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Smart #5 Brabus à l'essai - Charge plus vite que son ombre

  • 04 févr. 2026 06:00

Smart s’éloigne définitivement de ses racines lilliputiennes avec la nouvelle #5. Ce grand SUV de 4695 mm n’est plus là pour se faufiler dans les trous de souris, mais pour dévorer l’asphalte sur de longues distances. J’ai pris le volant de la déclinaison Brabus, un monstre de puissance qui cache sous sa robe imposante une incroyable architecture électrique de pointe.

Dans l’interface numérique, chaque modèle Smart est désormais associé à un animal spécifique. Si la #1 joue au renard et la #3 au guépard, la #5 revendique la noblesse du lion. Pour honorer ce blason, la version Brabus cache une batterie NMC de 100 kWh (94 kWh utiles) envoyant 646 ch et 710 Nm aux quatre roues grâce à ses deux moteurs. Un cocktail qui, sur le papier, promet de belles performances routières et en autonomie. Vérifions cela…

Grande taille

En m'installant à bord, j’ai tout de suite été frappé par l’immense dalle numérique qui s’étire devant le passager. Ce double écran de 13 pouces permet à mon voisin de droite de s'occuper avec YouTube ou Amazon Prime, éventuellement avec un casque sans fil. Bien que l’affichage ne soit pas masqué pour moi, une caméra surveille mon regard et me rappelle à l'ordre si je quitte la route des yeux. C’est une sécurité bienvenue, même si elle se montre parfois zélée.

La réactivité du système, portée par une puce AMD V2000, est exemplaire au quotidien. Côté ambiance sonore, l’ensemble Sennheiser à 21 haut-parleurs propose une immersion impressionnante, sublimée par un élément central qui se déploie physiquement au démarrage. Boris va adorer pour ses soirées disco. Derrière le volant, l’affichage tête haute est si complet qu'il rend l’écran d’instrumentation de 10,25 pouces presque facultatif.

Alcantara

Pour démarrer, aucune pression sur un bouton n’est nécessaire : un appui sur le frein suffit à réveiller la mécanique. J’apprécie le contact du volant en Alcantara et la finition générale, digne de l'héritage Mercedes avec ces réglages de sièges placés sur les portières. Petit détail, les portières n’ont pas de poignée. Il faut sortir en appuyant sur un bouton. Par contre, devoir passer par l'écran central pour ajuster les rétroviseurs ou allumer les antibrouillards est une ergonomie agaçante et vraiment stupide.

Malgré ses 2500 kg sur la balance, la grosse Smart fait preuve d’une souplesse étonnante en mode Comfort. La suspension, bien que calibrée pour la performance, absorbe les irrégularités sans trop de tressautements. J’ai trouvé la direction électrique plutôt communicative, facilitant la gestion de cette masse imposante en ville comme sur route. Dès lors, il est possible d'exploiter au mieux l'artillerie lourde de cette variante Brabus.

En basculant sur le mode Brabus, la poussée devient brutale avec un 0 à 100 km/h expédié en 3,8 s pour la Smart #5. La voiture reste stable sur ses appuis, même si son gabarit de SUV finit par limiter l’agilité dans les enchaînements serrés. Quant aux faux bruits de moteur diffusés dans l’habitacle, je les ai trouvés distrayants trois minutes… avant de les couper définitivement.

Avenante

Cette Smart #5 a clairement été pensée pour choyer ses occupants sur de longs trajets. À l’arrière, l’espace aux jambes est généreux et les assises sont chauffantes, tandis que les passagers avant profitent également de sièges ventilés. Ceci dit, la voiture ne manque pas de petites attentions, comme le double chargeur à induction, les prises USB-C et celle à 12 V. La signature lumineuse personnalisable et l’ambiance nocturne transforment l’habitacle en un véritable cocon technologique.

