énergétique est réelle, particulièrement en milieu urbain où elle évolue avec une aisance remarquable. Si l’on accepte les quelques grondements de son moteur 1.8 l lors des fortes accélérations, on profite d’une voiture homogène.

L'habitacle, bien que compté pour des adultes à l'arrière, demeure un modèle de praticité grâce à sa banquette coulissante. Le système OpenR Link avec Google intégré reste l’un des plus performants et intuitifs du marché actuel. À condition de corriger le bug de contrôle du volume de guidage et de l’audio. En somme, la Renault Captur ne cherche pas à en faire trop en s’adressant aux petites familles en quête de rationalisme.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

Olivier Duquesne