Pratique, le coffre avant de 47 l permet de loger les câbles sans salir le reste des bagages. Le coffre principal affiche un volume de 630 l, une valeur honnête pour un véhicule de ce gabarit, grimpant à 1530 l une fois la banquette rabattue. Ses dimensions généreuses en font une sérieuse prétendante au titre de familiale polyvalente.

J’ai trouvé les aides à la conduite plutôt discrètes, pour peu qu’on prenne le temps de les paramétrer à l’arrêt. Le regret principal vient de l’absence de raccourci physique pour désactiver l’alerte de survitesse, une manipulation imposée à chaque démarrage. Il faudra aussi apprivoiser le régulateur de vitesse entre le cruise control adaptatif et la conduite semi-pilotée. C’est une question de doigté sur le volant et de couleur projetée par l’affichage sur le pare-brise.

Véloce

Le véritable tour de force de cette Smart réside dans son architecture 800 V, synonyme de recharges éclairs. J’ai pu tester ses capacités sur une borne rapide : le passage de 18 % à 100 % a été bouclé en moins de 25 minutes. C’est une performance rare qui permet d’envisager les traversées européennes avec une sérénité nouvelle. Dans le détail, la courbe de charge a été impressionnante, atteignant un pic de 345 kW avant de se stabiliser à des valeurs élevées. Après 12 minutes, j'étais déjà à 76 % avec une moyenne de 285 kW. Une autre charge, avec la batterie à 53 % au moment de borner, a confirmé la célérité de la #5 à cet exercice tant redouté en temps normal. De quoi convaincre les inconditionnels du thermique de changer de crèmerie ? 

En usage réel, j’ai noté une consommation d’environ 25 kWh/100 km sur autoroute, limitant l’autonomie à environ 350 km à température clémente (300 km en hiver). En ville et sur le réseau secondaire, il est tout à fait possible de descendre sous la barre des 17 kWh/100 km si l’on a le pied léger. D'ailleurs, pour estimer votre autonomie derrière le volant, il faut se méfier de la #5. Il faut aller dans les menus de réglage sur l'écran central pour demander le calcul dynamique par défaut pour avoir une évaluation plus conforme à la réalité du terrain et du conducteur… Sinon, elle se contentera de l’autonomie théorique idéalisée. 

Tout compris

Pour cette année 2026, Smart conserve sa politique d'équipement complet. En Belgique, la gamme commence avec la #5 Pro à 47.500 €, mais pour accéder à la cavalerie Brabus que j'ai essayée, le tarif grimpe à 62.800 €. Les résidents du Grand-Duché de Luxembourg bénéficient d'un prix plus attractif de 55.500 € grâce à une TVA plus clémente. En France, il faut compter environ 62.700 € pour cette version musclée. En Suisse, la facture s'élève à 60.500 CHF pour la finition Brabus, alors qu'aux Pays-Bas, elle se négocie à 64.500 €. Enfin, au Royaume-Uni, cette variante est proposée aux alentours de £54.900.

Verdict

La Smart #5 Brabus m’a impressionné par sa capacité à concilier des performances de sportive avec un confort de roulement digne d'une grande routière. Son habitacle technologique, bien que parfois complexe dans son ergonomie, offre une expérience premium où le silence et la qualité des matériaux priment. C’est une voyageuse accomplie qui sait recevoir ses passagers avec égards, tout en offrant une polyvalence familiale réelle grâce à son habitabilité généreuse.

C’est pourtant sur le plan électrique qu’elle marque les esprits : son architecture 800 V transforme l’exercice de la recharge en une simple formalité d’une vingtaine de minutes. Si sa consommation sur autoroute reste élevée, la rapidité de ses pleins d’électrons compense largement ce caprice. Elle s’impose comme une solution crédible et attachante pour ceux qui souhaitent passer à l’électrique sans sacrifier la puissance ni la sérénité lors des longs trajets.

(Texte et photos : © Olivier Duquesne)

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